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Hajj : plusieurs pèlerins sur le carreau faute de passeports biométriques

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Hajj [2]. Premiers couacs pour l’édition 2014 du hajj, pèlerinage sur les lieux saints de l’islam. Plusieurs dizaines de pèlerins à Lyon, Toulouse, Valence, Melun ou encore Argenteuil, viennent d’apprendre qu’ils ne pourront pas accomplir le rêve de toute une vie.

L’Arabie saoudite a indiqué dès 2012 son souhait de passer au passeport biométrique. Cette mesure a été généralisée et rendue véritablement obligatoire cette année. En mai dernier, une communication officielle a été relayée dans la presse à travers le monde.

Lire – No haj without biometric passport [3]

Toutes les agences de voyage devaient être au courant. Malgré tout, ces dizaines de pèlerins sont aujourd’hui sur le carreau. Comment expliquer cet impair ? La faute à des rabatteurs trop zélés et pressés de récupérer les passeports des futurs pèlerins ? Des agences obnubilées par le nombre de passeports qu’elles réussiraient à obtenir rapidement ?

Un signalement à la Répression des fraudes pourrait permettre de trouver les responsables. Mais faut-il encore que les personnes lésées prennent soin de signaler cet incident [4], qui malheureusement ne sera certainement pas le dernier cette année.

Lire – Hajj : comment l’inaction des musulmans favorise les arnaques [5]

Un petit espoir demeure pour ces pèlerins, qui pourraient bénéficier d’une dérogation des autorités saoudiennes. L’accomplissement de leur hajj repose sur ce mince espoir.

Cet énième couac illustre l’anarchie qui règne sur le marché du hajj. Pourtant, comme pour le halal ou le mouton de l’aïd [6], ni les instances musulmanes ni les consommateurs musulmans n’ont décidé de prendre les choses en main.

Tant que chacun ne se sentira pas concerné jusqu’à ce qu’il soit personnellement touché, le marché du hajj restera vérolé par des pratiques indignes et illégales. Les agences de voyage ne sont pas au-dessus des lois. Si toutes ne sont évidemment pas à blâmer, il faut néanmoins déplorer le silence qui règne depuis des années autour des fraudeurs. Il est temps que les consommateurs musulmans obligent l’ensemble du secteur à une réelle transparence.