Islamophobie : à quoi joue Christophe Castaner ?

Par Al-Kanz

Modéré jusque-là, le gouvernement actuel prend depuis peu un virage à la Manuel Valls.

christophe castaner
©Gérard Bottino / Shutterstock

Christophe Castaner, poulain du président Emmanuel Macron, est ministre de l’Intérieur, en charge des cultes. L’association dans un même ministère de la sécurité intérieure et des religions est bien étrange, mais venons-en plutôt à ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Croix gammées et prédication islamophobe

Mardi 7 janvier, cinq croix gammées ont été retrouvées sur le chantier de la future mosquée d’Amboise, commune de 13 000 habitants à quelque vingt-cinq kilomètres de Tours, en Indre-et-Loire. L’islamophobie s’y est manifestée sous l’une des formes les plus abjectes que peut recouvrer la haine, en l’espèce le nazisme.

Lire – Islamophobie : après le porc, des croix gammées contre la future mosquée d’Amboise (37)

Depuis plusieurs années, Zineb El Rhazoui, une polémiste sans envergure ni talent, chouchou des plateaux TV bruyants et racoleurs, fait son beurre aux dépens des musulmans. Bête et méchante, cette Marocaine qui a choisi de revendiquer virulemment son athéisme n’a de cesse de multiplier les invectives contre ces derniers, même quand les questions abordées dans les émissions où elle est invitée n’ont aucun rapport avec les musulmans. Ce fut le cas encore récemment lors d’un débat exclusivement sur les Gilets jaunes.

De la funeste banalité des lynchage sur Internet

Suite à la diffusion sur Twitter d’un extrait vidéo de ses violents propos tenus sur la chaîne Cnews, dans lesquels elle assimile de façon on ne peut plus explicite, assumée et décomplexée, port du hijab et terrorisme – “le voile fait partie du package qui mène au terrorisme”, affirme-t-elle –, Zineb El Rhazoui a été à son tour violemment prise à partie sur ce réseau social : insultes, propos orduriers, sexistes et pornographiques, appels au viol, menaces en tout genre, dont des menaces de mort.

Le Prophète ﷺ a dit (sens d’un hadith) : “Le musulman ne diffame pas, ne maudit pas, n’est pas grossier et n’est pas vulgaire”.

Ce type de réactions infâmes et inacceptables, toujours inexcusables quels que soient les positions tenues et les personnes visées, est monnaie courante sur les réseaux sociaux, sur Facebook et Twitter en particulier. Plus encore lorsque les cibles sont des femmes et que les sujets sont clivants. Les habitués de Twitter n’ont pas échappé au lynchage de Caroline de Haas, de Rokhaya Diallo ou très récemment encore de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, toutes trois vigoureusement insultées et menacées pour des tweets respectivement sur le féminisme, le racisme et les Gilets jaunes.

Nous pourrions aussi citer toutes les personnes en vue sur les questions autour de l’islamophobie, comme Feïza Ben Mohamed, évidemment Marwan Muhammad ou encore l’auteur de ces lignes. Il n’est pas un jour sans son lot d’injures, de menaces ou, heureusement plus rarement, de menaces de mort. Cette réalité absolument détestable des réseaux sociaux est malheureusement banale. Aucun de nous n’a eu droit à un des articles dédiés après ces multiples lynchages sur le Web.

S’agissant de Zineb El Rhazoui, il en fut tout autrement : la nébuleuse islamophobe, soutenue par plusieurs journalistes qui ont fait de l’islamophobie un cheval de bataille, a monté en épingle avec succès cette affligeante banalité non sans forger une fois n’est pas coutume une sinistre fable : Zineb El Rhazoui aurait été violemment insultée et menacée de mort parce qu’elle a osé dire, pouvons-nous lire partout, que l’islam doit se soumettre à la critique. C’est faux. Les imbéciles orduriers et autres malfaisants qui ont participé à son lynchage virtuel ont réagi à ses multiples attaques contre les musulmans. Est-ce que cela les excuse ? Assurément non ? Pourquoi le préciser alors ? Parce que nous assistons une nouvelle fois à ce type de manipulation médiatique qui prend naissance sur les réseaux sociaux puis se poursuit dans les médias mainstream. Une fake news est alors érigée en vérité absolue au profit d’un groupuscule qui n’a de cesse de s’en prendre aux musulmans. Ce subterfuge porta ses fruits avec l’actuel président du Printemps républicain.

