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Misère de l’édition islamique

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Edition. L’édition islamique en France est malade. Malade de ces éditeurs et de ces libraires. Pauvreté des contenus, défaut de professionnalisme, ignorance du métier du livre, mercantilisme, sont autant de problèmes qui grèvent l’essor d’une littérature islamique de qualité.

Certes, et ce n’est que justice et justesse de le préciser, tous les éditeurs et tous les libraires ne sont pas des épiciers du livre, qu’Allah en soit remercié. Cela étant, cette réalité est celle de très nombreuses maisons d’édition et de librairies.

Qui a eu l’occasion de travailler avec des éditeurs ou qui a tenté de proposer ses livres aux libraires – qui souvent sont aussi éditeurs, tout au moins à Couronnes, lieu du livre islamique à Paris – sait ô combien le secteur est sclérosé par des pratiques indignes de l’objectif affiché : la da’wah. Marwan Muhammad, qui vient de publier Foul Express, raconte sa petite expérience.

Ce qui est bien quand on écrit sur la vie réelle, c’est qu’on a toujours une source d’inspiration: par définition, plus on fait de choses, plus il nous arrive de trucs. Ensuite, la probabilité que l’un de ces trucs vaille la peine d’être raconté varie : il peut se passer quelque chose d’incroyable et que cette seule caractéristique suscite l’envie de le dire. Il se peut également qu’il ne se passe rien, mais qu’on trouve une inspiration toute particulière à le raconter. Plus on a de choses à dire, moins on a de temps pour les exprimer. Ce qui fait qu’il y a un conflit naturel entre ce qui nous arrive et notre capacité à en rendre compte.

L’ennui a toujours été une terreur pour moi. Ça explique beaucoup de chose dans mon emploi du temps, à commencer par samedi dernier…

Samedi dernier donc, le 20 septembre, je me suis dit que j’allais faire le tour des librairies pour faire la promotion de Foul Express. D’habitude, les maisons d’édition ont des responsables commerciaux et des distributeurs pour se charger de ça, mais comme je n’ai ni l’un, ni l’autre, je me suis dit que c’était une bonne chose de le faire moi-même et une bonne façon de confronter mes idées sur l’édition et les livres à la réalité du terrain.

J’ai beaucoup appris. Y compris des choses que j’aurais préféré ignorer.

Comme je l’expliquais dans un article précédent, mon livre Foul Express est un ouvrage difficile à présenter, d’abord parce qu’il n’a pas de catégorie naturelle : il est à mi-chemin entre une critique de la finance, une étude sociologique et un roman-témoignage. Ensuite le titre n’est pas explicite : « Foul Express » ça ne veut rien dire pour quelqu’un qui n’a pas suivi le blog où les premiers chapitres étaient consignés. Enfin, l’appartenance explicite à l’Islam de l’auteur (moi) fait qu’il y a toute une série de préjugés qui règne autour du livre et qui rendent difficile la présentation du livre dans des librairies conventionnelles sans une campagne de promo suffisante.

Pour cette raison, les premiers points de vente que j’ai visés sont des librairies musulmanes. Je qualifie de « musulmane » sans grande conviction les boutiques qui vendent des livres traitant de l’Islam ou écrits par des auteurs apparentés à l’Islam.

La Librairie du Monde Arabe, la première où je me suis présenté, est l’une de ces belles boutiques qui sentent les livres. Le gérant m’a reçu chaleureusement au milieu de piles de bouquins de toutes sortes, écrits en arabe ou en français, imprimés à Damas, Le Caire, Beyrouth, Madrid ou Nantes J’ai donc présenté le livre le plus fidèlement possible. J’ai expliqué au libraire ce qui m’a poussé à l’écrire, la ligne directrice, le style, les thèmes abordés. Beaucoup de questions ont suivi. Une discussion riche et intéressante. On sentait bien que le libraire aimait les livres à la façon dont il en parlait. C’était important pour moi de pouvoir comprendre ce qui fait le métier du libraire.

La suite de la journée était moins glorieuse, non pas en termes de résultat des ventes, puisque sur 9 librairies visitées ce samedi-là, 7 ont accepté d’être des points de vente pour Foul Express, mais dans l’interaction avec les libraires eux-mêmes, ou plutôt devrais-je les nommer « vendeurs ».

