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Le manifeste contre le prétendu nouvel antisémitisme (brillamment) démonté point par point

juifs musulmans islamophobie.pngJuifs contre l’islamophobie – © Arindam Banerjee – Shutterstock [1]

Dimanche dernier, Le Parisien publiait sans honte mais non sans se réjouir d’en avoir eu l’exclusivité un texte violemment islamophobe, signé par plus de 250 personnalités, dénonçant un prétendu “nouvel antisémitisme”. Entendre : “antisémitisme musulman”.

Répandre massivement l’islamophobie

Pour être plus précis, ce n’est pas Le Parisien mais Le Parisien-Aujourd’hui en France Dimanche qui a publié ce “manifeste”. Cette précision a toute son importance car :

1- ce type de tribune nauséabonde est très régulièrement publiée dans Le Figaro Vox, section lancée il y a quelques années par Le Figaro pour y accueillir ce qui se fait de pire en version policée chez les islamophobes médiatiques ou académiques. Mais voilà, les lecteurs du Figaro sont beaucoup moins nombreux que ceux du Parisien-Aujourd’hui en France, bien plus populaire, plus à droite et appartenant à des catégories socio-professionnelles plus modeste que le quotidien du vendeur d’armes Serge Dassault.
Ainsi publier ce texte dans l’édition du dimanche du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est s’assurer de distiller le venin islamophobe dans un lectorat bien plus large, géographiquement et socio-économiquement, que celui habituellement visé.

Lire – Pourquoi le Figaro est en guerre contre les musulmans [2]

2- On estime à environ 550 000 le nombre de juifs en France, dont à peu près la moitié en Ile-de-France et le reste dans des villes de province comme Strasbourg, Toulouse ou encore Villeurbanne, près de Lyon. Précisons ici que nous évoquons ce que les auteurs de La Condition juive (PUF, 2009) entendaient par “milieu social concret” et non les situations individuelles.
De fait, il est très probable que l’immense majorité des Français n’ont jamais vécu ou vu des juifs sinon à travers les médias et encore moins assisté à ces scènes de tous les jours, si banales, dans des quartiers de Paris par exemple, à Belleville, à Couronnes ou dans le 19e arrondissement, où l’on voit cohabiter sans le moindre souci juifs et musulmans, loubavitchs avec kippa ou chapeau noir et musulmans en qamis ou femmes portant le hijab.

Choisir Le Parisien-Aujourd’hui en France, c’est livrer une vision raciste et caricaturale à des lecteurs qui pour la plupart n’ont pas de point de comparaison avec leur propre quotidien. Difficile dans ces conditions pour eux de remettre en question un texte publié dans leur quotidien préféré, qui plus est signé par des personnalités de premier plan.

Est-ce à dire que l’antisémitisme est une chimère ? Non bien évidemment. Longue tradition française, il existe partout sur le territoire. Dans les banlieues… comme dans les centres-villes.

“Manifeste de la honte”

Dans un long texte, Marwan Muhammad, auteur, statisticien et ancien directeur général du Collectif contre l’islamophobie en France [3], démonte méthodiquement ce “manifeste de la honte”. Extrait.

“Ceux-là mêmes qui, au nom de l’universelle république, passent leur temps à accuser les associations antiracistes de tous les maux dès qu’elles s’attachent à lutter spécifiquement et efficacement contre la négrophobie, l’islamophobie ou la romaphobie, en prétextant leur rejet des modes d’organisations autonomes, sont soudainement libérés de leur cécité lorsqu’il s’agit de faire une analyse raciste et/ou religieuse des profils criminels… Car en fait et selon eux, les couleurs et les religions n’existent pas lorsqu’elles sont des choix d’appartenance consentis, mais deviennent opérantes lorsqu’elles sont des catégories d’assignation et de mise en cause. Soit précisément la construction socio-politique d’une appartenance problématique, que l’on nomme usuellement racisme.

Enfin, puisque l’éducation est répétition (même quand les cancres font semblant de ne pas entendre), il convient de rappeler pour la énième fois que l’islamophobie n’est pas la critique de l’islam en tant que religion ou idéologie (une critique dont chacun pourra juger de la rareté dans la France de 2018), mais rien de moins (ni de plus) qu’une forme de racisme contemporaine, visant des personnes à raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane et qui se traduit par des actes (qui tombent sous le coup de la loi, la religion étant un critère protégé) et des discours.”

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez sur le lien suivant : L’islamophobie ne sera jamais une réponse à l’antisémitisme [4].