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Attentats de Paris : pourquoi les postures de Valls et Cazeneuve sont inquiétantes

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Vendredi 13 novembre, plusieurs attentats ont frappé Paris et aux alentours du Stade de France à Saint-Denis (93). Les terroristes, lourdement armés et munis de ceintures d’explosifs, ont tué 132 personnes. 433 autres, blessées, ont été prises en charge par les hôpitaux de Paris, selon un dernier communiqué. Le bilan, dramatique, est sans précédent.

Des annonces, et les régionales

Ce lundi, l’exécutif a fait des annonces qui inquiètent tant elles paraissent s’inscrire dans le calendrier électoral plutôt que dans la volonté de lutter réellement contre le terrorisme.

Après Manuel Valls, Bernard Cazeneuve a en effet indiqué vouloir débattre en conseil des ministres de la “dissolution de mosquées dans lesquelles des acteurs appellent ou profèrent la haine”. A priori frappée au coin du bon sens, cette proposition semble pourtant tenir de la manoeuvre visant à donner des gages aux électeurs. Les régionales sont en décembre. L’EI ne recrute pas dans les mosquées, le gouvernement le sait. Pourquoi cet amalgame sinon pour donner à voir et convaincre qu’il agit ?

Valls comme Sarkozy ?

Mais il y a plus préoccupant. La posture de Valls rappelle celle de Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre singera-t-il l’ex-ministre de l’Intérieur en choisissant à son tour quelques bons clients médiatiques, fusibles parfaits à expulser qui en Algérie, qui au Maroc, qui au Sénégal, etc. ?

Manuel Valls s’enorgueillira d’avoir agi vite… et fermement (sic). Comme sous Sarkozy, personne ne demandera des comptes au gouvernement, nul ne souciera du sort des expulsés (ou de leur famille), qui évidemment répondront en apparence aux parfaits expulsables, et donc au portrait-type des méchants barbus musulmans, si bien servis dans les médias.

Lire – Bidar, Bouzar, Benzine, Oubrou, Sifaoui, Chalghoumi… : pourquoi l’imposture doit cesser [1]

Tout cela serait alors terrible.

Des innocents sont morts

La tragédie de vendredi appelle un sursaut impérieux et exige que l’on rompe d’avec les calculs politiciens. Las ! Le gouvernement préfèrerait-il protéger son réservoir de voix plutôt que le pays ? Certes, l’ex-UMP et le Front national sont en embuscade.

Certes, il pourrait y avoir un risque électoral à présenter la réalité telle qu’elle est ; ce qui nécessite de se départir de la construction médiatique qui s’est opérée ces derniers années autour de la figure du méchant musulman barbu. Ce qui nécessite aussitôt un long travail de pédagogie après toutes ces années d’impostures médiatiques.

Oui, il est plus simple de faire accroire que les ennemis sont ces barbus et ces voilées rencontrés tous les jours dans la rue et de désigner les mosquées que de reconnaître que l’EI oeuvre hors des mosquées et que ses terroristes sont moins saisissables qu’il n’y paraît. Des innocents ont été froidement abattus vendredi. Leur mort oblige, en premier lieu l’exécutif.