Le livre est un objet parmi d’autres dans leurs magasins : parfums, foulards, vêtements, jouets en plastiques made in China, horloges avec horaires de prière intégrés, etc. Ce sont de véritables bazars auxquels on a affaire et le livre ne semble ici être qu’un argument de vente supplémentaire, comme une caution déculpabilisante d’une pulsion de consommation effrénée. Les vendeurs ne savent pas ce que contiennent les livres qu’ils vendent. Si on leur demande conseil, il est difficile de savoir s’ils nous orientent vers le livre sur lequel ils touchent la meilleure marge ou sur celui qui leur paraît, d’après la couverture et le titre, le plus accrocheur. Sur la vingtaine de boutiques du quartier, le résultat est une distribution hétérogène de librairies avec des variations dans le professionnalisme, la sympathie des vendeurs, la cohérence des rayonnages, la situation géographique, etc. En somme une série de paramètres simples qui font que dans le même pâté de maison qui va du boulevard de Belleville à la rue Jean Pierre Timbaud, si on cherche à acheter un livre, on risque de vivre et de trouver tout et son contraire.

Morceaux choisis :

Je précise que je me présentais aux libraires sans dire spontanément que je suis l’auteur de Foul Express, donc il me prenaient la plupart du temps pour un vendeur délégué sur Paris par les Editions Sentinelles nouvellement créées.

Librairie Tawhid, sur le boulevard de Belleville

– Je viens présenter un ouvrage qui vient de sortir. Est ce que vous auriez un moment pour que je puisse vous en parler ?
– Ah là c’est pas le moment, il faut repasser quelques jours après l’aïd ou prendre rendez vous.
– Très bien. Bonne journée et à bientôt insha Allah.

Sans insister une seule seconde, je laisse un exemplaire pour lecture et ma carte de visite, salue les libraires et sors du magasin. Quelques mètres plus tard (le temps de lire la carte de visite ?), l’un des vendeurs me court après sur le trottoir :

– Marwaaaaaaan !! S’il te plait reviens le libraire voudrait que tu lui parles du livre.

C’est bien qu’il ait pu se libérer…

Librairie Al Azhar, sur Jean-Pierre-Timbaud

De prime abord, on pourrait se dire que c’est un peu prétentieux d’utiliser le nom de la prestigieuse université du Caire pour une librairie-bazar mais soit. Je suis là pour présenter le livre donc je m’y colle. Après mon monologue minuté, le patron accepte de prendre le livre en dépôt. Après avoir fini ma tournée, je reviens pour lui livrer les livres. Les marges des libraires, c’est 50 % quand ils achètent le livre et autour de 33 % quand ils le prennent en dépôt. Fnac achète avec 40 % de remise et droit de retour (ce qui revient à un dépôt déguisé).

Logiquement, en revenant à la librairie Al Azhar, je pré-remplis le bon de dépôt avec 33 % de marge pour le libraire. Le libraire me prend un petit peu à l’écart des clients :

– Il y a une erreur sur le bon de dépôt. La marge pour nous c’est 50 % et non 33 %.
– Je croyais que tu voulais le livre en dépôt, c’est pour ça que j’ai mis 33 %.
– Oui on prend le livre en dépôt, mais on veut 50 % de marge.
– Est-ce que tu peux m’expliquer pourquoi tous les libraires du quartier prendraient 33 % et toi 50 % ? Est ce qu’il y a quelque chose de spécial ici que les autres n’ont pas ?

Là, il me demande de le suivre dans un des rayons et me montre un livre poussiéreux tout en bas du présentoir. La couverture est bâclée, la qualité d’impression mauvaise, le sujet totalement dépassé. Puis il me dit :

– Tu vois, lui il me donne 50 %. Et c’est un Français…

Bon, je m’attendais à plein de trucs en me réveillant ce matin, mais cet épisode ne figurait pas dans la liste. Le marchand sous-entend que moi, misérable Arabe comme lui, je devrais lui concéder une plus juteuse remise que les Français (de souche, bah oui parce que nous on le sera jamais complètement). Ça donne une idée du respect dans lequel il se tient lui-même ainsi que ses semblables. Ma réponse :

– Ecoute mon frère : ni je te le vends, ni je te le laisse en dépôt. Et bonne journéééée…

Là-dessus je sors du bazar, plein d’idées en tête. Inutile de dire que je n’achèterai plus mes livres sans me poser la question de « qui me les vends ? », « comment ? », « combien ? » et « pourquoi ? ».

