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Horaires de prière : l’OLMF procèdera à des observations pour les prières du subh et de ‘icha

cadran solaire
©Shutterstock [1]

Bonne nouvelle. L’Observatoire lunaire des musulmans de France [2] (OLMF) annonce sur Twitter que, outre ses observations du croissant de lune [3] à chaque fin de mois du calendrier musulman, il prévoit de se pencher prochainement sur la question des horaires de prière [4].

Comme nous l’expliquons depuis quelques années, la popularisation d’un calendrier vendu dans les boutiques et les mosquées a amené les musulmans de France à adopter des horaires de prière qui sont particulièrement problématiques pour le jeûne.

L’angle 12°, un risque pour la validité du jeûne

Ce calendrier propose en effet des horaires calculés selon l’angle 12°, angle qui n’est adopté absolument nulle part ailleurs dans le monde. Et pour cause, cet angle pose doublement problème : il indique trop tard l’heure de la première prière (subh), la prière de l’aube et trop tôt la dernière prière, celle du soir (‘icha).

S’agissant de la prière du subh en elle-même, elle peut être effectuée jusque l’heure du lever du soleil, l’heure du shuruq. En revanche, lorsque l’on jeûne, il est impératif de cesser de manger à partir de l’heure du subh. Continuer de manger après le subh invalide le jeûne, puisque l’on a ingéré de la nourriture après la limite autorisée.

Le constat à l’oeil nu prime les calculs

Autre élément capital qu’il nous faut répéter : en matière d’horaires de prière, le constat visuel prime les calculs [5]. Le calendrier comme les applications pour smartphone sont des outils de confort. Ils sont pratiques, car élaborés correctement ils facilitent la tâche du croyant qui n’a pas à regarder systématiquement à l’oeil nu la position du soleil.

Malgré tout à l’instar d’une table de multiplication qui ne remplace pas l’obligation de savoir compter – si tant est que l’on considère cela comme une obligation, évidemment –, les calendriers d’horaires de prière ne remplacent pas l’obligation de savoir déterminer les intervalles de prière à partir de l’observation du soleil. Il y a là une sagesse divine : observer la position du soleil est accessible à tout le monde, partout, tout le temps. C’est un moyen très facile contrairement aux calculs qui établissent les horaires de prière.

Des observations nécessaires

Ceux qui ont pris soin d’observer le ciel à l’heure du subh selon l’angle 12° se sont rapidement rendus compte que l’aube est alors déjà levée. Ce n’est pas problématique pour la prière, mais pour le jeûne. C’est précisément pour cette raison que l’OLMF va entreprendre des observations sur le terrain, puis communiquer ses conclusions. L’Observatoire répondra ainsi à une forte demande de la part des musulmans de France, souvent désarçonnés face à plusieurs horaires différents.

On peut imaginer du reste après coup des formations qui s’adresseraient à des groupes, des mosquées, des associations afin que celles et ceux qui veulent apprendre par eux-mêmes comment distinguer de visu l’entrée ou non de la prière du subh. La perspective d’un calendrier unique pour la France est par ailleurs un enjeu à prendre en considération.

Après l’observation du croissant de lune, l’OLMF s’intéresse donc à l’un de ces chantiers de la oumma de France en souffrance depuis plusieurs années. Il faut se féliciter de ce que les musulmans se réapproprient leurs pratiques pour les améliorer et corriger ce qui doit l’être.

Visitez le site de l’OLMF : www.olmf.fr [9].