La nébuleuse islamopathe une nouvelle fois à la manoeuvre

On se souvient en effet des mensonges forgés par Amine El Khatmi en 2016 lorsqu’il fit des pieds et des mains sur Twitter, sur fond de jérémiades, pour que médias et politiques le soutiennent suite à une prétendue menace de mort de Daesh et la toute aussi prétendue divulgation dans un tweet de son adresse personnelle ainsi que celle de sa mère ; tweet évidemment fictif, qu’il n’a évidemment jamais produit malgré plusieurs engagements tant publics qu’auprès de journalistes.

En se posant en victime des islamistes (sic), qui, pour lui comme pour la nébuleuse du Printemps républicain, vont du musulman pratiquant lambda qui ne boit pas d’alcool, prie, jeune, et surtout porte la barbe ou, pour les femmes, le hijab, ce conseiller municipal aux pratiques controversées cherchait à obtenir ce qu’il visait : percer médiatiquement, obtenir soutien et honneurs et servir son carriérisme légendaire.

L’appui de journalistes activistes et soutiens de ce groupuscule extrémiste permit à la sauce de prendre. C’est ainsi que plusieurs articles furent publiés dans la presse, dont un portrait dans Le Monde qui débute avec un mensonge que l’auteur, interrogée, refusa de supprimer. Cette fake news permit à Amine El Khatmi d’incarner depuis la piètre figure du héros républicain protégeant vaillamment la Nation face à l’hydre terroriste.

Seul David Perrotin, alors journaliste chez Buzzfeed France, s’attela à démonter cette farce en vérifiant et recoupant les informations. Du journalisme digne de ce nom en somme.

Un air de déjà vu

Quelques recherches sur Twitter permettent de remonter le fil et de découvrir que ce sont exactement les mêmes procédés, les mêmes activistes islamopathes, les mêmes journalistes qui ont fabriqué le fake autour de Zineb El Rhazoui.

Le subterfuge n’aurait pas été pleinement réussi si ce qui se fit et se faisait régulièrement avec Manuel Valls n’avait pas été reproduit avec le ministre de l’Intérieur actuel : c’est ainsi qu’en pleine crise des Gilets jaunes plutôt que de consacrer son temps précieux à l’urgence du moment, Christophe Castaner a choisi d’adouber la prédicatrice de haine en la recevant autour d’un « thé laïque et républicain (sic) ».

Mais ce n’était pas suffisant. Ce thé devait aussi être ostentatoire, cette rencontre montrée. Alors que la France est agitée par les violences de ces dernières semaines, celles des casseurs comme celles des forces de l’ordre, le ministre d’Emmanuel Macron a publié sur son compte Twitter une photo de Zineb El Rhazoui d’une part, une autre de lui-même d’autre part.

La manipulation est grossière, tout comme cet adoubement artificiel qui ne réussit pas à cacher l’arrivisme d’une islamophobe revendiquée et la peine d’extrémistes aux abois, orphelins depuis le départ de Manuel Valls, qui jadis les a tant aidés.

Mercredi 16 janvier 2019, toujours pas un mot pour condamner des croix gammées contre une mosquée. Mais à quoi joue donc Christophe Castaner ?



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Vos réactions (3 commentaires)

  1. 1
  2. Ismael1845    

    Excellente analyse tant sur le fond que sur la forme. Juste une coquille a priori en toute fin de l’article. C’est bien le 16 janvier 2019 et non pas le 16 juin 2019 il me semble

    2

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