Cette journée m’a appris plein de choses :

1) la qualité d’un livre n’est qu’un facteur parmi tant d’autres dans l’explication des ventes

2) la décision d’achat des consommateurs de livres a une part irrationnelle qu’il faut accepter

3) il est plus facile de vendre deux livres de 100 pages à 10 euros chacun qu’un livre de 250 à 15 euros

4) beaucoup de libraires ne lisent pas les livres qu’ils vendent

5) mieux vaut prendre une certaine distance vis-à-vis des livres qu’on écrit, sinon on risque de prendre de manière très personnelle les critiques déplacées

6) les ventes sont un indicateur biaisé du succès d’un livre. D’abord parce que la qualité perçue d’un ouvrage devrait être mesurée après sa lecture et pas avant. Ensuite parce que tant de facteurs participent à la vente d’un livre, bien au-delà de son contenu (cf point 1) : la stratégie de vente, la notoriété, le placement en boutiques, l’atmosphère générale, les couleurs de la couverture, etc…

7) on peut être libraire et réaliser l’essentiel de son chiffre d’affaires en vendant babouches et foulards colorés.

Le samedi suivant (le 26 septembre 2009), c’est ma deuxième journée de présentation du livre dans les librairies. Sonia, qui fait partie de l’équipe Foul Express, m’a préparé un listing de librairies alternatives, soit de gauche, soit ayant un parti pris pour les petites maisons d’édition.

Cette fois l’expérience est complètement différente. Plutôt que d’avoir à composer avec le mercantilisme des bazar-librairies de Couronnes, je dois lever les préjugés que beaucoup de libraires traditionnels ont sur les auteurs qui s’apparentent, de près ou de loin, à l’Islam.

Je commence en fin de matinée par l’espace Ishtar (Paris 5e), qui pour l’instant est la librairie qui ressemble le plus à Foul Express : à mi chemin entre le monde Arabe et l’Occident, des ouvrages sur l’Islam et une pensée alternative sur des sujets de société. Sur les étals, on trouve des livres sur l’Amérique du Sud, des contes arabes anciens et le Pouvoir Noir, de Malcolm X.

La libraire qui me reçoit est très intéressée par le livre. Chaleureuse, passionnée par ce qu’elle fait. Elle est convaincue par le livre et en prend quelques copies en dépôt (et commence par en prendre un exemplaire pour sa collection perso). Ca fait plaisir.

Dans les librairies qui suivent, voila le dilemme : comment présenter le livre en tenant compte de la ligne éditoriale des libraires, sans les froisser dans les idées qu’ils ont à priori sur le livre.

3 boutiques plus tard, je rentre dans la librairie « La Plume Vagabonde » (17 rue de la Fontaine au Roi, Paris 11e). Avec le son ça donne :

Marwan souriant
– Bonjour, je viens pour présenter un ouvrage si vous avez un petit moment…

Libraire condescendant
– Il faut prendre rendez vous. C’est comme ça qu’on fait normalement. Les libraires ne vous l’ont pas dit ?

Il est utile de préciser que la boutique est vide.

Marwan faux naïf
– En fait, ceux qui n’avaient pas de clients à servir et qui s’intéressent à ce que les jeunes auteurs ont à proposer ont pris le temps de me recevoir. Mais je comprends que vous soyez occupé…

Libraire piqué
– C’est un roman ? […]

C’est bon coco, redescends, ta librairie c’est pas la terre promise non plus…

Pour la dernière visite de la journée, je vais à Quilombo, une librairie bien à gauche qui se
veut alternative. On discute un long moment. C’est une librairie associative où 5 personnes
travaillent (dont deux payées à mi temps). Comme avec la plupart des libraires que j’ai
rencontrés ce jour là, ça se passe très bien mais je note un petit point de bloquage autour de l’Islam :

Les gens trouvent passionnant l’idée de quelqu’un qui explique le fonctionnement de la
finance vue de l’intérieur. Ils sont charmés par l’idée du jeune Arabe qui s’en sort envers et contre tout puis qui questionne rétrospectivement son parcours. Par contre, ils ont beaucoup de mal à entendre le fait qu’il ait fait tout ça en ayant une référence forte à l’Islam.

