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Appel au boycott des produits français sur les réseaux sociaux dans le monde arabe

La récupération populiste de l’attentat barbare qui a coûté la vie à Samuel Paty, enseignant dans un collège en région parisienne, par le président de la République et le gouvernement choque au-delà de la France.

Depuis quelques jours, les tweets appelant au boycott des produits français se multiplient. Les deux principaux hashtags sont : قاطعوا_البضائع_الفرنسية# et #قاطعوا_المنتجات_الفرنسية. Tous deux signifient « #boycottez_lesproduits_français ». Les consommateurs sont invités à boycotter plusieurs dizaines de marques françaises très présentes dans les pays arabo-musulmans, parmi lesquels Doux, Tefal, Dior, L’Oréal, Société générale, Carrefour, Orange, La Vache qui rit, Danone, Louis Vuitton, Chanel, Accor.

Cet appel au boycott pourrait prendre de l’ampleur à la faveur des décisions iniques et totalement démagogiques prises par Gérald Darmanin. Parce qu’un effroyable attentat est survenu vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur a décidé de dissoudre arbitrairement Barakacity, ONG humanitaire musulmane.

A l’instar de Manuel Valls après les attentats du 13 novembre 2015, il s’agit de faire accroire à l’opinion publique que l’on agit contre les terroristes alors même que l’on s’en prend à des musulmans, parce que musulmans. Cinq ans plus tard, le gouvernement français renoue avec les punitions collectives.

Barakacity n’a aucun lien avec l’attentat. Malgré tout, le ministère de l’Intérieur poursuit sa croisade selon le postulat qui fonde l’action de ce gouvernement et d’Emmanuel Macron : la France a été frappée par le terrorisme, alors il faut punir les musulmans.

Comble de l’iniquité et de la justice à deux vitesses, plus d’un mois après les révélations de Médiapart sur le rôle trouble et le soutien de l’ONG Sos Chrétiens d’Orient à des milices syriennes et des criminels de guerre, aucune réaction du ministère de l’Intérieur, ni du reste des l’ensemble des médias.

Lire – Les liaisons dangereuses de SOS Chrétiens d’Orient avec les milices d’Assad [2]

Ce matin, Vincent Brengarth, avocat associé au ténor du barreau parisien William Bourdon, annonce sur Twitter la saisine du Défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour contester cette décision arbitraire et purement politique.


Au-delà de la dérive autoritaire, ce sont quelque deux millions de bénéficiaires dans le monde, pour lesquels oeuvre Barakacity que ce gouvernement, qui perd pied, choisit de sanctionner. Du jour au lendemain, parce qu’un terroriste a effroyablement assassiné un enseignant, des enfants, des femmes, des hommes, des familles en grande précarité vont se retrouver dans une misère noire.