Ramadan 2021 – 1442 : la nuit du doute (plutôt) lundi 12 avril

Par Al-Kanz

La nuit du doute correspond au 29 du mois de chaabane.

olmf ramadan lune
©OLMF

Comme nous vous l’avons indiqué dimanche, nous voilà au mois de chaabane.

Lire – 1er chaabane 1442, huitième mois du calendrier musulman

29 chaabane et début de ramadan

Comme vous le savez, le calendrier musulman est associé à la vision du croissant lunaire. En fin de mois (lunaire, insistons), le 29 précisément, des comités s’attellent à scruter le ciel pour y voir – ou non – la lune, ce après le coucher du soleil ; d’où la référence, somme toute évidente, à la nuit.

Si le croissant lunaire est bel et bien vu, il annonce la fin du mois en cours et le début du mois suivant. En revanche, si les observateurs ne le voient pas, le mois en cours comptera un jour de plus, soit trente jours. Avant cette phase d’observation, c’est l’incertitude ; d’où la référence au doute.

La date du 29 chaabane a ceci de particulier qu’elle correspond à la nuit du doute durant laquelle se détermine le premier jour du mois de ramadan.

Dans un hadith notoire, le Prophète ﷺ dit, en substance : « Commencez le [mois de] jeûne en le [le croissant lunaire, NDLR] voyant et cessez le [mois de] jeûne en le voyant. Si [le croissant] demeure invisible, complétez trente jours dans le mois de chaabane. » (hadith rapporté par les imams Bukhârî et Muslim)

Un début de chaabane décalé

Toute l’année, les mois du calendrier musulman ne débutent pas nécessairement en même temps selon que l’on vit à Kuala Lumpur ou Alger, Zanzibar ou Buenos Aires, Vladivostok ou Isirhs. pas Toronto à Jakarta début de chaque mois musulman n’est jamais partout le même. Le mois de ramadan ne fait donc pas exception.

Faut-il s’en émouvoir ou pire encore s’offusquer au point de verser dans l’invective, la polémique et la calomnie, comme on le constate malheureusement régulièrement ? Assurément non. S’il y a quelque chose de grisant à débuter le jeûne à l’unisson, cela n’a jamais été un impératif. Ce qui importe, c’est que le mois de ramadan débute un même jour pour les musulmans d’un même pays, d’une même contrée ; pas que l’ensemble monde musulman commence à jeûner le même jour.

Cette année par exemple, il est fort probable qu’il y ait deux, voire trois dates différentes. Selon les pays, le 1er chaabane a en effet correspondu au :

  • 14 mars pour une poignée de pays, dont la Tunisie et l’Égypte,
  • 15 mars pour une majorité de en Grande-Bretagne, Soudan, Afrique du Sud, Indonésie, Nigéria, Algérie, Emirats arabes unis, Arabie saoudite etc.
  • 16 mars au Bangladesh, au Pakistan ou encore sur l’Ile de la Réunion.

De fait, le 29 chaabane, date de la nuit du doute, diffèrera :

  • Pour le premier groupe de pays, il correspondra au 11 avril,
  • pour le deuxième au 12 avril,
  • pour le dernier au 16.

Ce qui porte le premier jour de ramadan à :

  • lundi 12 ou mardi 13 pour les pays ayant débuté chaabane le 14 mars,
  • mardi 13 ou mercredi 14 pour le deuxième groupe majoritaire ayant débuté chaabane le 15 mars,
  • mercredi 14 ou jeudi 16 pour le troisième groupe ayant débuté chaabane le 16 mars.

Quid de la France ?

Pour le Conseil français du culte musulman (CFCM), le calendrier musulman n’est pas un sujet. Il n’existe pas. Il n’y a pas de calendrier musulman, il n’y a que les dates de la nuit du doute, du premier ramadan et des deux aïds.

Cette instance censée représenter les musulmans annoncera par communiqué de presse la date de la nuit du doute. Puis le jour J, quelques-uns de ses membres se réuniront à la mosquée de Paris en laissant croire aux musulmans qu’ils observent le ciel, alors qu’ils attendront la décision de… l’Arabie saoudite.

Ne nous méprenons pas : se fier aux résultats d’observation d’un pays tiers est admis. On regrettera toutefois que les musulmans de France ne se prennent toujours pas en charge. Car en l’espèce il s’agit moins d’une position religieuse que d’un choix non sans arrière-pensée, avec en filigrane la volonté du CFCM de jeter aux oubliettes le calendrier musulman basé sur la vision ; d’où sont refus catégorique de s’associer avec l’Observatoire lunaire des musulmans de France, qui tous les mois, depuis ses cinq sites d’observation dans l’Hexagone, scrute le ciel à la recherche du croissant de lune.



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