Si je dis : « je me bats au nom des valeurs universelles, de l’humanisme, etc. », pas de problème.

Par contre, si je dis : « je fais tout ça parce que je suis Musulman et que ma religion me commande une certaine morale et une certaine éthique », les gens ont du mal à comprendre.

Marrant, cette capacité à entendre l’autre tant qu’il vient confirmer les idées qu’on a déjà (c’est justement dans la partie 2 du chapitre 20 de Foul Express).

C’était 24 heures dans la vie d’un vendeur de livres.Tous les auteurs devraient passer une journée comme celle-ci pour comprendre à qui ils parlent, comment leurs idées sont perçues et surtout comment leurs idées sont vendues. C’est comme un rappel à la réalité qui casse les mythes qu’on peut avoir autour des livres, de ceux qui les écrivent et de ceux qui en vivent.

Crédit photo : Flickr – Maymona

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19 Commentaires

  1. Reelement il sagit de « misere », aucune integrité intelectuelle, toujours à la recherche d editons plus rentable plus mercantil. Des traductions d ouvrages authentifies par cheikh albani, annoté par par tel ou tel cheikh quand bien meme les eminents savants mort ou vivant n aient produit ou annote quoi que se soit Cependnat ca booste les vente! la vie des prophetes ibn kathir authentifie par albani…nobles caracteres annote eminence utheimine? la liste est tres longue et pitoyable
    Sagissant des ouvrage en arabes, dans les classiques, les references, de plus en plus d editions d egypte bas de gamme,( il y en a de tres bien soit dit en passant ..) chevauche les editions serieuse.
    Des emplyes sous payes, etudiants arabophone pour beaucoups n ont ni la pretention ni la volonte d exigences pour conseiler aiguiller les chalands. Cependant reste des libraires impliques et soucieux de la qualites des ouvrages, des sujets plus varies et d actualite, a linstar des regles du mariage, le monde des djins rokya interpretation des reves…

  2. Salam Aleykoum,

    Je suis triste après la lecture de votre article. Je m’apprête à ouvrir une librairie, car depuis mon déménagement je ne trouve pas de librairie musulmane dans ma région. C’est pour moi un véritable manque et les achats par internet ne me satisfont pas.
    Cela me choque de lire « épicerie ». Ce que j’ai compris, ou ce que les gens disent, c’est que la lecture attire de moins en moins, donc pour attirer les musulmans, nous sommes obligés de vendre des foulards et autres djellaba. Ainsi, le client sera inshaAllah attiré par les livres proposés. Apparemment, les livres « seuls » font peur. Mon objectif est de redonner le goût de la lecture et aussi d’aller au contact des gens, mais cela ne veut pas dire que je dois m’interdire la vente de jouets éducatifs. Si? Votre avis m’intéresse.
    Salam

  3. Un détail oublié: Je prends le soin de lire chaque livre proposé en rayon, et de connaître l’objectif de la personne avant de lui conseiller une oeuvre. Je ne me sens pas concernée par les critiques de l’article, mais choquée à l’idée que de telles pratiques existent.
    Salam

  4. salaam alaikum

    Zam, il ne faut pas que mon article te décourage si tu penses que ton projet est viable. Ta façon de t’exprimer montre que tu es dans une démarche qui t’honore. Je n’ai pas de problème avec le fait qu’une librairie vende des jouets ou quelques vêtements comme produits d’appel aux consommateurs sous-éduqués au monde des livres (dont je fais partie).

    Par contre, ce que j’exprime, c’est ce que j’ai ressenti en tant qu’auteur et apprenti-éditeur en voyant qu’au fond, dans certaines librairies, ce que mon livre raconte, on s’en fiche complètement. Aussi, même après avoir écrit un livre sur la façon dont l’argent pourri le monde, il me restait quand même quelques illusions. J’avoue que ce que j’ai vu derrière les « salaam alaikum », les « masha Allah » et les « insha Allah » m’a parfois fait très mal au coeur. Peut être qu’on idéalise trop ces espaces à la couleur islamique, alors qu’au fond, ils sont d’abord des objets économiques.

