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La vie d’une maman e-commerçante

time for kids
Shutterstock [1]

Nous, mamans e-commerçantes, avons les quadriceps musclés ! Pourquoi vous demandez-vous ? Parce que nous sommes loin d’être sédentaires et passons notre temps à nous asseoir, à nous lever, à répondre à un message instantané sur les réseaux sociaux avec les jambes fléchies devant l’ordi… Je vous propose un billet humoristique, vous donnant un aperçu de la vie d’une maman e-commerçante entre 17 et 18h. Êtes vous prêts ?

17h00 : Les enfants ont goûté, c’est la fin de journée. Temps calme espéré dans la salle de jeux avec un livre, un puzzle, ou la maison de poupées. C’est avec un sentiment de quasi-plénitude que je m’assieds sur mon fauteuil de bureau et que je bouge ma souris afin de réanimer mon écran et tableau de bord. J’ai l’impression que je vais pouvoir avancer pour ne pas me coucher trop tard ce soir…

Il ne faudra pas plus longtemps à mes filles pour se chamailler pour une histoire de figurines. Le sentiment de quasi-plénitude disparaît, mais je reste concentrée. Elles sont en sécurité dans la même pièce que moi et sont assez grandes pour se débrouiller. J’ai appris et compris qu’il ne fallait pas intervenir outre mesure dans les différends entre enfants. Selon Brigitte Racine, dans son livre La discipline un jeu d’enfant [2], trois seules raisons justifient l’intervention des parents : la mise en danger de l’enfant, celle d’un tiers (ou d’un objet), et l’impact négatif que cela pourrait avoir dans un futur à long terme (10/15 ans). Après m’être rappelé ceci, avoir analysé la situation et jugé que je pouvais rester assise, je fais mine de ne rien entendre et ouvre ma boîte mail…

17h15 : Ma cadette monte sur la table afin d’attraper une feuille blanche pour dessiner. C’est parti pour la gymnastique ! Je me lève et lui donne une feuille blanche en lui expliquant qu’il est interdit de monter sur les tables (pour la 347e fois… être parent c’est faire un pacte avec l’impérieuse répétition). Même quand on est petite et pratique, on ne peut grimper sur les tables pour se servir dans les étagères de maman… Je lui propose les crayons de couleur, m’assure qu’elles n’ont besoin de rien d’autre, aide l’aînée à former ses boules en pâte à modeler et m’assieds.

17h20 : Je lis mes mails et tente d’y répondre afin de ne pas les cumuler, au risque de me retrouver dépassée. Je sais qu’à cette heure-ci je ne peux entreprendre de tâches nécessitant un effort intellectuel. Et le gentil chahut derrière moi se charge de me le rappeler. La cadette hurle. Après la quasi-plénitude, c’est au tour de la concentration de se faire la belle…

17h25 : Mon aînée a décidé d’utiliser les mêmes crayons de couleur que sa cadette. Cette dernière n’est bien évidemment pas d’accord. Zaza accuse un coup de crayon sur le crâne et se met à hurler au crime. Je me lève et me place près d’elles, tentant d’avoir une posture forte. Je hausse le ton en expliquant que la violence est interdite sous ce toit. Bisou de la cadette sur la tête de Zaza, les choses se calment, je retourne à mon poste.

17h30 : Zaza m’appelle et me demande si elle peut jouer avec le coton qui me sert à changer sa petite soeur. Je réponds par la négative, s’ensuit une série de demandes comme : “Et je peux peindre l’argile qui a séché ?”, “Alors je peux fabriquer des bougies ?”… Lorsque je suis occupée il faut toujours qu’elles aient les envies les plus folles !

17h32 : La cadette décide qu’il est plus rigolo de grimper sur ma chaise en passant sous le bras du fauteuil, grimper sur mon dos pour sauter de l’autre côté. Mise en danger évident, et pour elle et pour mon dos. Je dois me lever une fois de plus et expliquer qu’il est également interdit de monter debout sur les chaises et les fauteuils…

17h34 : Petit cafard de la part de l’aînée qui veut dessiner un joli dessin pour sa cousine vivant au Maroc. Je me tourne vers elle, l’écoute, lui propose d’en faire un joli afin de lui envoyer par La Poste. Je lui fais un gros câlin et le tour est joué.

17h40 : La cadette essaye alors de tirer la barrière d’une main de fer afin d’entrer dans les toilettes. Le tout en criant “popoooooo”. Je vous passe les détails.

17h46 : C’est la course à l’iPad. Même s’il n’est pas question que je leur prête à cet instant t, Zaza va user de tous les stratagèmes pour m’user afin que je craque. “Je ne craque pas. Je ne craque pas, me répète-je”. Après trois tirades et deux gémissements, l’atmosphère s’apaise. Ouf.

17h54 : Je n’ai finalement pas réussi à me concentrer. J’ai répondu à trois mails et je n’ai pas eu le temps de me relire. En pleine réflexion sur la gestion du temps [3], je vois un ballon et une babouche voler à travers la pièce pour atterrir sur les livres de la bibliothèque. Mise en danger des livres et impact sur leur comportement futur si je n’interviens pas, je décide de… me lever et d’arrêter de travailler !

Pour plus de réalisme, j’ai écris cet article entre 16h30 et 18h30. Soit plus de deux heures pour écrire ces quelques lignes ! Un conseil, pour plus de productivité, et surtout pour un meilleur état d’esprit, choisissez vos tranches horaires en fonction de vos enfants (sieste, temps calme, coucher…). Sinon, prévoyez une balle anti-stress et une tisane de tilleul !

Découvrez des astuces pour les mères au foyer [4] sur Musulman productif, à adapter pour les mamans entrepreneuses !