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Doux reconnaît vendre du poulet non halal aux musulmans, même à La Mecque

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Poulet non à quelques mètres de la grande mosquée de La Mecque

C’est une révélation qui ne va pas arranger les affaires du volailler Doux. Ni de son partenaire saoudien. L’information figure dans un livre à paraître demain lundi 23 février, écrit par Bernard Godard, ancien policier des Renseignements généraux, puis Monsieur idslam consultant du ministère de l’Intérieur.

Les révélations d’un ex-flic, Monsieur islam de la République

Cet ex-flic est certainement l’un des mieux informés sur le fait musulman en France. Son ouvrage, La Question musulmane en France, aux éditons Fayard, pourrait ainsi contenir quelques pépites sur les arcanes de l’islam de France, cet islam des consulats, et de son avatar le CFCM (Conseil français du culte musulman), dont B. Godard est l’un des architectes.

L’instance fantoche, dénoncée depuis des années, mais si utile aux autorités françaises pour sa gestion sécuritaire des musulmans de France, a d’ailleurs fustigé l’ouvrage avant même sa sortie, après que les vertes critiques de Bernard Godard sont arrivées aux oreilles de Dalil Boubakeur. Précisons tout de suite que si l’ancien RG peut être une mine d’informations, il a parfois des analyses très personnelles, pas toujours convaincantes.

C’est déjà Bernard Godard qui en 2010 dénonça à plusieurs reprises les certifications « pas sérieuses » de la mosquée de Paris et de la mosquée d’Evry. Il fut l’un des rares en France à dénoncer clairement cette situation.

Lire – Halal : « les certifications de la mosquée de Paris et d’Evry ne sont pas sérieuses » [1]

Doux trompe les musulmans du monde entier depuis des décennies

Cette fois les révélations de Bernard Godard sont autrement plus explosives. Elles ne disent rien de nouveau. Nous dénonçons depuis sept ans cette gigantesque fraude. Notre premier article sur le sujet, daté du 4 février 2008, a servi de trame à un reportage censuré par la suite sur M6. D’autres articles ont suivi, ainsi que le reportage incontournable du reporter Feurat Alani, dans lequel il démontre à son tour que Doux trompe ses consommateurs musulmans, soit plusieurs centaines de millions de musulmans à travers le monde.

Lire – KFC, halal ou non halal ? Pas halal [2]

Nous n’avons cessé d’alerter les autorités, notamment sur le retour de bâton dévastateur sur la filière viande française si les consommateurs des pays musulmans prenaient réellement conscience qu’ils étaient trompés par Doux, mais aussi Tilly-Sabco, Sabvel et bien d’autres pour les autres secteurs bovins, ovins, etc. Le couperet tomberait immédiatement sans sauvetage possible : les consommateurs musulmans cesseront d’acheter Doux, mais aussi français, et c’est tout un pan de l’agriculture française qui sombrerait dans un marasme jamais connu.

Lire – Lire – Doux : faux halal tout près de la Kaaba et de la mosquée du Prophète (pbsl) [3]

Plutôt que d’entendre nos alertes, les autorités ont choisi la fuite en avant. Il est plus facile de faire les yeux doux aux industriels et de pointer les Cassandre surtout lorsque l’on peut les accuser d’être de vilains intégristes pas assez français pour se soucier de leurs compatriotes qui risquent demain de se retrouver sur le carreau à cause des pratiques de leurs employeurs.

Tilly-Sabco et Doux, du non halal en Arabie saouditeTilly-Sabco et Doux, du non halal en Arabie saoudite

Mais bien avant encore, dès 1980, feu Hamza Boubakeur, père de l’actuel recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dénonçait clairement une « escroquerie ». Plus tard, Daniel Youssouf Leclerc fera un rude et ingrat travail de sensibilisation et d’information. La révélation de cette note confidentielle leur rend en quelque sorte hommage.

Godard révèle une note confidentielle de Doux

Dans un passage du livre, en librairie dès demain, Bernard Godard aborde donc la question du marché du halal, évoque l’association Asidcom, AVS et d’autres. Il cite alors l’exemple de Doux et un extrait d’une note confidentielle qui sonne comme un aveu cinglant de la fraude massive que le géant français de la volaille entretient depuis près d’un demi-siècle en toute impunité. Non sans cynisme, l’auteur de cette note avance des arguments fallacieux pour justifier la poursuite de la tromperie. On y apprend en outre que les autorités saoudiennes sont très inquiètes. Extraits.

Doux justifie sa fraude massive

« Multipliant les interventions dans leur combat en faveur d’un halal à leur manière, certains, tel le site Al-Kanz, mènent un combat sans relâche contre les « faux certificats » accordés à ceux qui pratiquent un abattage après électronarcose. Cela a même eu des conséquences non négligeables dans les pays musulmans. Les volaillers, dont le groupe Doux, sont leur cible favorite. Certains des contacts du site préféré des consommateurs mettent en ligne des photos de poulets PAC, originaires de Bretagne, prises dans les supermarchés saoudiens pendant la période du pèlerinage, obligeant dès lors les autorités saoudiennes, inquiètes, à chercher à remplacer leur certificateur en France. De son côté, Doux, dans une note confidentielle, souligne sans ambages les conséquences de l’abandon de l’électronarcose et de l’abattage mécanique (particuliers aux volailles) :

« La mosquée de Lyon accepte l’anesthésie réversible qui est pratiquée chez Doux (pas AVS), mais pas l’abattage mécanique (AVS non plus) ; or il apparaît extrêmement compliqué de faire du saignage manuel aux cadences industrielles pratiquées chez Doux, en dehors du fait que le saignage serait certainement mal réalisé (ce qui est contraire au halal), qu’il n’y a pas la place physique de placer les sacrificateurs, qu’il faudrait recruter 160 sacrificateurs sur l’ensemble du groupe (30 par équipe à Châteaulin sur 3 équipes, 16 équipes à Chantonnay, et 11 par équipe à Plouray). […]
Soit 9 et 20 millions d’euros de surcoût annuel, ce qui serait délirant mais suicidaire, car financièrement insupportable : donc la mort de tout l’export français. »

Source : La Question musulmane en France, Bernard Godard, février 2015, Fayard

Précisons que contrairement à ce qu’affirme Bernard Godard nous n’exigeons pas « un halal à [notre] manière », mais une transparence des industriels afin que chacun sache à quelle conception du halal répond le steak qu’il a dans son assiette. Nous avançons certes parallèlement la conception qui nous paraît être conforme aux exigences de l’islam, mais libre ensuite à chacun de manger ce que bon lui semble.

A venir, un document vidéo.