    Quant à considérer que « les livres font peur aux Musulmans » (j’imagine que ce n’est pas votre opinion), je ne sais pas dans quelle mesure c’est vrai. Ce que je sais, par contre, c’est que si on a pas des auteurs, des libraires et des éditeurs capables de nous faire aimer les livres et la lecture, on prend un ticket pour une génération de plus exclue du savoir utile à forger nos connaissances, construire notre imaginaire, changer notre monde.

    Sur l’article, je voulais préciser qu’à mon sens, il ne faut pas « boycotter » de manière absolue telle ou telle librairie mais jouer notre rôle de consommateurs conscients en exprimant notre mécontentement quand c’est justifié, en demandant aux libraires de faire leur boulot et en leur montrant ce qui nous plait/déplait. Ce qu’on veut, au fond, c’est que ce métier change, pas qu’il disparaisse.

    wassalaam alaikum

  5. as-salâmu ‘alaykum

    Marwan, je serai plus sceptique que toi concernant le métier de libraire. La production actuelle n’est pas assez, globalement, de qualité pour permettre à un libraire de gagner sa vie décemment (décemment, pour moi, c’est avoir de quoi se nourrir, payer le loyer, etc.). Sauf à faire des coupes sombres dans les rayons et à trouver un modèle économique.

    Cela dit, les libraires ne sont pas non plus les seuls à blâmer. Qui s’est donc soucié de ce problème jusque-là ? Qui a essayé de faire changer les choses ? Qui a fait nassihah aux libraires ? aux lecteurs ? On est là dans un problème général : les musulmans dorment, mais ne se réveillent au coup par coup, notamment quand ils sont personnellement touchés. On voit ça par exemple lors du hajj. Personne ne se bouge, puis t’as d’un coup des mails de personnes qui se sont faites arnaquer. Ca gesticule dans tous les sens, puis hop une fois que le problème est résolu, t’as plus personne.

    Il faudrait révolutionner le monde de l’édition en le repensant sous une forme rendant impossible le lucratif.

  6. Là, je vous suis Marwan. Mon objectif est véritablement de sensibiliser les gens afin qu’ils prennent conscience que leur destin est leur responsabilité. Il y a beaucoup de thèmes importants dont on parle souvent ici: le halal, mais aussi l’éducation, l’instruction, la vie au sein de la société…
    S’il-vous-plaît Al-Kanz, soyez plus nuancés, ne mettons pas les musulmans dans des cases et ne divisons pas, biidnillah. Disosns plutôt « certains libraires », « certains musulmans » car tous ne dorment pas, et tous ne sont pas à blâmer.
    Je vais sur votre site Marwan.
    Essayons de voir le positif derrière chaque chose qui se présente à nous. Si une personne a un mauvais comportement, mais que cela réveille les consciences de 10 personnes, alors AlHamdulillah.
    Salam

  7. Zam, relisez l’article, la nuance est là. Mais même avec cette nuance, la réalité est que les libraires ne peuvent vendre que ce que les éditeurs leur proposent. Et là, il y a beaucoup de choses à dire, et à déplorer.

  8. Je parlais juste de votre message précédent.
    Quelles choses sont à déplorer selon vous par rapport aux éditions, sans compter les éléments présents dans l’article?
    Peut-être pourrai-je participer à l’évolution?

  9. Si je peux me permettre de rajouter un élément sur l’écriture (et l’édition): mon avis est que ce malaise est aussi caractéristique de la société française. Le musulman français (quelque soit ses origines, si origines il y a) baigne dans une culture à tendance conservatrice. Cela se retrouve aussi bien dans le problème de la viande halal, qui n’a de halal que le nom et qui peine à évoluer; que dans le thème de ses lectures. Nos frères anglo-saxons nous dépassent de loin sur de nombreux sujets. Je parle en connaissance de cause car je suis également dans la traduction, et en contact avec des auteurs Américains. La différence de mentalité est flagrante. Inspirons-nous et éduquons-nous biidnillah..

