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Chalghoumite, inflammation républicaine

Chalghoumi - Pujadas Hassen Chalghoumi

Islamophobie [1]. Pharmakon, le mot est à l’origine du mot pharmacie. C’est un mot grec. Pharmakon signifie « remède ». Il est la solution à un mal. Mais « pharmakon » signifie aussi poison.

Du mésusage républicain

Plus intéressant encore, comme le rappelle Wikipedia [2], le « pharmakos (en grec ancien : φαρμακός, celui qu’on immole en expiation des fautes d’un autre) désigne la victime expiatoire dans un rite de purification largement utilisé dans les sociétés primitives et dans la Grèce antique. Le mot a fini par prendre en grec, à l’époque classique, la signification de malfaiteur. Afin de combattre une calamité ou de chasser une force mauvaise potentiellement menaçante, une personne, parfois revêtue de vêtements sacrés, ou un animal était choisi et traîné hors de la cité, où il était parfois mis à mort. Cette victime sacrificielle, innocente en elle-même, était censée, comme le bouc émissaire hébreu, se charger de tous les maux de la cité.  »

Ces quelques lignes semblent taillées sur mesure pour Hassen Chalghoumi, « pantomime républicain », comme l’écrit Claude Askolovitch dans un livre à paraître. Cet homme n’a rien du self made man. Bien au contraire : il est le produit mal fini de velléités tout à la fois politiques, racistes et idéologiques.

De Chalghoumi à Hassen, la victime sacrificielle

Cet « informateur indigène [3] », selon le bon mot du chercheur Pascal Boniface, n’est politiquement et médiatiquement que par procuration. Il ne se dit pas, ne se décide pas, ne s‘affirme pas. On le dit, on le décide, on l‘affirme. Le « on » est hétérogène, mais surtout malintentionné. Le « on » l’utilise pour régler des comptes. Le « on » ne veut pas le bien de Hassen Chalghoumi.

Si ce dernier est paré des plus beaux atours républicains, c’est à la manière de ces victimes sacrificielles, et avant cela victime émissaire que l’on a extirpée des siens pour offrir au peuple une vision en trompe-l’oeil de sa propre communauté, en l’occurrence la communauté musulmane. Frappée du sceau républicain, purifiée du mal qu’elle va désormais combattre, la victime sacrificielle va à son insu subsumer tout le mal qu’incarnerait les musulmans. Et le héraut républicain qui disait urbi et orbi combien le danger musulman – on dira « salafiste », ou « frère musulman » désormais, dans une hypocrisie polie — se révèlera être au fil du temps une déclinaison inattendue du bouc émissaire.

Au-delà de la farce médiatico-politique qui prend de plus en plus l’eau, le drame de Chalghoumi, c’est Hassen, qui finira seul comme une vieille fille qu’on a tant flattée sans jamais l’épouser, rejetée par ses anciens flagorneurs, méprisée par ses semblables, malmenés, qui n’auront rien oublié.

Hier, la journaliste Blandine Grosjean publiait sur Rue89 quelques bonnes feuilles de Nos mals-aimés: Ces musulmans dont la France ne veut pas [4], du sus-cité journaliste Claude Askolovitch. En voici un extrait.

Etrange destin. Chalghoumi exaspère les musulmans, mais est une vedette française. En mars 2013, on l’a présenté en joyau national au vieux Shimon Peres, le président israélien, homme d’Etat vétéran devenant comparse, malgré lui, d’une pantomime française. Chalghoumi est inaudible – sauf dans la France officielle, ses politiques et ses médias, le public innocent.

Ceux qui n’y connaissent rien ou ne veulent rien y connaître. Ou qui croient comprendre. Ils ne l’écoutent pas d’ailleurs – rien à entendre, au fond – mais le montrent et l’exhibent ; ainsi s’agite le pays installé, qui ne sait rien de ce qui arrive. […]

Chalghoumi participe à la paranoïa communautaire. Après la cérémonie drancéenne et quand il vendait son livre aux médias esbaudis, a fleuri un peu partout dans la France musulmane l’idée d’un imam marionnette du pouvoir et des sionistes […]

Pour lire d’autres extraits, rendez-vous sur le site de Rue89 : La légende de l’imam de Drancy, le « mal-aimé » des musulmans [5].

Rappelons à toute fin utile que Hassen Chalghoumi a demandé, voilà quelques semaines, à Israël la fermeture, entre autres, d’Al-Kanz.org. Que ces quelques lignes soient ajoutées à son dossier.

Lire : Chagriné, Chalghoumi quémande à Israël la fermeture d’Oumma.com, Saphirnews.com et Al-Kanz.org [6]