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Non, Mehdi Meklat n’est pas “l’arbre qui cache la forêt”

mehdi meklat
Mehdi Meklat dans l’émission 28 min (via le site Melting Book [1])

Mehdi Meklat. Ce nom, qui ne vous dit peut-être rien, a été ces dernières semaines au centre d’une vive polémique. Journaliste et auteur – il a à son actif deux romans écrits à quatre mains –, le jeune homme a été porté au pinacle par presse, radio et télévision jusqu’à ce que de nombreux tweets très vulgaires, mysogines, antisémites et homophobes ne refassent surface.

Après les nombreuses et légitimes condamnations, quelques opportunistes, de l’extrême droite aux islamophobes de gauche, ont voulu voir en Mehdi Meklat l’archétype du jeune arabe et musulman de banlieue. Il fallait alors en finir avec l’hypocrisie ambiante et tenir pour responsables et coupables les cités, les Arabes et les musulmans.

Peu importe, au demeurant, que Mehdi Meklat ne soit pas musulman, mais athée. Il est l’exemple même de “l’islamisme en casquette”, osa sur Twitter Raphaël Enthoven, animateur radio et TV. Il est “l’arbre qui cache la forêt” selon Alain Jakubowicz, président de la Licra qui en profita au passage pour mettre un coup de canif au Collectif contre l’islamophobie en France. Sans oublier les commentaires de quelques ouailles éperdues du désormais silencieux Manuel Valls, très bavards sur le cas Meklat mais quasi silencieux sur les tweets tout aussi récents qu’antisémites d’un certain Olivier Sauton. Faudra-t-il rappeler que ce dernier n’est ni arabe ou supposé tel, ni musulman ni venant des cités.

Revenant sur ces récupérations nauséabondes, la journaliste Hassina Mechaï nous offrait hier une analyse aussi lumineuse qu’indispensable, après ce fatras de mépris, de racisme et d’opportunisme inavoué. Extrait.

Pourquoi les gens issus de l’immigration, la banlieue, devraient-ils se sentir concernés par les écrits de Mehdi Meklat, comme le suggère l’éditorialiste du Monde ?

En quoi les représente-t-il ? En quoi ont-ils indiqué qu’ils se reconnaissent dans ses écrits ? En quoi une unité de lieu de vie ou d’origine fait-elle une unité de pensée, d’un tas pluriel un tout organique, solidaire ?

Est-on encore là devant l’injonction qui somme à dire « nous », celle qui collectivise les fautes des uns et mutualise les erreurs des autres ? Mais autonomise évidemment, en cas singulier, méritoire, presque miraculeux, les réussites de certains ?

Et puis, pourquoi condamner à tout bout de champ le communautarisme supposé des banlieues et dans le même mouvement empêcher qu’une voix issue de ces banlieues puisse être autonome et unique ? Personnelle. Libre.

Qui communautarise si ce n’est ce regard englobant que le journaliste du Monde et d’autres avant lui posent sur « les-gens-issus-de-l’immigration ».

Ajoutons qu’il est tout aussi important pour ceux ici stigmatisés de se départir de cette propension à se sentir coupable ou responsable des méfaits d’autrui si autrui nous ressemble.

Pour lire l’intégralité de l’article de Hassina Mechaï, rendez-vous sur le site Melting Book en cliquant sur le lien suivant : Le cas Mehdi Meklat, tout permettre mais pas à tout le monde [2].