L’année 2011 restera dans les annales du marché du halal. Année du halalgate avec la déconfiture de la marque de Nestlé, Herta, suite à la présence de porc dans des knakis prétendument halal, certifiées sans contrôle effectif, permanent et systématique par la SFCVH-mosquée de Paris, partenaire du géant de l’agro-alimentaire ; affaire Herta dont les répercussions n’ont pas fini de chambouler encore profondément le marché ; année de la mobilisation des consommateurs qui comme jamais ont fait entendre leur voix et qui depuis peu, après l’association Asidcom, ont rejoint pour certains la toute nouvelle union française des consommateurs musulmans ; année de l’entrepreneuriat respectueux des principes qui régissent le halal avec la multiplication d’initiatives qui, si elles ne sont pas encore connues du grand public, sont effectives et appelées à rebattre les cartes dans les mois à venir sur un marché proprement vérolé.

L’année 2011 sera aussi l’année qui aura vu l’arrivée du géant marocain Koutoubia, qui devrait ouvrir une unité de production à 200 km de Paris et attaquer le marché européen à partir de 2013. Le projet parrainé par les autorités locales vise à dynamiser économiquement une région qui pourrait de fait profiter des retombées certaines d’un secteur en forte expansion, avec plusieurs dizaines d’emplois à la clé. Là encore, le halal permettra à l’économie locale, et plus globalement à l’agriculture française, de trouver un second souffle.

Spécialisée dans la charcuterie et très bien implantée au Maroc, la société Koutoubia chassera alors sur les terres d’acteurs historiques comme Fleury Michon, Isla Délice, Isla Mondial, etc., avec évidemment l’ambition de prendre rapidement des parts de marché. Reste à savoir si le géant marocain saura s’adjoindre les services d’un organisme certificateur sérieux, et donc acceptera le principe d’un réel contrôle de sa production, ou préfèrera-t-il comme la majorité de ses concurrents soit estampiller lui-même ses produits soit faire valoir une certification peu rigoureuse et risquer alors de ruiner tous les efforts qui seront entrepris sur le territoire français. Rien de pire, en effet, aujourd’hui que d’investir plusieurs millions d’euros dans un projet industriel tel que celui de Koutoubia sans le sécuriser en choisissant une certification sérieuse. Le halalgate, qui n’a pas fini de mobiliser les consommateurs, devrait à moyen terme, grâce à une prise de conscience collective, rendre difficile et marginaliser toute initiative qui ne donnera pas les gages d’un contrôle rigoureux, permanent et surtout réel. Libre désormais aux industriels et à tous ceux qui veulent investir le marché du halal de jouer avec le feu ou de pérenniser leur activité en rassurant les consommateurs.

De même espérons que cette arrivée permettra une course à la qualité afin que les consommateurs musulmans puissent a minima avoir le choix de la qualité dans les produits qu’on leur propose, ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.