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France : la finance islamique au ministère de l’Economie et des Finances

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Capture d’écran du site du ministère de l’Économie

Finance islamique [1]. Et si en France le pragmatisme prenait enfin le dessus sur les postures idéologiques qui nuisent à l’économie du pays ?

Mi-juin, Oumar Seye, président de l’association AIDMM [2], une association versée depuis 2005 dans la finance dressait l’état de lieux de la finance islamique en France.

La finance islamique a fait l’objet de nombreuses avancées entre 2008 et 2010. Il y a eu à cette époque une véritable volonté politique pour promouvoir et faire de la France un hub (plateforme) de la finance islamique en Europe. En 2008, Paris Europlace annonçait des mesures concrètes en faveur de la finance islamique. En 2009 [3] et 2010 [4], des instructions fiscales sont publiées, permettant la mise en œuvre de produits tels que la murabaha, les sukuks [5], l’ijara [6], etc.
Depuis 2010, les principaux faits marquants sont liés à l’ouverture du premier compte bancaire shariah-compatibles [7] et du lancement d’un produit de financement immobilier sous forme de murabaha par le groupe 570 et Chaabi Bank [8]. C’est une étape majeure dans l’évolution de la finance islamique en France.
Enfin d’autres projets ont suivi en 2013 comme le sukuk Al Farooj [9]. Nous sommes dans une véritable dynamique qui laisse présager d’un avenir plus généreux en solutions shariah-compatibles.

Hormis les initiatives privées, la finance islamique est au ralenti. Même l’arrivée prometteuse des comptes Harmonis de la Chaabi Bank en 2011 n’a pas réussi à la dynamiser. Deux ans après ces premiers comptes sharia-compatibles, la banque marocaine n’a pas réussi à capitaliser l’enthousiasme qu’avait suscité la révolution qu’elle a pourtant initiée ; ce qui stratégiquement est risqué : les banques françaises ne savent pas comment leur clientèle pourrait réagir à l’arrivée de produits conformes à la finance islamique.

Elles ont bien conscience en outre que Marine Le Pen, notamment, ne manquera pas de sauter sur l’occasion pour provoquer une énième polémique. Pourtant, il suffirait qu’un Jacques-Edouard Charret – ex-patron du groupe Quick – décide de se lancer sur ce créneau porteur et de garder le cap par-delà les récupérations politiques attendues pour capter un marché qui ne demande qu’à se développer. La banque Chaabi pourrait alors payer lourdement son inertie.

Le 29 mai dernier, le centre de documentation économies-finances du ministère de l’Économie et des Finances mettait à jour un article consacré à la finance islamique.

France : la finance islamique au ministère de l'Economie et des Finances

La charia est citée sans être diabolisée et les principes généraux qui régissent la finance islamique sobrement présentés. L’article est par ailleurs augmenté de plusieurs liens qui permettent d’aller plus loin. Doit-on voir là un regain d’intérêt de la place de Paris qui dépassera les aigreurs françaises pour éviter que Londres, décomplexée et conquérante, ne soit comme elle le souhaite le hub européen de la finance islamique ?

Pour consulter la page en question, cliquez sur le lien suivant : Qu’est-ce que la finance islamique ? [10]