Mouton de l’aïd : choisir le premier jour encourage prix élevé et fraudes

Par Al-Kanz

Exiger d’avoir son mouton le premier jour de l’aïd encourage les fraudeurs et fait exploser les prix.

mouton argent
© Photoagriculture / Shutterstock.com

Tout le monde ou presque veut son mouton le premier jour de l’aïd al-adha alors qu’il est possible, religieusement parlant, de le sacrifier les jours suivants.

Mouton le premier jour, fraudes et prix explosent

Chaque année, la spéculation directement liée à l’aïd al-adha fait exploser les prix. Les quelque 220 000 moutons achetés à cette occasion valent parfois plus de deux fois ce qu’ils valent le reste de l’année. Il n’est désormais plus du tout rare de trouver des bêtes à plus de 300 euros chacune. Jackpot pour les éleveurs, la grande distribution et les bouchers musulmans qui profitent largement de la situation pour gagner beaucoup d’argent au détriment des consommateurs musulmans.

La frénésie qui caractérise le premier jour de l’aïd al-adha n’arrange rien, puisqu’elle crée des conditions particulièrement favorables à la fraude : moutons abattus à l’étranger (Irlande, Grande-Bretagne, etc.) plusieurs jours avant l’aïd, puis importés et stockés en France en attendant le jour J, moutons non halal vendus sous le label halal, moutons abattus en France dans la nuit qui précède la prière de l’aïd, etc.

Lire – Mouton de l’aïd : si rien n’est fait, des milliers de familles vont se faire arnaquer

Un mouton abattu en Irlande trois jours avant ou en Grande-Bretagne comme c’est le cas chaque année n’est pas un mouton de l’aïd, même s’il est halal.

Les consommateurs musulmans, victimes consentantes

Paradoxalement, les consommateurs musulmans sont à la fois victimes et responsables de cette situation. Victimes, car ils se font avoir – une fois n’est pas coutume. Responsables, car ils sont encore trop nombreux à vouloir absolument leur mouton le premier jour, alors même qu’ils disposent de trois jours (les trois jours de tachriq) pour s’acquitter de ce sacrifice. Responsables encore, car collectivement rien n’est entrepris, sinon localement avec des abattoirs portés par des mosquées ou des associations, pour mettre fin à la fraude massive.

Ainsi, les musulmans encouragent cette flambée des prix et la multiplication des fraudes. Les éleveurs français, étranglés toute l’année par le rouleau compresseur de l’industrie agro-alimentaire, trouvent en effet dans l’aïd al-adha sinon un moyen de survie, à tout le moins une bouffé d’oxygène, et en profitent pour vendre leurs agneaux au prix fort. De même, il n’est pas rare que des bouchers profitent d’une demande très forte le premier jour pour s’assurer de belles marges.

Pour autant, cette situation n’est pas inéluctable. Les consommateurs musulmans peuvent en effet aisément changer la donne, à condition qu’ils prennent conscience de cet état de fait et qu’ils soient convaincus qu’ils ont tout intérêt à ne pas exiger d’avoir le mouton le premier jour de l’aïd.

Malheureusement, à l’instar des fraudes sur le marché de la viande halal ou du hajj, il n’existe guère de conscience collective dans la communauté musulmane, pas plus que d’hommes et de femmes disposés à oeuvrer pour mettre fin à cette incurie.



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