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Lorsqu’ils sont venus chercher les musulmans, je n’ai rien dit

Martin Niemöller
©Wikipedia
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Clarifions immédiatement notre propos : nous ne sommes pas en “dictature socialiste”, le gouvernement actuel n’est ni pétainiste, ni fasciste, ni nazi.

Depuis les manifestations contre le mariage homosexuel, recourir à ces outrances et au fameux point Godwin est monnaie courante. C’est là une pratique tout aussi absurde qu’abjecte, car infamante pour les gouvernants, totalement disproportionnée eu égard aux faits incriminés et irrespectueuse pour celles et ceux qui ont vécu ou vivent réellement sous un régime dictatorial.

Point Godwin

Les internautes coutumiers des débats sur Internet en général savent ce qu’est le point Godwin. Voilà ce qu’en dit Wikipedia : “La loi de Godwin est une règle empirique provenant d’un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : ”Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.” Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot ”point”, des ”points Godwin” sont parfois attribués à l’unité.”

Ces précisions faites, venons-en à l’objet de notre article : le très célèbre poème du pasteur Martin Niemöller arrêté par les nazis en 1937 puis déporté d’abord au camp de Sachsenhausen, avant d’être transféré quatre ans plus tard en 1941 au camp de concentration de Dachau, dont il réchappera.

Depuis lundi 15 novembre, Manuel Valls a décidé de s’en prendre d’abord aux musulmans, puis aux militants écologistes. Sous couvert d’état d’urgence, plus de 2 000 perquisitions ont été menées contre des innocents : violences verbales, saccages des lieux (appartements, maisons, mosquées, etc.), menaces, intimidations, ces actions nécessaires contre les terroristes ont visé des milliers de citoyens les premiers en raison de leur croyance religion, les autres en raison de leur engagement militant. S’en sont suivies garde-à-vue et assignations à résidence, dont les contraintes (pointer trois fois par jour au commissariat, ne pas sortir de chez soi selon certaines plages horaires imposées) vont faire perdre leur emploi à celles et ceux qui en sont frappés.

Lire – Elections régionales : 2 000 perquisitions, 549 garde-à-vue pour Valls [2]

Tout cela dans un silence quasi unanime des Français en général, de la classe politique en particulier. Ce “silence des pantoufles” nous a très vite rappelé les vers aujourd’hui mondialement connus du pasteur Niemöller, à l’instar de celles et ceux conscients que se taire quand des abus aussi graves surviennent est un danger.

niemoller etat d urgence

Voici donc le fameux poème. Une fois encore, que chacun se garde bien de toute analogie entre le gouvernement actuel et les nazis évoqués dans les vers suivants.

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

Martin Niemöller, 1942.

Il est nécessaire que nous entendions tous que ces perquisitions électoralistes concernent tout le monde. Si les musulmans ont été les premiers touchés, ils doivent se lever contre cette injustice certes pour eux-mêmes, mais aussi pour tous. Et de premières victimes, ils seront vigies pour que plus jamais un Premier ministre commandite de telles expéditions punitives.