Algérie. Mourad Kezzar est en colère. Ce journaliste algérien publie ce matin dans les colonnes de l’un des plus célèbres quotidiens algériens, El Watan, un article sur le guide touristique que consacre le Petit Futé à l’Algérie. Si les propos du Petit futé, rapporté par M. Kezzar, peuvent être sujets à discussion lorsque, par exemple, est évoquée la Casbah d’Alger, on a un peu plus de mal à comprendre les remarques que le plus pochetron des Dupont-Lajoie ne renierait pas. On savait le Guide du Routard plein d’arrogance franchouillarde, on découvre le Petit Futé xénophobe.

« Le nouveau code de la famille présenté par Bouteflika en mars 2005 est loin d’être satisfaisant. L’idéologie islamiste a complètement assombri le regard des hommes sur les femmes. On voit, mais on ne connaît pas la femme. On ignore ou on en veut à celle qui par sa seule existence vous attirera dans les filets du mal. Comme ailleurs, et peut-être plus qu’ailleurs, les femmes sont souvent rabaissées, voire battues… Il est toujours normal pour un homme algérien de lever la main sur sa femme, sa petite amie, sa fille…», lit-ont toujours dans la page 105. »

Nous avons vérifié, à la Fnac, les citations relevées dans l’article de Mourad Kezzar dans l’édition 2009-2010 du guide.

l'Algérien bat sa femme
Extrait du Petit Futé 2009-2010

Selon le Petit Futé, il est même possible d’avoir les faveurs d’une Algérienne en hijab pour un dîner sortant de l’ordinaire. Les Algériennes apprécieront.

l'Algérien bat sa femme
Extrait du Petit Futé 2009-2010

Et les ragots sont l’une des activités principales des Algériens.

l'Algérien bat sa femme
Extrait du Petit Futé 2009-2010

Nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce que Frantz Fanon écrivait, il y a 50 ans déjà, dans L’an V de la Révolution algérienne et que nous vous invitons à lire :

« Ayons les femmes le reste suivra. Il y a chez l’Européen cristallisation d’une agressivité, mise en tension d’une violence en face de la femme algérienne. Dévoiler cette femme, c’est mettre en évidence la beauté, c’est mettre à nu son secret, briser sa résistance, la faire disponible pour l’aventure. Cacher le visage, c’est aussi dissimuler un secret, c’est faire exister un monde du mystère et du caché. Confusément, l’Européen vit à un niveau fort complexe sa relation avec la femme algérienne. Volonté de mettre cette femme à portée de soi, d’en faire un éventuel objet de possession.

Cette femme qui voit sans être vue frustre le colonisateur.
Il n’y a pas réciprocité. Elle ne se livre pas, ne se donne pas, ne s’offre pas. L’Algérien a, à l’égard de la femme algérienne, une attitude dans l’ensemble claire. Il ne la voit pas. Il y a même volonté permanente de ne pas apercevoir le profil féminin, de ne pas faire attention aux femmes. Il n’y a donc pas chez l’Algérien, dans la rue ou sur une route, cette conduite de la rencontre intersexuelle que l’on décrit aux niveaux du regard, de la prestance, de la tenue musculaire, des différentes conduites troublées auxquelles nous a habitués la phénoménologie de la rencontre.

L’Européen face à l’Algérienne veut voir. Il réagit de façon agressive devant cette limitation de sa perception. Frustration et agressivité ici encore vont évoluer de façon permanente. »

On ne croit pas se tromper en disant que l’affaire ne va pas rester sans suites.

Pour lire l’intégralité de l’article de Mourad Kezzar, cliquez sur le lien suivant : Féroce attaque contre la destination Algérie par le Petit futé