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Bidar, Bouzar, Benzine, Oubrou, Sifaoui, Chalghoumi… : pourquoi l’imposture doit cesser

Il n’a échappé à personne que depuis des années l’islam fait les choux gras des médias. Sur Internet, Le Figaro, Valeurs actuelles ou encore Marianne sont engagés dans une course aux clics, misant grandement sur le muslim bashing.

Les islamophobes partagent massivement sur les réseaux sociaux les articles qui vouent aux gémonies les musulmans. Réalité si bien intégrée par quelques titres de presse qu’ils en ont développé une stratégie éditoriale.

Lire
Pourquoi le Figaro est en guerre contre les musulmans

Réflexe niqab : quand Valeurs actuelles et Metronews illustrent un délit imaginaire [1]

Les autres médias ne sont pas en reste.

Servir de l’islam, accueillir les experts

A la télé et à la radio, l’islam, c’est comme les fruits et légumes : il en faut au minimum cinq fois par jour. « Mots croisés », « C’est dans l’air », « le 7-9 » de France Inter, Europe 1, France Culture, etc., multiplient les sujets ayant trait aux musulmans, systématiquement:
soit en n’invitant aucun musulman. Leur parole est alors tout bonnement confisquée. On parlera à leur place. On dira ce qu’ils doivent faire (depuis vendredi soir, « condamner », « se désolidariser », « dire non à la violence », und so weiter).
soit en convoquant des prétendus experts, qui développent un discours bien markété répondant à deux objectifs. Le premier dénonce la figure de l’intégriste, le bien utile « islamiste » ou « salafiste »; le second sert leur carrière.

A la télé et à la radio, l’islam, c’est comme les fruits et légumes : il en faut minimum cinq fois par jour.

C’est ainsi que Mohamed Sifaoui, Dounia Bouzar, Abdennour Bidar, Hassen Chalghoumi ou encore Rachid Benzine livreront un propos dans lequel ils désigneront les méchants, dont ils ne sont évidemment pas.

Face à eux des Yves Calvi, Patrick Cohen, Jean-Pierre ElKabbach, journalistes qui jamais ne questionnent le discours de leurs invités. Sifaoui évoquera « les mosquées salafistes ». Calvi ne lui demandera pas d’en citer quelques-unes. Bidar s’en prendra aux femmes voilées, ElKabbach laissera l’imposteur assimiler les musulmanes aux criminels de l’EI. Les faits n’intéressent pas ces gens-là. Ils ne font pas du journalisme.

Lire – L’imam Chalghoumi sur LCP : stop à la confiscation médiatique de la parole musulmane [2]

Une opinion publique mystifiée

Ce traitement médiatique est devenu la norme. On n’interviewe plus les prétendus experts, on les laisse dérouler leurs éléments de langage, sans jamais reprendre leurs affabulations. La pratique est assumée, les interventions invariantes : on salit les musulmans, on assure l’audimat. Qu’importe les dégâts sur la société, les amalgames, le populisme, la haine et la forte poussée de l’extrême droite.

Dans ces conditions, comment un non-musulman qui s’est nourri pendant des années des impostures de Bouzar et Oubrou peut-il ne pas se méfier de ses voisins, l’un barbu l’autre voilée ? Comment ne pas comprendre que l’opinion publique confonde allègrement « salafiste » et EI, lesquels se haïssent férocement, lorsque la confusion est volontairement entretenue par un Chalghoumi ou un Bidar, oiseaux de mauvais augure volontaires ?

Si jusque-là le problème était surtout éthique et déontologique, les attentats commis par les terroristes de l’EI vendredi soir à Paris ont totalement changé la donne. Le tweet de William Molinié, journaliste chez 20minutes, illustre à merveille l’une des graves conséquences de la fumisterie médiatique qui dure depuis des années.

Vous lisez bien. Les policiers sont « débordés par les signalements et dénonciations bidon ». Comment pourrait-il en être autrement ? La télé, la radio, la presse, flanqués de tous ces imposteurs, répètent depuis des années que les terroristes sont les musulmans lambda, plutôt barbus et voilés. Dounia Bouzar elle-même a fait du qamis un signe de radicalisation qualifiée. On lui doit par ailleurs l’infographie moquée sur Internet « Stop djihadisme », tant elle est ridicule. Payée avec l’argent du contribuable.

Lire – Stop Djihadisme : le site du gouvernement lancé, le Web sceptique [5]

Ne nous méprenons pas, le tweet de William Molinié n’est pas anecdotique. C’est l’arbre qui cache une terrible forêt. Dans une connivence malsaine avec les femmes et les hommes politiques les plus démagogiques, l’ensemble des médias ont détourné l’attention générale vers une population sans lien aucun avec le terrorisme. Ils portent en cela une lourde responsabilité.

Les lieux de culte musulman en France sont surveillés comme le lait sur le feu depuis des décennies. Qu’importe, pointer des prétendues mosquées intégristes, qui seraient source du terrorisme, a un écho auprès des Français. Ce serait donc l’essentiel. On évoque des prêches qui fabriqueraient des terroristes, fantasmes médiatiques particulièrement vendeurs, mais très loin de la réalité. Et l’EI se frotte les mains. Pendant que les démagogues mystifient le peuple, les terroristes peuvent en effet préparer tranquillement leur opération. Jusqu’à quand ?