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Québec : quand Pauline Marois excluait l’interdiction du hijab à l’école

ecole d'avenir

Depuis quelques mois, au Québec l’air est vicié. Particulièrement pour les femmes voilées. Le gouvernement Marois, du nom de son Premier ministre, Pauline Marois, a décidé de s’en prendre aux femmes voilées, sous couvert comme en France de respect de la laïcité. C’est ainsi qu’a été rendue publique, le 10 septembre dernier, la “Charte des valeurs du Québec”, appellation moins polémique que “texte contre les femmes voilées”.

Officiellement, ce “projet de loi a pour objet d’instituer une Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement”. Officiellement seulement, puisque comme en France la polémique qui a traversé le pays, non sans hystérie et démagogie, a visé en réalité principalement, pour ne pas dire exclusivement, les femmes voilées.

Or, Pauline Marois, fer de lance dans ce combat contre les femmes voilées, n’a pas toujours été aussi farouchement opposée au hijab, comme en atteste un rapport particulièrement intéressant, intitulé : “Une école d’avenir politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle” et disponible au téléchargement (voir ci-dessous). Le document date de 1998.

Politique Matiere Integration Scolaire EducInterculturelle _ Une Ecole Avenir

Voici ce que l’on peut lire dans ce rapport.

“La reconnaissance du pluralisme et l’exercice des droits et des libertés sont, en effet, balisés par le législateur, au Québec comme au Canada, d’une part, par la nécessité de concilier les divers droits entre eux et, d’autre part, par la responsabilité reconnue à l’Etat d’en aménager l’exercice au nom du bien commun.

Dans le cas précis du système d’éducation, ce principe général implique, d’abord que les ajustement consentis pour répondre à des besoins culturels ou religieux des familles ne doivent pas remettre en question les droits fondamentaux, entre autres l’égalité, la non-discrimination et la protection, consentis à tous les élèves du Québec par la Charte des droits et libertés de la personne, la Loi sur l’instruction publique et d’autres li. Cette balise doit cependant être interprétée avec nuance pour tenir compte, d’une part, de l’exercice graduel des droits que le législateur a consentis aux mineurs et du droit des parents de choisir le type d’éducation qu’ils désirent pour leurs enfants, droits garantis par diverses charte et pactes internationaux, et, d’autre part, de la nécessité de ne pas confondre une atteinte directe à l’égalité ou à la protection avec une simple pratique jugée inacceptable sur le plan des valeurs par le personnel scolaire mais qui ne contrevient pas aux lois ni aux chartes. C’est ainsi, par exemple, que le simple port du hijab ne peut être interdit dans les écoles québécoises, mais que toute pratique qui viserait à ce que les filles et les garçons n’aient pas accès aux mêmes services éducatifs, ou qui aurait cet effet, doit l’être. »

Quelques années, plus tard, Pauline Marois faisait volte-face et se déclarait, en 2010, hostile au voile islamique [1], qu’elle appela, dans un lapsus dit-elle, “islamiste”.

Pour en savoir plus sur les vélleités islamophobes de P. Marois et de son parti, rendez-vous sur le blog de l’expatrié français et ancien parisien Menilmuche : Charte des valeurs du Québec : une loi bien plus contraignante qu’en France ! [2]

Pour télécharger le rapport, cliquez sur lien suivant : Une école d’avenir politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle [3]