  10. Assalam Alaikoum,

    Dans le domaine de l’édition, connaissez-vous et que pensez vous de la démarche d’Abderraouf BenHalima qui est auteur et lui même éditeur avec les éditions du Figuier ?
    Les livres de son catalogue semblent être vendus à des prix abordables …

  11. Salam aleykoum

    Vous semblez oublier:

    Tawhid

    Maison d’Ennour

    Universel

    Assia

    Iqra

    Almadina (belge?)

    Al bouraq

    etc etc..

    Autant de maison d’éditions sérieuses, toutes tendances confondues…

    Wa salam

  12. AbdelHak, ce n’est pas un oubli et je ne vois pas en quoi ces maisons sont sérieuses ? Une des rares maisons d’éditions sérieuses est Al Qalam si on excepte l’ancienne Sindbad (reprise par Actes Sud).
    Mais bon ce sont des maisons d’édition qui proposent des livres aux alentours de 20€ et là se pose le problème de payer les choses à leurs justes valeurs.

    Sinon comme al Kanz, je suis sceptique sur le métier de libraire « islamique » tel qu’il se pratique de nos jours. Parce que quand on voit se cotoyer dans une même librairie un guide pour le hajj et un guide de rituel paien (ou comment vénérer la tombe d’Ahmadou Bamba), on peut sérieusement se poser la question. Au moins à la fnac on sait à qui on a à faire. Mais encore une fois, question de responsabilité et de responsabilisation.

    wa alaykum as salam.

  13. Salam Aleykoum,

    Bismillahi Rahmani Rahim;

    Là c’est trop! enfin voyons mes frères et soeurs, quel est le but de tout cela? Dieu ne change une société que lorsque chacun s’est changé (et non lorsque chacun a dénoncé son voisin). A quoi bon avoir de tels propos médisants, voire calomnieux sur des maisons d’édition et librairies sans même connaître le coeur et l’intention réelle des personnes. A quoi bon dénoncer publiquement alors que beaucoup agissent discrètement (et je sais de quoi je parle). Si chacun tire vers le haut dans sa famille, son quartier, sa ville, alors les musulmans iront de l’avant. Ne critiquons pas le livre à 20€, mais espérons et agissons pour que tous les musulmans puissent s’offrir les oeuvres utiles même à 100€. Où est le problème? L’argent? La valeur? mais qui juge de la vraie valeur, si ce n’est Celui qui est au dessus de tout cela? Comme je l’ai dit plus haut, mon ambition est d’agir à mon niveau, redonner le goût de « iqra », Dieu ne nous a pas interdit de lire des livres païens car sans la connaissance de l’autre, tu ne peux avancer réellement; « Allez chercher le savoir, même jusqu’en chine ». cessons la médisance cachée et agissons concrètement, biidnillah.

  14. as-salâmu ‘alaykum

    Personnellement, j’ai lu très très peu de critiques sur les libraires et les éditions. C’est rarissime. Je ne suis pas certain qu’en l’état ce soit un service qu’on leur rend. Cela dit, ne pas être satisfait et le dire n’est pas incompatible avec conseiller et agir.

  15. Vous savez, je n’essaie de me rapporter qu’à l’amour de Dieu et à l’exemple de notre prophète (PBSL) . Mais, l’erreur est humaine.
    Fraternellement

  16. Je ne critique pas les livres à 20€ surtout lorsqu’ils les valent. Bien au contraire. La qualité a un prix.
    Je ne critique pas la lecture des livres paiens mais le fait de ne pas les étiquetter comme tels. Mais avant de connaitre l’autre et sa religion, il faudrait commencer pas se connaitre et connaitre l’islâm.
    Quant à prendre l’excuse de la médisance cachée pour justifier la position de l’autruche, la tête bien enfoncée dans le sable; ce n’est pas ma religion. On en revient à connaitre sa religion. La critique des comportements blâmables n’est pas médisance, c’est un devoir essentiel pour l’équilibre d’une société. Je ne parle pas de prendre un cape de super-héros et faire du bruit pour rien mais bien de dénoncer le munkar quand celui ci ne se cache même plus.

    wa alaykum as salam.

