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Ramadan 2022 – 1443 : la nuit du doute, (plutôt) vendredi 1er avril

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Ramadan 2022 – 1443. Le mois de chaabane, huitième mois du calendrier musulman, a débuté vendredi 4 mars dans certains pays, samedi 5, dans d’autres. Nous sommes donc aujourd’hui le 24 chaabane pour les uns, le 25 pour les autres.

Lire – 1er chaabane 1443, huitième mois du calendrier musulman

29 chaabane, nuit du doute et début de ramadan

Comme chacun le sait, le calendrier musulman est associé à la vision du croissant lunaire. En fin de mois (lunaire, insistons), le 29 précisément, des comités s’attellent à scruter le ciel pour tenter de voir la lune, ce après le coucher du soleil ; d’où la référence, somme toute évidente, à la nuit.

Si le croissant lunaire est bel et bien vu, il annonce la fin du mois en cours et le début du mois suivant. En revanche, si les observateurs ne le voient pas, le mois en cours comptera un jour de plus, soit trente jours. Avant cette phase d’observation, c’est l’incertitude ; d’où la référence au doute.

La date du 29 chaabane a ceci de particulier qu’elle correspond à la nuit du doute durant laquelle se détermine le premier jour du mois de ramadan.

Dans un hadith notoire, le Prophète ﷺ dit, en substance : « Commencez le [mois de] jeûne en le [le croissant lunaire, NDLR] voyant et cessez le [mois de] jeûne en le voyant. Si [le croissant] demeure invisible, complétez trente jours dans le mois de chaabane. » (hadith rapporté par les imams Bukhârî et Muslim)

Un début de chaabane décalé

Toute l’année, les mois du calendrier musulman ne débutent pas nécessairement en même temps selon que l’on vit à Kuala Lumpur ou à Alger, à Zanzibar ou à Buenos Aires, à Vladivostok ou à Isirhs. De Toronto à Jakarta, le début de chaque mois musulman n’est jamais le même à travers le monde. Le mois de ramadan ne fait pas exception.

Faut-il s’émouvoir ou pire encore s’offusquer au point de verser dans l’invective, la polémique et la calomnie, comme on le constate malheureusement régulièrement, lorsque les dates de début de ramadan diffèrent d’un pays à l’autre ? Assurément non. S’il y a quelque chose de grisant à commencer le jeûne à l’unisson, cela n’a jamais été un impératif. Ce qui importe, c’est que le mois de ramadan débute un même jour pour les musulmans d’un même pays, d’une même contrée ; non pas que l’ensemble monde musulman commence à jeûner le même jour.

Cette année par exemple, il est probable qu’il y ait deux dates différentes. Selon les pays, le 1er chaabane a en effet correspondu au :

  • 4 mars pour les pays suivants : la Tunisie, l’Égypte, la Mauritanie, le Soudan, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Canada, le Maroc, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite
  • 5 mars pour ces autres pays : l’Inde, le Pakistan, le Japon, l’Indonésie, la Nouvelle-Zélande, le Sri Lanka, l’Australie ou encore sur l’Ile de la Réunion.

De fait, le 29 chaabane, date de la nuit du doute, diffèrera :

  • Pour le premier groupe de pays, il correspondra au 1er avril,
  • pour le second au 2 avril.

Ce qui porte le premier jour de ramadan à :

  • samedi 2 ou dimanche 3 avril pour les pays ayant débuté chaabane le 4 mars,
  • dimanche 3 ou lundi 4 pour le second groupe ayant débuté chaabane le 5 mars.

Quid de la France ?

Pour le Conseil français du culte musulman (CFCM), le calendrier musulman n’est pas un sujet ; pas plus que pour ses fédérations dissidentes, emmenées par la mosquée de Paris. Il n’existe pas. Il n’y a pas de calendrier musulman, il n’y a que les dates de la nuit du doute, du premier ramadan et des deux aïds.

Ces instances censées représenter les musulmans ont annoncé très tôt par communiqués les dates de début de fin du ramadan, jetant aux oubliettes le calendrier musulman basé sur la vision sans avoir préalablement a minima engagé une consultation avec les musulmans eux-mêmes, qui ont le sait sont très attachés à la tradition et la position ultramajoritaire dudit recours à la vision.

Ces postures autoritaires, toutes à la fois motivées par des raisons politiques et scientistes, ne rassemblent pas les musulmans, elles les divisent. Il existe pourtant une solution à portée de mains : depuis 2014, l’Observatoire lunaire des musulmans de France (OLMF) s’attache tous les mois à observer le ciel et à livrer les résultats de ses observations.

Il suffirait que le CFCM revienne sur son refus d’oeuvrer avec l’OLMF et toute l’année décrète sur la base de l’observation de la lune la date de chaque mois du calendrier musulman. Le Conseil français du culte musulman pourrait enfin se targuer d’avoir été utile aux communautés musulmanes.

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