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« Islamo-braqueurs » : Le Figaro, à un Minute près

On apprenait aujourd’hui qu’un « coup de filet antiterroriste » avait permis lundi l’arrestation de trois hommes en région parisienne, suivi aujourd’hui de celui de six « islamistes radicaux ».

Adrénaline dans la rédaction du Figaro. Après des semaines d’actualité, pendant lesquelles le quotidien de droite a été contraint de couvrir des faits pas très catholiques imputés à des militants anti-mariage homosexuel, on pouvait enfin revenir aux fondamentaux. On imagine, après le déchirement, le soulagement.

Le rédac chef allait pouvoir mettre un baume sur le petit coeur du journaliste patriote Yvan Rioufol, que le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) traîne, avec Marc-Olivier Fogiel [1], devant les tribunaux. Imaginez donc !

Un si brave homme mené au commissariat par des musulmans, lui qui plusieurs fois par semaine met en garde contre ces Sarrasins qui font rien qu’à tester la République. Lui le donneur d’alerte qui vous aura bien prévenu.

Lui qui a tant martelé, bien plus que 732 fois mon Charles, le danger que représentent les hordes de musulmans qui n’attendent qu’une chose – outre le 5 du mois et les allocations familiales : islamiser la terre entière, jusqu’au bureau de Rioufol, propriété du Qatar [2].

Alors aujourd’hui au Figaro, on a fait une fleur à Rioufol et on a trempé le clavier dans le caniveau pour obtenir le titre suivant : « Antiterrorisme : un gang d’islamo-braqueurs en garde à vue ». A la lecture de l’article, on devine que le combo « islamo-braqueur » relève du jargon policier. Malgré tout, le Figaro choisit de l’utiliser sans les précautions d’usage, en l’espèce des guillemets. Du lourd, gros !

islamo braqueur Le Figaro

Du lourd jusqu’au malaise. On imagine bien la colère de certains journalistes du Figaro, qui ne partagent en rien cette ligne éditoriale aussi infame que disqualifiante pour toute une profession. On attend du premier quotidien de droite, aussi islamopathe qu’il soit, de la tenue, de la probité, de la dignité. Titrer « islamo-braqueurs, ce n’est plus du journalisme, c’est de la racaillerie. Oser une telle infamie, c’est revendiquer un puissant sentiment d’impunité, c’est reconnaître une zone de droit où le devoir d’informer, le droit de savoir sont congédiés pour laisser place à la calomnie et la xénophobie.

Et puis vient la lucidité. Dans l’après-midi, le titre a été modifié : les « islamo-braqueurs » ont disparu. Il n’est plus questions que d’arrestations et d’islamistes.

islamo braqueur Le Figaro

L’URL de l’article demeure inchangée : on y trouve toujours la calomnie : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/06/25/01016-20130625ARTFIG00325-antiterrorisme-un-gang-d-islamo-braqueurs-en-garde-a-vue.php [3].

Sur Twitter, ce dérapage a fait jaser. Sauf chez les journalistes, friands de ce réseau social et si prompts à commenter l’actualité. Ni chez les politiques. On n’a rien dit : au fond, se dit-on, ce n’est pas si faux.

Précisons que, avant le Figaro, le JDD avait usé de la formule dans un article publié en janvier 2011.

islamo-braqueurs JDD