- Economie islamique - https://www.al-kanz.org -

Non-lieu pour le militaire qui comptait tuer le plus de musulmans possible le jour de l’aïd

manuel valls attentat mosquee
Communiqué de Manuel Valls suite à l’arrestation du militaire

Islamophobie. [1] A la fin du ramadan dernier, un sergent de l’armée de l’air était arrêté par la police.

Tuer beaucoup de musulmans le jour de l’aïd

Le jeune homme de 23 ans projetait de mitrailler les fidèles musulmans d’une mosquée de Vénissieux (69) le jour de l’aïd al-fitr, plus grand jour d’affluence de l’année avec le jour de l’aïd al-adha. Lendemain du mois de jeûne, l’aïd al-fitr est un jour de fête. Le matin, enfants, femmes, hommes de tout âge se rendent à la mosquée pour y célébrer une prière collective. A l’époque, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, dut se résoudre à condamner la tentative d’attentat. Les faits étaient d’une extrême gravité.

Lire – France : l’islamophobie a failli tuer [2]

Arrêté la veille de l’aïd par la DCRCI

L’intervention de la DCRI a permis d’éviter un remake français du massacre d’Oslo.

Le militaire prévoyait de tuer des musulmans le 8 août. Il fut arrêté la veille de la date du massacre. Placé en garde à vue, il fut interrogé pendant quatre jours par des fonctionnaires de la Direction centrale du renseignement intérieur DCRI, le service de renseignements du ministère de l’Intérieur chargé notamment de prévenir les attentats terroristes sur le sol français. La garde à vue a été portée à 96 heures, conformément à la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 (loi Perben II) dans les affaires de risque terroriste.

Vidéo – Projet d’attentat contre une mosquée, le militaire arrêté [3]

A l’issue de ces quatre jours de garde à vue, le sergent a été mis en examen pour « détention de munitions de quatrième catégorie en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradation de lieu de culte en relation avec une entreprise terroriste », puis placé en détention provisoire.

Non-lieu, malgré des aveux et une profanation au cocktail Molotov

Cette mise en examen était inéluctable : face aux enquêteurs, le militaire reconnut qu’il prévoyait de commettre un attentat le jour de l’aïd al-fitr, lendemain de son arrestation, contre les fidèles présents à la mosquée AlForqane de Vénissieux. Il reconnut en outre avoir voulu détruire par le feu la mosquée de Libourne dans la nuit du 20 au 21 août 2012. L’objet incendiaire, un cocktail Molotov, lancé contre la porte de l’édifice causa peu de dégâts grâce à l’intervention rapide des pompiers.

Lire – Islamophobie : cocktail Molotov contre la mosquée de Libourne [4]

Pourtant, malgré les aveux et la récidive du militaire, un non-lieu a été prononcé en sa faveur. Le sergent a reconnu vouloir tuer des musulmans, mais les juges ont estimé que “les balles qui devaient servir à l’attentat étaient des munitions autorisées par la loi”, comme le rapportait voilà quelques jours sur son site le collectif contre l’islamophobie en France [5] (CCIF).

Le militaire s’en tire bien pour cette tentative d’attentat avortée. Il demeure néanmoins en détention en vue du procès prévu dans deux mois suite au jet de cocktail Molotov contre la mosquée de Libourne, précise le CCIF.

Notons que début mars Romain L., alias Abou Siyad al-Normandy, a été condamné à un an de prison fermepour avoir publié une revue de propagande d’al-Qaïda sur le net [6] ». De là à penser qu’être musulman est une circonstance aggravante ou qu’être non musulman adoucit les décisions de justice, il est un pas que chacun se décidera à franchir. Ou pas.

En tout état de cause, le silence des médias et des politiques est un message très clair lancé à la nébuleuse d’extrême droite, à laquelle appartient ce militaire, et à tous ses Breivik en puissance. De même, l’absence de réaction des organisations musulmanes en dit long sur le désintérêt qu’elles portent aux musulmans. Il faut dire que toutes craignent de déplaire à Manuel Valls. Ne pas froisser les autorités du pays pour mieux dire sa docilité, au risque de cautionner l’innommable. Islam de France as usual.