- Al-Kanz – Economie islamique en France et dans le monde - https://www.al-kanz.org -

Dieudonné : déjà en 2004, Abdelhaq, musulman, ne soutenait pas le comique

mosquée du Prophète saws
mosquée du Prophète (paix et bénédiction sur lui) – ©Danyal Saeed [1]

Il y a dix ans nous étions un certain nombre de musulmans à réprouver les outrances de Dieudonné. Si le saltimbanque est brillant, il n’en est pas moins très vulgaire et surtout irrespectueux à l’égard des prophètes. Il rejoint sur ce point les beaufs scatophiles de Charlie Hebdo [2], qui sont aux musulmans ce que Dieudonné est aux juifs.

Lire – « Charlie Hebdo », pas raciste ? Si vous le dites… [3]

Il nous est reproché de ne pas être du côté du patron du Théâtre de la Main d’Or, de ne pas défendre la victime qu’il serait, de ne pas faire preuve de pragmatisme en refusant de hiérarchiser l’outrance.

Lire – La quenelle de Dieudonné, hors-sujet sur Al-Kanz ? [4]

Il faudrait, aux yeux des défenseurs de Dieudonné, rejoindre les troupes des anti-Licra, anti-CRIF, des anti-Israël aux côtés de ce dernier. Ça ne va malheureusement pas être possible, ni dans un sens ni dans l’autre.

Valls, le ministre communautariste sélectif

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui confond sa cité à Evry et la France, a décidé de tuer socialement et professionnellement Dieudonné. M. Valls est allé jusqu’à ordonner, on le devine, au président du CFCM de publier un communiqué de presse pour dénoncer la quenelle du footballeur Nicolas Anelka.

L’acharnement du ministre, motivé bien plus par un communautarisme sélectif que par le souci d’apaiser la société en mettant hors d’état de nuire ceux qu’il appelle les “entrepreneurs de la haine, en dit long sur la chose politique française. Malgré tout, ce règlement de comptes entre Manuel Valls et Dieudonné n’efface en rien les blasphèmes insupportables du comique à l’encontre des prophètes Aïssa (Jésus), Moussa (Moïse), que le salut soit sur eux, et Muhammad, paix et bénédiction sur lui.

La démagogie du pouvoir socialiste est détestable. Elle ne suffit pas à blanchir Dieudonné de son passif inacceptable pour un musulman.

“En tant que musulman”

En 2004, un ami publiait une tribune sur le site Saphirnews dans laquelle il expliquait pourquoi il ne soutenait pas Dieudonné. A l’époque, il n’était question ni de “quenelle” ni de Licra. Nous étions sur la même ligne. Nous défendions la même position, qui n’a pas changé dix ans après. Extrait.

“En tant que croyant, il m’est difficile d’accepter que l’on se moque des hommes de Dieu. En tant que musulman, avec le respect que j’éprouve pour sa personne, son œuvre et sa mémoire, j’ai beaucoup de mal à admettre que l’on se moque délibérément du Prophète de l’islam rien que pour amuser son public. Les thèmes comiques sont nombreux et les comiques le sont tout autant. Pourtant, vous constaterez que tous ne surfent pas sur le thème du sacré. Certains s’y livrent et en tirent de juteux profits. D’autres se le refusent par respect pour les croyants qu’ils pourraient offenser. Et je suis en accord avec ces gens car j’estime que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Par certains aspects, « Pardon Judas » porte atteinte à l’honneur des musulmans. Ce blasphème n’a été souligné ni par le PAF, ni par les musulmans eux-mêmes. Et voilà ces mêmes musulmans voler au secours du gentil Dieudonné parce que certains Juifs n’ont pas toléré son outrage à leur mémoire collective. Sommes-nous amnésiques à ce point ?”

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez sur le lien suivant : Pourquoi je ne soutiens pas Dieudonné [5]

Dieudonné n’a jamais regretté ses propos

On lit ça et là que Dieudonné a évolué, qu’il se dit croyant et respectueux des religions. Hormis un laïus au micro d’un journaliste (?) iranien, dans lequel le comique louvoie, et quelques interventions faussement candides, nous n’avons rien lu ou entendu d’explicite. Dieudonné n’a jamais regretté très explicitement ses propos abominables pour un croyant. Or, en la matière, il n’y a pas prescription. Nous avons posé la question sur Twitter, à quatre reprises, à l’intéressé. Nous attendons toujours une réponse, qui viendra peut-être un jour.

Qui passerait l’éponge si les insultes et les moqueries proférées l’avaient été contre sa propre mère ? Qui dirait “oui, c’est vrai il a insulté ma mère, mais bon il combat le sionisme. Il faut être solidaire. Et puis ce n’est pas le seul à insulter ma mère ?”

Personne évidemment. So