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Drame du Rana Plaza : Auchan refuse toujours d’indemniser les victimes

décombres du Rana Plaza
Décombres du Rana Plaza © IGLHR [1]

Le 24 avril dernier, 1 133 employés, dont une majorité de femmes, décèdent dans l’effondrement d’un immeuble à Savar [2], le Rana Plaza, à une trentaine de kilomètres de Dacca, capitale du Bangladesh.

Le drame a permis de mettre en lumière les conditions de travail de toute une classe ouvrière au Bangladesh qui travaille à confectionner les vêtements de grands noms du textile et de la distribution, notamment français : des étiquettes de marques appartement à Carrefour (Tex), à Auchan (InExtenso) ou encore Camaïeu ont été retrouvées dans les décombres.

Très vite, l’émoi international et la pression médiatique “ont poussé plus de 100 marques et distributeurs à signer un accord sur la sécurité au Bangladesh [3] ». La forte mobilisation qui a suivi le drame a permis en outre d’imposer le principe d’un fonds d’indemnisation qui vise à porter assistance aux familles de victimes et aux milliers de blessés, dont certains ne peuvent plus travailler.

Pourtant, six mois après la catastrophe, il manque plus de la moitié du montant total, fixé à un peu plus de 54 millions d’euros. Malgré l’urgence de la situation, certaines entreprises, qui sous-traitent au Bangladesh et travaillaient – indirectement ou non – avec l’un des ateliers situés dans le Rana Plaza, nient toute responsabilité, à l’instar d’Auchan.

« Les mesures prises par Auchan sont très insuffisantes. L’enseigne prétend que parce qu’il s’agissait d’un cas de sous-traitance +sauvage+, sa responsabilité n’est pas engagée. Mais ce phénomène de sous-traitance informelle, très répandu au Bangladesh, est une conséquence directe de la pression sur les coûts et les délais exercée par les entreprises donneuses d’ordre. Il est temps pour Auchan de cesser de trouver des excuses et d’indemniser les victimes ! », estime Vanessa Gautier, de Peuples Solidaires [4] pour le Collectif Ethique sur l’étiquette [5].

Alors que six entreprises ont accepté de participer à la mise en place du fonds d’indemnisation, Auchan est aux abonnés aux absents. D’où l’appel d’urgence lancé par Peuples Solidaires pour le Collectif Ethique sur l’étiquette pour contraindre le numéro 2 français de la grande distribution, dont le chiffre d’affaires en 2012 a atteint les 60 milliards d’euros, d’assumer ses responsabilités. Pour lire l’appel, cliquez sur le lien suivant : Bangladesh Auchan : indemnisations en attente au rayon textile [6].