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Dérapages de policiers sur Facebook : une fonctionnaire mise en cause s’explique

facebook police info

Les événements survenus à Trappes ont ému toute la France. Évidemment les habitants de la ville, mais aussi les policiers, qui après un contrôle de police qui s’est déroulé dans des conditions controversés, ont dû affronter une bande de casseurs, déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre.

Saluer et défendre la police

Aucun agent de police ne choisit de faire ce métier difficile pour servir de gibiers à quelques dizaines de délinquants aux motivations claires : se faire du flic. La colère de l’ensemble de la profession est légitime, elle est même nécessaire.

C’est une évidence. Les bonnes gens soutiennent l’ensemble des fonctionnaires de police, sans qui la société serait à feu et à sang, et dénoncent les agissements des émeutiers. Il peut paraître candide d’affirmer cela. Pour autant, il nous paraît important de le clamer encore et encore, car la police doit savoir qu’elle n’est pas rejetée en soi.

Neutraliser les mauvaises gens

En revanche, de même que le comportement des émeutiers est condamnable, aussi légitime que puisse être leur colère, de même les égarements de quelques policiers qui, ivres d’eux-mêmes, outrepassent non seulement les règles élémentaires de la bienséance, mais le code de déontologie de leur profession.

On peut évidemment faire comme les syndicats de policiers Alliance et Synergie-officiers ou le ministre de l’Intérieur et considérer qu’un policier a toujours raison, même quand il a tort. On peut aussi décréter qu’un policier qui malmène des citoyens parce qu’ils sont d’origine étrangère et/ou de confession musulmane ne peut être inquiété. Mais on peut aussi penser que tels agissements font un mal fou à la société, qu’ils creusent plus encore le fossé qu’il y a entre la police et la population et qu’in fine tout le monde est perdant.

Nous choisissons d’être du côté de la justice contre les émeutiers, contre les policiers coupables de violences et d’outrages à l’égard des citoyens et contre la démagogie qui a choisi de vouer aux gémonies des millions de personnes pour des raisons bassement politiciennes.

Lire – Trappes : quand des policiers dérapent sur Facebook [1]

C’est pourquoi lorsque hier N. G., fonctionnaire de police, dont nous avons publié lundi les propos mis en ligne sur le forum Forum Police, a décidé de s’expliquer en intervenant sur Al-Kanz.org, le geste nous a paru salutaire.

Lire – Dérapages de policiers sur Facebook : la page supprimée [2]

Voici ses explications telles qu’elle les a publiées :

Bonjour,
Tout d’abord, je ne souhaite pas vous provoquer loin de là. Je suis vraiment désolée si mes propos ont été mal interprétés et d’ailleurs sachez que j’ai rapidement enlevé mon commentaire, voyant les messages déraper sur le forum. J’ai compris apparemment trop tard que certaines personnes pouvaient en faire une interprétation à leur profit. Sachez qu’à aucun moment je n’ai incité à la haine ou à la violence, ni voulu le faire.

Çà fait plusieurs années que je fais ce métier, parfois même dans des secteurs dits difficiles et je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit, bien au contraire, je suis même plutôt appréciée par les personnes que je croise. Et je ne suis en rien raciste. D’ailleurs si vous lisez mon commentaire à aucun moment je n’ai parlé de religions, d’ethnies ou de coutumes…
En ce qui concerne le “faites gaffe aux caméras” je parlais tout simplement du fait que les médias par leur façon de filmer, et les séquences choisies (que ce soit coté police comme du coté des « civils ») font parfois passer la réalité sous un autre jour ; une réalité et des faits, qui peuvent être est également interprétés. Peut être par volonté de faire plus de sensationnel et d’audimat, je ne sais pas, mais malheureusement on en pâti tous.

Et pour le “pas de prisonniers” c’était un appel ironique à la Justice pour qu’elle soit ferme avec les personnes qui commettent des violences sur des policiers et qu’elle fasse incarcérer ceux qui dépassent les limites.

Je veux bien comprendre que des personnes puissent être en colère au point d’ hurler, de crier, mais jusqu’à preuve du contraire aucune violence n’amène à quelque chose de positif.
Enfin j’épingle à mon tour COPWATCH qui s’amuse à me juger sans me connaître et c’est bien dommage. Ils interprètent des propos et actes de certains individus et collègues et amènent à faire une généralité, chose qu’on reproche souvent à la Police.

Je tenais à vous donner l’interprétation de mes propos faits sur le forum et ne voulais vraiment pas qu’ils soient détournée. En attendant je m’excuse auprès des personnes qui ont pu être choquées ou blessées, ce n’était pas du tout mon but. Je souhaitais juste soutenir les collègues qui étaient sur le terrain et qui aiment tout comme moi, l’idée d’aider les gens, et de servir la paix pour que chacun vive comme il l’entend et en harmonie avec les autres.

Je trouve çà dommage que çà prenne des proportions telles et ne pensez pas que j’ai tenu à écrire ce message sous une pression quelconque ou une peur, ce serait une nouvelle fois complètement faux. Il s’agit bien là de vouloir rétablir la vérité.
Après chacun se fera sa propre opinion…

Suite à ce message, certains internautes n’ont pas manqué de faire part de leur scepticisme : N. G. intervient, car elle craindrait les sanctions disciplinaires qui ne manqueront pas de tomber. N. G. a peur, N. G. n’est pas sincère. Entendons ces remarques et posons une question : et alors ?

Même si c’était le cas, nul n’est en droit de juger des intentions de quiconque. N. G. fait publiquement amende honorable. Quoi qu’on en dise, c’est là un geste empreint de courage, mêlé peut-être d’appréhension, de peur, de crainte. Mais encore une fois : et alors ? Nous avons tous intérêt à faire évoluer positivement la situation. Si chaque fois que quelqu’un fait un pas vers l’autre on le soupçonne de duplicité, de mensonge, de manipulation, nous n’avancerons pas.

Favoriser le dialogue, malgré les écueils

La défiance réciproque entre la police et les habitants de certains quartiers est gigantesque. Toute volonté de dialogue doit être encouragée, quitte à ce que les premiers échanges soient vifs et houleux. Il n’est pas raisonnable d’être dans le conflit permanent. On ne peut pas non plus à l’instar de Copwatch, dont l’objectif – en l’occurrence pointer des dérives dans la police — est noble, jeter en pâture des policiers, donc des personnes, donc des pères, donc des mères, bref des gens comme tout le monde.

Terminons en rappelant que nous sommes dans un mois particulier. Ramadan est un mois de miséricorde, de pardon, de bien. C’est aussi une école où l’on apprend à dépasser ses sentiments, sa colère, ses mauvais esprits. Oui, nous musulmans, nous n’acceptons plus d’être calomniés à longueur de journée par toute une caste médiatico-politique si incapable d’aimer la France qu’elle se répand dans la haine d’un bouc émissaire tout trouvé.

Mais nous musulmans croyons fermement que le Prophète (paix et bénédiction sur lui) nous a légué un modèle de conduite inestimable. Certes, nous refuserons de tendre la joue et de laisser notre dignité bafouée, mais nous devons dans la pure tradition prophétique faire preuve de cette miséricorde si bénéfique pour la société tout entière.

N. G. est dans la duplicité ? Tant pis pour elle. Elle est dans la sincérité ? Tant mieux pour tous. Dans tous les cas, avançons ensemble, unis contre les minorités malintentionnées, qu’elles soient en casquette-Nike, en uniforme de police ou en cravate à l’Assemblée.