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Mourir le doigt levé

Arabie saoudite. Si tout être humain espère bien vivre, le musulman, plus que d’autres, espère aussi toute sa vie bien mourir. Par “bien mourir”, il ne s’agit pas d’entendre ce sentiment commun et banal qui veut que chacun préfère une mort douce à une mort violente ou douloureuse.

Bien mourir, c’est avoir une belle fin, cette belle fin que le musulman demande toute sa vie, parfois tous les jours, à Dieu dans l’invocation suivante : « Allahumma inni as’aluka husna-l-khatima » (« Ô Allah, je te demande une belle fin »).

Une belle fin, c’est par exemple mourir en disant la shahada, l’attestation de foi, celle qui fait du musulman un musulman, celle que prononce le non-musulman qui devient musulman :

« Ashhadu an la ilaha illa-Llâh wa achhadu anna Muhammadan rassulu-Llâh », soit “J’atteste qu’il n’est d’autre dieu que Dieu et Muhammad est le prophète de Dieu”.

Allah en arabe signifie Dieu, ce n’est pas son nom, comme le pensent parfois des non-arabophones. Les Arabes chrétiens, les Libanais par exemple, disent “Allah” dans leurs prières.

Aujourd’hui, sur Twitter, la photo suivante a été postée. Elle n’est pas macabre ni sordide. Elle est belle. Cet homme est mort. Il est décédé à l’aéroport de Jeddah, en Arabie saoudite, certainement tout juste arrivé dans le Royaume. Il est mort en état d’ihram, état de sacralité du pèlerin. Il est mort l’index droit levé. Le musulman lève l’index droit lorsqu’il prononce la shahada.

Allahumma inni as’aluka husna-l-khatima. Ô Allah, je te demande une belle fin.