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For Muslim’ A Creation : “J’ai commencé avec 4 euros”

for muslima creation

Qui veut se lancer dans la création d’entreprise réussira peu ou prou. Surtout en France où les conditions sont, contrairement aux préjugés véhiculés, favorables à l’entrepreneuriat. On pourrait certes améliorer encore quelques points, mais globalement il est facile de créer un entreprise. Le plus dur est ailleurs : réussir à la faire vivre et la développer.

Les difficultés ne sont évidemment pas les mêmes selon que l’on veut mettre sur pied une usine ou vendre du textile sur les marchés. Ajoutons à cela le problème lié aux financements quand on est musulman en France : le financement par les banques est impossible, si l’on veut rester islamiquement dans les clous, car riba (usure/intérêt) est absolument proscrit. De fait, de très nombreux entrepreneurs musulmans ne sollicitent jamais leur banque pour contracter un prêt.

Pour autant cet apparent handicap a quelques vertus : il oblige les entrepreneurs à faire preuve d’ingéniosité et de détermination pour palier ce problème tout en permettant l’émergence d’entrepreneurs qui travaillent avec l’argent de l’économie réelle, des entrepreneurs pragmatiques qui savent la valeur des euros qu’ils ont générés. C’est ainsi qu’il existe en France des entreprises dont le chiffre d’affaires est de plusieurs millions d’euros sans le moindre centime de riba, sans le moindre financement bancaire.

Mais revenons au sujet de cet article. Si l’entrepreneuriat musulman vous intéresse, vous devez certainement connaître l’association Akhawate Business, “l’association de l’entrepreneuriat féminin [1] selon l’éthique de l’islam”. Avis aux partenaires de qualité qui savent repérer les forces vives bien avant les autres ;).

Parmi les témoignages des lauréates de cette quinzaine, il faut absolument lire celui de Sema, fondatrice de For Muslim’A Création, qui non seulement force le respect, mais encore devrait in cha’a-Llah donner bien du courage à qui en manque.

Akhawate Business organise pour la seconde année consécutive la Quinzaine des Entrepreneuses Musulmanes [2], un événement qui devrait dans les années à venir devenir incontournables in cha’a-Llah.

“J’ai commencé avec 4 €, c’est symbolique pour moi ces deux pièces de deux. J’avais acheté un tissu au kg avec lequel j’ai confectionné un jilbab que je revendu à faible prix compte tenu de mon expérience. Puis j’ai racheté du tissu et ainsi de suite pendant 4 ans jusqu’à la création de mon entreprise…
Mon mari que j’ai épousé à 17 ans lui avait commencé un apprentissage à 16 ans pour subvenir à nos besoins. Lorsqu’il quittait notre studio à 7h, je commençais à coudre et ce jusqu’à son retour c’est-à-dire 17h. Enfin si on peut appeler ça coudre (rires)… J’utilisais des draps, des vêtements découpés pour leur patron, j’ai fais comme ça pendant 2 ans et demi j’ai tout appris sur le tas et par moi-même car je ne pouvais plus aller aux cours ni m’en payer.

J’ai remporté il y a 5 mois le 18 octobre 2013 le prix de « Lauréate régionale de pays du la Loire Talents des cités 2013 » accompagné d’un chèque, alhamdulillah. Cela a été une grande fierté d’autant plus que je suis passée en direct à la télé dans l’hémicycle du sénat et plusieurs fois dans les journaux. Au départ je ne voulais pas apparaître car je suis modeste et je n’aime pas me montrer, mais je ne voulais pas louper l’opportunité que mes professeurs de lycée et tous ceux qui m’ont enfoncé puisse me voir.”

Lire la suite de l’interview sur le site de l’association Akhawate Business : For Muslim’a Création, un parcours qui force le respect [3].

S’agissant du financement des entreprises, la mesure prise récemment par le gouvernement socialiste va permettre de passer outre les banques. Les porteurs de projet et les entrepreneurs vont enfin pouvoir accéder à de l’argent frais, sans riba.

Lire – Anass Patel : « les valeurs du crowdfunding sont au coeur de l’éthique musulmane » [4]