Dans ce discours, le cheikh Ansari, qui vient de nous quitter, qu’Allâh ait pitié de son âme, revient sur le problème que les musulmans ont avec riba (l’usure). Dans une démonstration convaincante, il explique que ceux qui ont un problème avec l’usure ont avant cela un problème avec la notion même de haram (illicite).

Le cheikh parle en dialecte marocain. Vous trouverez la transcription de son discours ci-après. Merci à Yuxx d’avoir réalisé ce travail. Si une bonne âme pouvait reprendre le propos du cheikh et réaliser une transcription qu’il inscrusterait dans la vidéo, cela permettrait au plus grand nombre d’accéder à ce discours percutant.

Un frère a posé une question au cheikh, si par rapport aux crédits, aux achats, la flambé des prix, est-ce que la riba pourrait être licité dans ces conditions ?
Le cheikh répondit :

La riba est haram. Je ne sais pas pourquoi, mais cette polémique sur la riba est un vrai problème chez nous, qui prend ses racines dans la notion du haram. Comment ça ? le problème n’est pas que la riba est haram, ou son verdict, notre problème est dans nos cervelles. C’est quoi ce problème ? Beaucoup de personnes questionnent sur la riba, ils cherchent partout les moyens d’arriver à bénéficier de riba. Tu trouves qu’il a un peu la foi (iman) al-Hamdu li-Llâh, car pour le fait de questionner, c’est qu’il a la foi, alors que ceux qui ne doutent de rien, ne viennent même pas poser de simples questions.

Mais celui qui vient discuter sur la riba, ça va al-Hamdu li-Llâh. Qu’Allâh nous préserve ainsi que tous les croyants, Mais où est donc le problème ? Tant qu’il insiste sur le verdict de la riba, c’est qu’il veut une permission, même s’il questionne, il cherche la permission. Il a un problème dans la notion du haram. C’est quoi le haram ? Il ne connaît pas. Et je vous dis que si la plupart des gens connaissaient la notion de haram dans l’islam, ils ne questionneraient guère. Que feraient-ils ? Ils ne toucheraient pas à riba.

Le haram est un, et non plusieurs, si Allâh dit que cette chose est haram, c’est qu’elle est illicite, comme celle-ci, celle-là, ceci, cela. Ces choses haram se distinguent dans le degré d’illicite. La définition du haram est une. La définition change si la chose est réprouvée mais pas haram, seulement. Mais si telle chose est haram, c’est une seule définition. C’est quoi le haram ? le haram est tout ce qui est vice (khabith), quelque chose de pourri, répugnant, qui n’a pas d’intérêt, pourri. « Qui aime manger la chair de son frère mort ? » [référence à un hadith sur la médisance] Allâh veut nous faire comprendre et clarifie les choses. La médisance et le commérage et tout ce qui y est relatif n’est rien que du mal. Imagine celui que tu médis, espionne, etc., imagine qu’il est mort, imagine que ton frère musulman est mort, il est musulman, pas un mécréant. Un frère mort, et musulman, et tu veux manger sa chair. Rends-toi compte que quand tu médis sur ton frère qui est croyant, que tu violes sa vie privée, eh bien tu manges la chair d’un cadavre humain, pas d’un animal, mais d’un humain.

Le haram est un vice des vices capitaux. Alors quand toi tu veux manger (bénéficier) d’un dirham de riba, sois conscient que ton acte est similaire à celui de manger du porc (car le haram est un). Mais lorsque que celui qui questionne au sujet de riba est dans le besoin, qu’il est affamé et qu’un savant cherche à le convaincre de manger du porc, il refuse. Il refuse alors que lorsqu’il s’agit de riba, il se précipite pour manger (bénéficier) d’un dirham de riba. Alors où se trouve son problème ? Ce n’est pas dans le haram, mais dans la définition de la notion du haram. Il ne comprend pas ce que ça veut dire le haram. Dans un hadith authentique, il est dit : « Un dirham de riba est plus mauvais auprès d’Allâh que 60 actes d’adultères » et dans un autre hadith authentique : « …comme celui qui a forniqué avec sa mère ». Alors imagine-toi dans un état pareil, tu en deviendrais fou. Alors que dis-tu de la riba ?

Le haram est un, et non pas plusieurs quand on parle de la définition. Ce qui veut dire que ce dirham que t’as eu de riba, que tu as mangé (bénéficier) où fais manger (en faire bénéficier quelqu’un), comme dans le hadith authentique : « Celui qui donne et reçoit sont identiques », ce dirham, pris ou donner, est un charbon ardent. Tu peux tenir dans ta main du charbon ardent ? je n’ai rien à dire si tu peux tenir du charbon ardent. On a un problème de compréhension. [...]
Qu’Allâh nous guide vers le bon chemin..