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Publicis : “Un transsexuel a plus de chance” qu’une femme voilée…

A la fin de l’article suivant, publié le 29 novembre 2012, nous évoquions le cas d’une jeune femme, étudiante à l’Ecole supérieur de communication, community manager par alternance, mais surtout voilée. Deux ans plus tard, Wahiba Khallouki, qui postula dix fois dans des agences, qui la refusèrent une à une, a réussi un tour de force. Nous vous en disons plus ci-après.

Egaux mais pas trop

“Religion et entreprise font-elles bon ménage ?”, c’est la question posée par le magazine “Egaux mais pas trop” présentée par Rokhaya Diallo sur LCP (La Chaîne parlementaire).

Égaux mais pas trop : Religion et entreprise font-elles bon ménage ?

Ascenseur social, plafond de verre, fossé générationnel, fracture sociale…

Prendre des jours fériés chrétiens pour les redistribuer à d’autres religions, c’est une idée de campagne de la candidate écologiste, Eva Joly, mais qui reprenait en fait la proposition de l’association nationale des directeurs de ressources humaines.

Le monde de l’entreprise est en effet de plus en plus confronté au fait religieux. Si les employés de l’administration se doivent d’être laïcs en France, les salariés des entreprises privées ne sont pas soumis à cette règle.
« Égaux mais pas trop » est allé à la rencontre de ces chefs d’entreprise qui font face à ces demandes de salle de prière ou de congés pour fêtes religieuses, à ces salariés qui ont du mal à concilier travail et pratique religieuse.

Pour regarder le reportage, rendez-vous sur le site de LCP en cliquant sur le lien suivant : Égaux mais pas trop : Religion et entreprise font-elles bon ménage ? [1]

Parmi les personnes interrogées, il y a Wahiba Khallouki, community manager, mais surtout voilée. Interrogée par Rokhaya Diallo, la jeune femme raconte, entre autres, qu’un professionnel de la publicité lui a très clairement tenu les propos suivants…

“Un transsexuel a plus de chance de réussite que moi dans la publicité.”

Ses propos, qui ont particulièrement blessé Wahiba Khallouki, ont été tenus par un cadre de Publicis, agence de renommée mondiale où l’étudiante, trop visiblement musulmane, espérait entrer.

Deux ans plus tard, Wahiba Khallouki, répondant à la journaliste Warda Mohamed sur Twitter, précise qu’il s’agissait bien de Publicis. Plus consternant encore, le propos blessant de ce cadre n’avait rien de fielleux. Son conseil était “bienveillant”.

Bienveillant, comme cette islamophobie bienveillante – paraphrasons Rokhaya Diallo qui dans l’un de ses ouvrages évoque le “racisme bienveillant” –, qui perpétue le rejet des musulmans sous couvert de bons sentiments, qui peuvent être pourtant sincères.

Aujourd’hui, la jeune femme a terminé ses études, ce qui n’était pas gagné tant les vexations dont elle a souffert parce que musulmane portant le voile ont été violentes. Malgré tout, elle a cru en elle, elle a gardé son voile et a travaillé dur.

Son opiniâtreté malgré l’adversité lui a ainsi permis d’accéder à la première place de sa promotion. Wahiba Khallouki est arrivée major de sa promotion. Première de la classe quoi !

Et si elle n’a pas réussi à réaliser son rêve, intégrer une agence de pub – dix demandes, dix refus à cause de son hijab –, elle a, dit-elle, réalisé un rêve plus grand : elle a créé sa propre agence de communication.

Mais laissons Wahiba raconter elle-même son histoire. Ecoutons-la prononcer son discours lors de la remise des diplômes à l’ECS-Paris (European Communication School). Cliquez sur l’image pour accéder à la vidéo disponible sur Youtube.

wahiba khallouki [7]

Que Wahiba soit un exemple pour toutes les lycéennes et les lycéens, les étudiantes et les étudiants, victimes d’islamophobie. Croyez-en vous, ne laissez personne briser vos rêves. Si l’on vous ferme la porte au nez, passez par la fenêtre. Si l’on vous passe par-dessus la fenêtre, montez sur le toit. Si l’on vous jette du toit, construisez votre propre bâtiment. N’autorisez jamais personne à décider du sort de vos propres rêves. Et placez toute votre confiance en Allah.

Et rappelons-nous, toutes et tous, que celui qui délaisse quelque chose pour Allah, Allah lui donnera en échange une chose qui est meilleure pour lui. Wahiba a refusé de troquer son hijab, ses convictions religieuses, sa foi pour une place dans une prestigieuse agence de communication. Elle a aujourd’hui sa propre agence de communication et des clients, dont certains se sont manifestés avant même qu’elle ne crée son agence : WK Agency !

A ce propos, nous vous conseillons vivement ses services. Nous connaissons son travail depuis plusieurs années. Si vous cherchez une professionnelle rigoureuse, compétente, créative et qui ne vous regardera pas avec des yeux de merlan frit lorsque vous lui expliquerez en quoi vos convictions vous amènent à tel ou tel choix, foncez avant que son carnet de commandes ne soit plein à craquer. Vous ne le regretterez pas in cha’a-Llah.