- Economie islamique - https://www.al-kanz.org -

Chaabane : jeûne des trois jours blancs (dépassons l’embarras)

chaabane jours blancs
Crédit : Mooncast

Le 1er chaabane 1436 [1] a correspondu selon les pays soit au 19 soit au 20 mai 2015. Trois jours par mois se distinguent des autres jours le 13e, 14 et 15 jour, lesdits “jours blancs”, auxquels est associé un jeûne facultatif.

Ce mois-ci, ces jours correspondent pour les uns dimanche 31 mai, lundi 1er juin, mardi 2 juin, pour les autres au lundi 1er, mardi 2, mercredi 3 juin.

Deux dates ?

Comme c’est le cas tous les mois, d’aucuns se disent perdus et ne savent que faire face à deux dates différentes. Premier élément de réponse : ne pas disposer d’un calendrier lunaire commun à l’ensemble de la planète n’a jamais été un problème. Cela le devient pour une contrée donnée. Le 1er de chaque mois doit être identique a minima de Lille à Marseille.

Deuxième élément : si, depuis des années, chaque personne qui s’est retrouvée face à ce qu’elle considère être un dilemme s’était retroussée les manches, ne serait-ce qu’au niveau local, auprès des responsables de sa mosquée, afin que la question de l’unité de la oumma de France autour des dates (pour les trois jours, pour les deux aïds, pour ramadan) soit prise au sérieux, on peut penser que la situation serait aujourd’hui autre.

Troisième élément : et si l’on se décidait enfin à agir ?

L’inaction divise, pas la divergence

Malheureusement, l’état d’esprit dominant est celui de la passivité. Plutôt que de chercher des solutions – quitte à ne jamais en trouver –, l’on préfère attendre qu’autrui fasse, alors qu’autrui est dans la même posture. Entendons-nous : des solutions conformes au Coran et à la Sunna, non pas des manipulations scientistes à des fins d’hégémonie politique comme c’est le cas de quelques individus déterminés à semer la fitna tant que l’écrasante majorité des musulmans ne se soumettent pas à leur diktat.

Lire – Début de ramadan : abandonner l’observation de la lune n’est pas autorisé [2]

Et si quelques bonnes volontés se donnaient comme projet de convaincre les responsables de leur mosquée de faire des trois jours blancs un sujet important ? Quelques personnes, un peu partout en France, se décideraient ainsi à agir en ce sens, juste en ce sens. Voyez par exemple Abou Ishaq qui se lança il y a quelques années dans le projet crucial Salat Janaza [3] : annoncer sur un site Internet les prières funéraires dans toute la France. Un sujet, une action, une constance, sans attendre d’une quelconque autorité, d’une quelconque organisation se décide enfin à agir en ce sens.

Dans le cas de la date des jours blancs, et plus généralement de la détermination du début et de la fin de chaque mois, on n’aboutira peut-être pas immédiatement à un calendrier unique pour toute la France – même si dans les faits l’écrasante majorité des musulmans suivent la sunna de l’observation du ciel. Qu’à cela ne tienne : trouver rapidement une solution à un problème n’a jamais été une condition sine qua none pour commencer à agir.

“Ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres”

L’islam nous enjoint à l’action. Dans le Coran, les croyants sont souvent cités selon l’expression que nous pouvons traduire par “ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres”. Croire et agir, tel est le credo du musulman. Comment donc expliquer alors que nos mosquées ne fourmillent pas de fidèles qui gèrent réellement, concrètement, systématiquement mille et un projets ? Ou dit autrement : comment comprendre qu’il demeure de très nombreux problèmes, souvent basiques, sans qu’une ou plusieurs personnes ne soient attachées à les résoudre.

“Que dira chacun de nous à Allah pour justifier son inaction ?”

Finalement, vous, nous, que dira-t-on à Allah lorsque nous serons interrogés sur ce que nous avions toute la liberté, le temps de faire pour mieux être musulman, mieux vivre musulman ? Je n’avais pas le temps, je ne savais pas, les vieux de la mosquée sont ceci, les frères sont cela, les soeurs ne voulaient pas, ce n’est pas à moi d’agir, que fait le CFCM, que fait la mosquée de Paris, etc. Mais est-ce que ces réponses seront valables ? D’autant qu’il n’est demandé à personne de réaliser l’impossible. Juste d’accomplir les bonnes oeuvres. Bonnes oeuvres qui commencent par un retroussement de ses propres manches, indépendamment des frères de la mosquée, des vieux, des soeurs, du CFCM, de la météo, de son humeur. Se retrousser les manches et faire sa part, sa toute petite ou très grande part.

La communauté musulmane ne manque ni d’argent, ni de compétences, ni d’opportunités, ni de libertés. Elle manque cruellement de femmes et d’hommes qui agissent spontanément, sans jamais se trouver de prétexte à ne pas agir, conformément à la description que le Coran fait du croyant : celui qui croit et accomplit les bonnes oeuvres.

Le début du mois de ramadan [4] est prévu dans une quinzaine de jours in cha’a-Llah. Allahumma ballighna ramadan. Ô Allah envoie-nous ramadan.