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Quand le parti socialiste défendait la “théorie du genre”… qui n’existerait pourtant pas

le monde et la théorie du genre

La théorie du genre n’existe pas. C’est ce que s’échinent à répéter socialistes et bon nombre de journalistes. Même les fact-checkeurs du Monde, Samuel Laurent et Jonathan Parienté, assurent qu’il ne s’agit là que d’intox et d’escroquerie, intellectuelle.

Lire – Cinq intox sur la « théorie du genre » [1]

Par-delà la réalité

“Rumeur”, l’élément de langage du gouvernement est repris en choeur par l’ensemble des médias, qui tour à tout convoquent spécialistes et autres responsables syndicaux pour expliquer que la “théorie du genre” n’existe pas. Tout cela n’est qu’une attaque contre l’école, menée par un nid d’extrémistes et d’obscurantistes religieux. Faux, rétorquent ceux qui dénoncent cette théorie. Il y a bien dans le programme socialiste des mesures, certes pas encore prises, pour “déconstruire” le sexe et nier sa qualité biologique au profit d’une vision positiviste de la sexualité. Le sexe n’est pas nature, le sexe est culture.

Les quolibets plutôt que les arguments

Ce débat, au demeurant intéressant, aurait pu mener à de riches discussions si ne dominaient pas de part et d’autre mensonges, manipulation et mauvaise foi. Il suffit de creuser un peu pour se rendre compte que tout le monde joue sur les mots. Les deux parties ont à la fois tort et à la fois raison. Mais l’anathème n’exige aucun effort quand la mesure demande retenue et réflexion. Il est plus simple de crier au “lobby pédophile” d’un côté, à “l’intégrisme religieux” de l’autre que prendre le temps du débat. Mais là n’est pas le sujet. Nous reviendrons peut-être dans un autre article sur le positionnement de chaque partie – le sujet en soi, en l’espèce l’enseignement de la théorie du genre comme les journées de retrait de l’enfant, ne nous intéresse pas.

Rétropédalage socialiste

Ce qui nous interpelle en revanche, c’est la posture choisie par le gouvernement socialiste, qui n’assume plus ses choix de société et préfère avancer en catimini, prudemment diront certains. Ce qui se traduit par un rétropédalage assez grossier, puisque celle-là même qui défend et explique depuis des années “la théorie du genre” [2], en l’occurrence Najat Valaud-Belkacem, explique aujourd’hui à qui veut l’entendre que cette théorie n’existe pas.

Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, a quant à lui, à l’Assemblée nationale, conclu sa charge contre “la rumeur” en ces termes :

“Ce que nous faisons, ce n’est pas la théorie du genre, que je refuse, nous voulons promouvoir les valeurs de la République et l’égalité entre les hommes et les femmes.”

La “théorie du genre” n’existe pas, mais Vincent Peillon, qui est loin d’être un idiot, la refuse. Mais ce n’est pas tout. Il faudrait des heures pour recenser toutes les citations de femmes et d’hommes politiques en faveur de cette théorie, qui à les écouter n’existe pas. Retenons tout de même un élément particulier.

Sur le site du parti socialiste, on retrouve un communiqué de presse [3], toujours en ligne à l’heure où nous écrivons cet article, datant d’août 2011. Dans une lettre envoyée à Luc Chatel, alors ministre UMP de l’Education nationale, quatre-vingt députés UMP de la droite populaire s’indignaient de l’enseignement de la théorie du genre à l’école.

Lire la dépêche AFP- Identité sexuelle: des députés UMP demandent le retrait de manuels scolaires [4]

“Le caractère construit” des genres féminin et masculin

Dans ce communiqué, le parti socialiste regrette que ces députés demandent “le retrait des manuels scolaires de première abordant la théorie du genre » et condamnent “la volonté acharnée de masquer le caractère construit, culturel, social du genre féminin et masculin ».

theorie genre parti socialiste

Ce communiqué, bien moins sibyllin que les déclarations de ces derniers jours, s’inscrit dans la droite ligne de la convention nationale “égalité réelle” du samedi 11 décembre 2010, dont on trouve deux rapports, légèrement différents sur le site du parti socialiste :

– Convention Egalité réelle – texte adopté par le Conseil national – mardi 9 novembre 2010 [5]
Convention Egalité réelle – Texte présenté lors de la convention nationale – samedi 11 décembre 2010 [6]

On l’aura compris. Au-delà de la question de l’enseignement d’une théorie dont l’existence est niée par les uns, fustigée par les autres, c’est l’attitude du gouvernement et de ses satellites qui interpelle. Comment peut-on nier de façon aussi grossière une politique que l’on s’est acharné à défendre et que l’on a promis d’appliquer bec et ongles quand la droite était au pouvoir ? La “théorie du genre” – qui encore une fois ne nous intéresse pas — est révélateur de ce pouvoir qui marche sur la tête. Inquiétant pour l’avenir.