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Paniqués, les miliciens de la Ligue de défense juive défient le gouvernement

dissolution LDJ
Pétition pour la dissolution de la LDJ [1]

La Ligue de défense juive [2], groupuscule d’extrême droite violent et raciste, est sous les feux des projecteurs. Cette médiatisation embarrasse nombre de responsables communautaires et de politiques communautaristes.

Fausse attaque de la synagogue [3], l’arroseur arrosé

Avatar avec le CRIF [4] de l’importation du conflit israélo-palestinien en France, la milice suprémaciste voyait d’un mauvais oeil l’élan solidaire en faveur de Gaza [5] en pleine agression israélienne.

Elle tenta alors dès la première manifestation parisienne de nuire à cette mobilisation en provoquant des manifestants en marge du rassemblement, puis en faisant croire, non sans complicité, à une attaque de la synagogue de la Roquette.

La publication sur Internet d’images démontrant l’implication directe de la LDJ, couverte par les forces de l’ordre, ruina cette fausse rumeur. En réfutant sur i-Télé toute attaque, Serge Benhaïm [6], président de la synagogue de La Roquette, asséna le coup de grâce.

bonbonne de gaz LDJ
Les miliciens de la LDJ armés en plein Paris

Lire – Bonbonne de gaz, lacrymo, barres de fer, la ligue de défense juive couverte par la police [7]

La Ligue de défense juive a raté son coup et s’est tirée une balle dans le pied. Cette fois, il n’est pas certain que les soutiens dont elle bénéficie depuis des années suffisent à la sortir de ce qui pourrait être son baroud de (dés)honneur.

Une milice soutenue au nom d’un communautarisme sélectif

Panique chez les responsables communautaires qui tentent de faire diversion : la LDJ n’existe pas, ce ne sont que quelques individus paumés, ils sont inoffensifs, il ne faut exagérer ni son nombre ni sa capacité de nuisance, etc. La LDJ est allée trop loin. Il faut tenter de convaincre l’opinion publique que ces miliciens racistes et ultraviolents sont au fond de chics types.

On notera que le zèle républicain qui fit de Forsane Alizza, jusqu’à sa preste dissolution, l’ennemi public numéro 1 fait défaut dans le cas de la LDJ, laquelle s’est pourtant rendue coupable de nombre d’agressions racistes et violentes.

Lire : Liste des agressions de la LDJ pour le cas où M. Valls et Mme Taubira ne l’auraient pas [8]

Plus grave encore, la milice raciste bénéficie aussi de la complaisance de certains médias, à l’instar du site de droite Atlantico qui annonça la semaine dernière l’appel à manifester du CRIF et des miliciens de la LDJ, sans rien dire de leurs sulfureuses méthodes.

atlantico crif ldj

Notons en outre le piteux contrefeux de Roger Cukierman [9], porte-parole officieux d’Israël en France et président du CRIF, qui conditionne la dissolution de la LDJ à la dissolution des associations qui ont appelé à la fin des tueries d’Israël.

Même son de cloche chez le communautariste sélectif Claude Goasguen qui va plus loin dans l’impudence en exigeant la dissolution du NPA (nouveau parti anticapitaliste), parti politique qui a le tort de dénoncer l’Etat voyou d’Israël.

Faudra-t-il rappeler à Roger Cukierman et à Claude Goasguen que nous sommes ici en France ? Si l’arbitraire israélien les séduit tant, ils peuvent toujours s’expatrier en Palestine occupée. La France est un pays souverain qui n’a pas à se soumettre aux velléités communautaristes d’individus ou d’officines oeuvrant plus ou moins grossièrement pour le compte de pays étrangers. Ici, c’est la France.

Des voix dissonantes réclament le respect des lois françaises

Malgré tout, quelques voix courageuses se font entendre depuis quelques jours. Courageuses, car beaucoup se taisent face à l’inacceptable de crainte d’être frappés par cet anathème qui pourrait signifier leur mort médiatique, social et politique, en l’occurrence d’être taxés d’antisémitisme.

Le député communiste Jean-Jacques Candelier [10], qui demande publiquement la dissolution de la Ligue de défense juive, est à l’origine d’une pétition qui a réuni à ce jour plus de 48 000 signataires.

Voir – Pétition pour la dissolution de la LDJ [1]

Chez les socialistes, le soutien à Israël est la règle. De rares voix se font entendre. Pascal Cherki, ancien maire du 14e arrondissement a tenu à participer à la mobilisation propalestinienne. Il rappela en outre sur Twitter [11] qu’en 2009 le parti socialiste condamna clairement l’agression israélienne.

parti socialiste condamne israel
7 janvier 2009, le PS condamne Israël [12]

Autre politique courageux, le socialiste Olivier Faure appelle, dans une interview accordé à Libération [13], lui aussi à la dissolution de la LDJ “seule voie possible » (dixit).

La prise de position d’Olivier Faure est d’autant plus courageuse que la pression des faucons proisraéliens au sein du parti socialiste est très forte. Ces derniers ont tout fait pour qu’Israël ne soit pas condamné officiellement par le PS, jusqu’à devoir concéder, contraints par les massacres commandités par Benjamin Netanyahu, de timides déclarations bien tardives : face aux tueries de l’Etat voyou, le silence complice des socialistes devenait intenable.

Aculée, la LDJ s’en prend aux médias et défie le gouvernement

Acculée, la Ligue de défense juive est passée dans un premier temps du communautarisme [14] violent à un patriotisme caricatural : ce n’était plus Israël qui fallait défendre, mais la France. La manoeuvre n’a pas suffi. La presse a fait état la semaine dernière d’une volonté, supposée ou réelle, du gouvernement de dissoudre le groupuscule d’extrême droite.

Changement de ton à la LDJ : désormais, la milice raciste défie publiquement Manuel Valls [15] et Bernard Cazeneuve et s’en prend tant aux médias qui ont fait état de ses actions violentes et xénophobes qu’aux associations propalestiniennes qui appelle à la solidarité avec Gaza.

ligue de defense juive panique
La LDJ défie publiquement Manuel Valls

On remarquera là encore la grosse ficelle d’un patriotisme à la petite semaine : citoyenneté, drapeau tricolore, valeurs républicaine et chantage à l’antisémitisme. Flatter l’attachement à la France d’une part et menacer d’autre part. La manoeuvre a longtemps fonctionné. Elle a aujourd’hui du plomb dans l’aile.

Tant que les bonnes volontés se mobiliseront pour que le gouvernement socialiste se décide à ne plus verser dans un communautarisme sélectif pour considérer l’ensemble des citoyens sur un même pied d’égalité, nous pouvons espérer un vrai changement. La Ligue de défense juive doit être dissoute, ses membres condamnés pénalement, ses soutiens politiques, communautaires, médiatiques appelés à cesser de soutenir un groupuscule raciste et violent.

Il importe à cet effet de rester vigilants et de demander des comptes au gouvernement, dont on peut raisonnablement penser qu’il ne dissoudra pas de bon gré la LDJ.