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Imsak ou pas imsak dans un calendrier ramadan ?

Imsak
© Shutterstock [1]

Ramadan [2]. Comme chaque année, vous êtes nombreux à consulter ou à télécharger le calendrier de ramadan [3], et donc des horaires de prière [4] durant ce mois béni.

Lire – Calendrier ramadan : téléchargez gratuitement celui de votre ville [3]

Rappelons à toutes fins utiles que la journée de jeûne débute avec la première prière (subh) et se termine avec la quatrième prière quotidienne obligatoire (maghrib). Le calendrier ramadan n’est autre qu’un calendrier qui répertorie les horaires des cinq prières de la journée des 29 ou 30 jours que compte le mois béni.

A un détail près : de très nombreux calendriers comportent une colonne de plus, celle de l’imsak. Or, chaque année, d’aucuns s’interrogent sur son sens, voire sa pertinence.

Ce qu’est l’imsak

« Imsak » a le sens de « s’abstenir », de « cesser une action ». Ce terme apparaît dans la première colonne des calendriers qui l’indique, juste avant la colonne subh ou fajr (qui correspond à la prière de l’aube, première prière de la journée).

Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de ne pouvoir trouver cette colonne dans certains calendriers dédiés au mois de ramadan. A tort. L’imsak n’est en fait qu’une indication dont la seule et unique vocation est d’éviter que le jeûneur ne dépasse la limite autorisée, à savoir l’heure de la prière du subh.

Cesser de manger par sécurité

Autrement dit, l’imsak est une sécurité qui permet à chacun de ne pas étendre son suhur (repas matinal d’avant l’aube) jusqu’après l’heure légale, ce qui invaliderait de facto le jeûne. On peut donc manger jusqu’à l’heure de la prière, et préférer ne pas s’arrêter à l’imsak.

Sur son site Internet, Muslim.fr, la Page de l’islam [5] cheikh Mouhammad Patel résume les positions des savants sur le sujet. Extraits (pour les citations du Coran et les hadiths, consultez directement sur l’article).

« Il y a eu plusieurs avis qui ont été émis concernant cette notion d’imsâk, certains considérant que celle ne pose aucun problème, d’autres affirmant que le respect de celle-ci va même dans le sens de la Sounnah (enseignement prophétique) et d’autres encore soutenant, au contraire, qu’il s’agit là d’une innovation religieuse :
[…]
il est tout à fait permis de continuer à manger et à boire après le moment déterminé pour l’imsâk, et ce, tant qu’on n’a pas la certitude que l’heure du soubh ous sâdiq (aube) est arrivée.
[…]
il est aussi permis de s’arrêter de manger et de boire alors qu’on est certain que l’aube n’a pas encore fait son apparition (à l’heure de l’imsâk qui est indiquée sur les calendriers par exemple), pour peu qu’on ne pense pas qu’il s’agisse là d’un devoir religieux.
– ce qui a été sévèrement condamné (et qui a même pu être qualifié d’innovation religieuse blâmable (bid’ah)) par certains savants (comme Ibn Hadjar (rahimahoullâh) parmi les oulémas du passé ou Al ‘Outheïmin (rahimahoullâh) et Al Qaradâwi parmi les contemporains), c’est de considérer qu’il est impératif et que c’est un devoir religieux que de s’arrêter de manger avant que l’aube ne fasse son apparition.

Pour résumer, il n’y a donc pas de mal à s’arrêter de manger ou de boire à l’heure de l’imsâk pour peu qu’on soit conscient qu’il ne s’agit là que d’une marge de précaution et que l’obligation de jeûner ne débute qu’avec l’apparition de l’aube. »

Source : La Page de l’islam [6]