  17. Salam alaykoum

    est il encore encore possible d’ouvrir à nouveau le débat…si c’est encore le cas j’aimerais savoir quels conseils vous donneriez à un libraire et/ou un éditeur, si celui ci était sincèrement disposé à prendre en considération les remarques qui lui seront faites.
    Surtout n’hésitez pas vous avez la parole ?

  18. Salam Aleykoum Abdelmadjid,

    BarakaAllahoufik pour la relance. Al kanz semblait avoir des idées mais il ne les a pas développées au final.
    En ce qui me concerne, pour la librairie, je pense que l’ouverture aux néo-convertis ou non confirmés est très importante. La lecture et la connaissance des oeuvres que nous proposons sont indispensables. Etre ouvert!
    A suivre…

  19. Salam Aleykoum,

    Là, Al-Kanz, je vous dis Bravo et vous envoie un gigantesque BarakAllahoufik. J’avais l’idée d’emprunts de livres, et vous venez de m’offrir une autre belle idée avec les livres d’occasion.
    Que Dieu nous aide à réaliser nos rêves et les vôtres.
    Belle journée à vous,

    Salam

    • Salam,
      Zam je souhaiterai savoir si tu as lancé ton projet, i ça a abouti ? j’espère que tu consulteras ce message 3 ans après!
      Autrement, j’ai le souhait de faire comme toi avec le même soucis et en faisant des recherches sur internet voila que je tombe sur ton projet ( identique à je souhaite faire)

      Merci beaucoup de vos conseils à tous.

      salam

      • As salamu ‘alaykum wa rahmatUllahi wa barakatu.

        Voilà je viens de lire cet article et les commentaires qui vont avec (j’ai pas encore lu les liens, ndr) et je voudrais également faire par de mes intentions en la matière.

        Avant cela, je tiens à me présenter, je m’appelle Gaël de naissance et je suis converti depuis plusieurs années. Pour l’heure (fin 2013) je suis étudiant en BTS Assistance Technique d’Ingénieur et je me rend compte que l’industrie et le métier d’ingénieur n’est peut-être pas ma voie car je n’aime pas la bureaucratie, ses procédures, ses contraintes, j’ai besoin de liberté, d’entreprendre, d’apprendre et de prier à l’heure sans avoir à rendre de compte ou à justifier le fait que je ne mange pas le midi quand c’est la pleine lune ^^. Je veux aussi faire un métier qui s’exporte pour quand j’émigrerais.

        Je suis donc intéressé par l’idée de devenir libraire, éditeur ou diverses fondations d’intérêt pour la ‘umma.

      • … à vrai dire j’ai même un projet qui pourrais concerner Al-Kanz et ses semblables mais pour l’instant je suis encore en train d’hésiter car je pourrais tout aussi bien devenir conseiller en écologie, technicien des réseaux électriques, entrepreneur dans le halal, agent immobilier ou autres. Mon soucis est en fait de trouver un marché à entreprendre ou je peux lier mes idées tout en restant dans la prolongation de mon cursus, en préparant ma vie d’après. Tellement de choses à apprendre d’ici là.

        Toujours est-il que je remplis des pages à force de me projeter dans le futur, que j’ai une soif de savoir et l’envie de faire en sorte que ma vie soit un éternel rapprochement à Allah, azza wa jal.
        Je suis aussi du genre fédérateur et si qlq1 pense qu’il y a intérêt à travailler ensemble, why not ?
        Je sais que l’avenir est voué à l’assombrissement mais je crois qu’il peut toujours y avoir des éclaircies.

        Qu’Allah nous guide. As salam ‘alaykoum.

  20. salam alaykoum
    j’aimerais profiter de vos différentes reflexions. Et malgré l’engouement provoqué par le sujet, je ne vois que peu de propositions concrètes (une pour les libraires et aucune pour les éditeurs). J’espère que cela est due au fait que ces idées sont nombreuses et qu’il vous faut le temps de les ordonner…

    à zam: je t’encourage vivement dans ton initiative. Qu’entends tu par « je pense que l’ouverture aux néo-convertis ou non confirmés est très importante »

