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Abattage rituel : l’étourdissement préalable obligatoire en Belgique en 2019

abattoir boeuf
© L214

Belgique. L’annonce a été faite au parlement flamand mercredi 29 mars par Ben Weyts, ministre flamand du Bien-Etre animal : à partir du 1er janvier 2019, plus aucun abattage ne se fera sans étourdissement préalable.

L’opposition des juifs et des musulmans

Problème pour les juifs et les musulmans : selon leurs principes religieux respectifs, l’abattage casher et halal ne peuvent s’accommoder de l’étourdissement préalable, dont l’application n’assure pas qu’aucune bête n’en périsse ou ne soit blessée.

Dans le cas des bovins, c’est même tout le contraire : l’animal a le crâne fracassé par une tige perforante. Dans ce cas, l’étourdissement préalable est en soi une technique de mise à mort. Pour les ovins et la volaille, les abattoirs ont recours à l’électronarcose (étourdissement par choc électrique), qui, si elle peut être réversible, peut aussi provoquer la mort d’un certain nombre d’animaux.

Lire – Etourdir préalablement un bœuf, c’est lui fracasser le crâne [1]

Pour les juifs, l’électronarcose est toujours interdite. Pour les musulmans, rien ne l’interdirait si l’on avait l’assurance qu’elle est toujours réversible et qu’elle ne blesse pas l’animal. C’est ainsi qu’un abattage avec électronarcose qui garantirait pleinement que la bête est vivante, même si inconsciente, au moment de la mise à mort n’est en soi pas problématique.

S’agissant de l’assommage, technique utilisée pour les bovins, musulmans et juifs la rejettent.

Vers l’adoption prochaine d’une loi

Pour l’heure, il ne s’agit qu’une décision prise par la majorité gouvernementale flamande – la Région bruxelloise doit prendre position sous peu, selon le site de La Libre Belgique [2] –, et pas encore d’une loi.

Pour autant, ce n’est là qu’une formalité, puisque “l’interdiction généralisée de l’égorgement des animaux sans étourdissement préalable”, rappelait Le Soir [3] en janvier dernier, a fait aussi l’unanimité lors d’un débat au parlement wallon.

Les représentants de la communauté juive ont dit leur colère, notamment de n’avoir pas été consultés par les autorités wallonnes ; ce que Carlo Di Antonio, ministre wallon du Bien-être animal, réfute en affirmant [4] que “les responsables des différentes religions ont été reçus en son cabinet et ont été invités par la commission du parlement wallon à faire part de leurs observations jusqu’au 10 avril prochain”.

Coté musulman, précisant avoir “pris connaissance par les médias de l’accord du gouvernement flamand”, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) dit, dans un communiqué de presse [5], combien “les citoyens belges de confession musulmane accordent une grande importance au bien-être animal”. Et d’ajouter que l’avis du Conseil des théologiens défavorable à l’étourdissement émis en 2010 reste inchangé.

L’EMB affirme être “prêt à étudier toutes les pistes pouvant mener à une amélioration du bien-être animal, en diminuant autant que possible la souffrance animale”. Enfin, l’EMB, le Conseil des théologiens et le Conseil de coordination des institutions islamiques de Belgique précisent “être ouverts au dialogue avec la communauté musulmane de Belgique et les autorités publiques pour parvenir à une solution respectueuse à la fois du bien-être animal et des libertés religieuses des citoyens musulmans”.

Comme ce fut déjà le cas en 2013 lors de l’interdiction de l’abattage rituel en Pologne, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué suivre l’affaire de près, rapporte aujourd’hui le site Times of Israël [6].