    à al-kanz: dévoile nous tes trésors … il me semble indispensable que tu rédiges ce fameux topo comme tu l’évoquais précédemment. j’ai hâte de le lire. Cependant, peux tu nous dire rapidement pour quelles raisons tu sembles en vouloir à l’ensemble des éditeurs puisqu’aucun ( au vu de la liste cité au poste 17) n’échappe à ton jugement qui me semble volontairement sévère. Et puisque ton intention est de repenser le mode de fonctionnement de l’édition islamique francophone…

  21. Salam
    j’aimerais donner mon avis sur la question des maisons d’éditions islamiques. Le problème est profond et la solution prendra quelques années, mais plus tôt on réagira, et plus tôt les résultats se feront ressentir.
    De mon point de vue, le malaise est du:
    – premièrement au fait que les maisons d’éditions proposent des livres mal traduits.
    – deuxièmement : des livres qui ne sont pas dans leurs contextes, ce qui a engendré une fuite des lecteurs.
    Il n’est donc pas étonnant que la communauté ne lise pas ce qui lui est proposé, car ces livres sont, pour la plupart, disons-le et n’ayons pas peur des mots, des livres illisibles.
    La solution serait donc de proposer des ouvrages mieux traduits, et également qui traitent de sujets qui touchent directement le lecteur. Pour cela, les ouvrages devront non seulement comporter une bonne traduction (cela concernent les ouvrages d’origine arabe) mais également des commentaires faits par le traducteur.
    Au final, le livre devra être constitué d’une traduction, une adaptation pour le public francophone, et pour finir un commentaire, ainsi, le lecteur ressentira que l’ouvrage qui est entre ses mains s’adresse directement à lui.

  22. assalam,

    Les traducteurs compétents réclament une rémunération à la mesure de la concurrence avec d’autres éditeurs (non-musulmans). De même pour les autres acteurs dans la chaîne.
    D’où des frais : un ouvrage de qualité coûte cher au consommateur.

  23. Salam
    Il est vrai qu’un travail de qualité a un coût, et cela me paraît justifié et juste.
    Je ne comprend pas pourquoi une grand partie des musulmans reste bloqué sur le côté financier des livres, qui appartiennent au domaine culturel, mais ne ressentent pas cette gêne pour le reste des domaines : alimentaire, vestimentaire, de confort…
    Commençons à produire des ouvrages de qualité, quelque soient leur coût et leur prix, et après, dès que le marché sera comblé d’ouvrages utiles, agréables à lire et remplis d’enseignements, alors la concurrence fera son travail de baisser les prix aux lecteurs, sans pour autant baisser la qualité des ouvrages.

  24. Assalamu ‘Aleykum

    Je voulais aussi mentionner la qualité du français dans certains (beaucoup) de livres à la limite de l’isiblilté.
    Je traduis donc des livres en français et je cherche un ou des éditeurs. Pardonnez moi si ce n’est pas la bonne place pour le mentionner.

    Paix sur vous tous.

    Wa salam

  25. As-salâmu `alaykum

    Connaissez-vous des maisons d’éditions qui cherchent des nouveaux produits et de qualité?
    une rédactrice apprends-moi-ummi.com et une infographiste ont des projets à leur proposer

    Bâraka Llâhu fik

    • as-salâmu ‘alaykum

      Le meilleur conseil que je leur donnerai : choisissez l’autoédition. Une maison d’édition va leur donnera 10 % au mieux par livre vendu. Soit 90 centimes par livre d’un prix de 9 euros. Si elles les vendent directement, la marge sera beaucoup plus importante et elles devront pas affronter le mépris des éditeurs musulmans actuels.

  26. Salam alaykoum oui auto édition comme ma Soeur Umm nour (apprends-moi ummi) qui a ecrit et édité son livre « ma sœur ta vie ton épreuve ». Je l’ai lu il est magnifique je vous le conseille fortement! Que d avis positifs (http://apprends-moi-ummi.com/avis-sur-ma-soeur-ta-vie-ton-epreuve) et en plus elle a la permission de Cheykh Ali Reda de Médine de vendre son livre. Il a meme dit que c’était une bonne chose (http://apprends-moi-ummi.com/editer-et-commercialiser-ma-soeur-ta-vie-ton-epreuve-est-legifere). Encourageons la! Un beau projet et surtout utile et bénéfique aux soeurs

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