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Etre musulman, ça veut dire quoi ?

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[nice_alert]Billet rédigé par Marwan Muhammad, rédacteur sur Al-Kanz et auteur du livre FoulExpress : http://www.foulexpress.com[/nice_alert]

Etre musulman c’est comme faire partie du Fight Club. Tu marches dans la rue et dès que tu crois entrevoir un comme-toi, tu échanges avec lui un regard entendu. La première règle du Fight Club est : « on ne doit pas parler du Fight Club ». La deuxième règle du Fight Club est : « il est interdit de parler du Fight Club… » Sauf qu’à force d’être undercover, nos amis, voisins et collègues vont bien finir par croire qu’on a quelque chose de honteux à cacher. Quoi ? Rien du tout en fait. Juste un bon gros complexe dont on peine à se débarrasser.

« – Pourquoi tu jeûnes ?
– Bah… en fait c’est TIP TOP pour la santé. Tu combines ça avec un régime Dukan si besoin et ça te permet de purger toutes les toxines accumulées…
– Attention Nad’ t’as les cheveux qui frisent quand tu racontes n’imp’.
– Haaaaaan, vite mon lissage ! »

Est-ce qu’on est la dernière génération de complexés ou est-ce qu’on va transmettre ce triste cadeau à nos enfants ? Ne pas répondre quand on nous dit « as-salamu ‘alaykum », ne pas expliquer les gestes essentiels qui ponctuent la vie d’un(e) musulman(e), ne pas assumer nos choix de vie et se retrouver toujours entre deux chaises, incapables de relever la tête avec dignité.

On se crée un mélange d’ethnique, de religieux, de post-colonial, de beurisme et de plein d’autres idées qui n’ont pas forcément grand chose à voir les unes avec les autres. On est confus et on renvoie à ceux qui nous entourent une image incompréhensible. Pourtant c’est plutôt simple d’expliquer l’islam.

Etre musulman, c’est croire qu’il existe un Dieu et un seul, qu’Il a envoyé des prophètes pour guider l’humanité, de Adam à Muhammad et que chacun d’entre eux avait une mission, un message à partager. Etre musulman, c’est croire que la vie a un sens et qu’il existe une raison à notre présence ici. L’être humain ne sert pas à rien, il n’est pas juste là pour proliférer, causant destruction et désordre là où il s’installe. Etre musulman, c’est croire que Dieu nous a envoyé des livres pour nous expliquer les choses, nous poser des questions et nous faire réfléchir, nous qui sommes doués de raison. Le Coran est le dernier de ces livres.

Etre musulman, c’est croire qu’il y a une justice et que chacun est responsable de ses actes. Riche ou pauvre, fort ou faible, quels que soient notre couleur, notre ethnie ou notre pouvoir matériel, rien de tout cela ne compte à coté du bien et du mal que l’on fait durant notre vie. Etre musulman, c’est croire qu’être libre, c’est être conscient de ce à quoi on est soumis, car il n’existe de pire esclave que celui qui s’ignore.

Etre musulman, c’est croire.

Il n’y a pas de tabou à le dire, au contraire. Cela n’est en rien en contradiction avec la rigueur scientifique. Plus encore, la croyance est un choix rationnel autant qu’émotionnel. L’héritage de sciences, dont la majorité nous a été léguée par des croyants, en atteste à chaque fois qu’on ouvre un livre d’histoire. C’est toujours drôle d’avoir des conversations avec des amis athées qui s’adressent à moi comme s’ils me questionnaient d’un endroit qu’on appellerait « nulle part », une espèce de non-lieu idéologique qui leur permettrait de se prévaloir d’une quelconque neutralité.

Le seul hic, c’est que cet endroit n’existe pas. Il n’existe pas de neutralité. La seule honnêteté, dont un individu peut se prévaloir, c’est de reconnaître ses partis pris. On est tous dans un champ de référence fruit de nos expériences et de nos choix passés. A ce titre, les athées ne réalisent pas une seule seconde qu’eux aussi font acte de foi lorsqu’ils professent que « Dieu n’existe pas ». Car jusqu’à preuve du contraire, ils n’ont pas le moindre début de commencement de résultat scientifique justifiant une telle assertion. Or c’est la définition même de la croyance pure : postuler la véracité d’une hypothèse sans être capable de la démontrer.

Donc nos amis athées sont des croyants comme les autres. La seule différence, c’est qu’ils ne formulent pas forcément consciemment le dogme central de leur foi, à savoir la dénégation de l’existence de Dieu, et à travers elle celle du sens de toute chose. Nos conversations, toujours amicales, se terminent souvent par un blanc quand je me risque à poser la question suivante : « Si Dieu n’existe pas, que tout ce monde est le fruit du hasard, qu’il n’y pas de sens ni de pourquoi à chaque chose, alors à quoi tu sers ? » J’attends toujours une réponse à cette question simple.

Je respecte ceux qui m’entourent et qui ne partagent pas ma foi. J’attends d’eux le même respect inconditionnel quant à ce en quoi je crois.

Crédit photo Une : Flickr – Splat

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17 Commentaires

  1. As-Salamou ‘alaykoum,

    Masha’a-Llah !

    C’est vrai que l’on a tendance à cacher notre si belle religion. Du moins on a honte d’en parler !
    Soyons fier de nous, de ce que nous a laissé notre bien aimé Prophète (saws) !
    Et je me le dis à moi avant tout

    K’Allah swt nous facilite

  2. Assalamo aleykoum.

    Oui mon frére,al hamdou LILLAH on musulmans et fier de l’être.
    Relevons la tête mes fréres et sœurs ,pour que nos enfants ne la baissent pas.
    baraka ALLAHO fiqoum pour ce rappel.Al-kanz et Marwan.

  3. Salam,

    Ce texte qui critique le beurisme, est un produit du beurisme: faut vraiment etre un beur pour le comprendre. Il ne peut pas s’adresser à l’ensemble des musulmans, car il est incompréhensible. Il a du sens que pour une frange de la population.

    Aussi, la comparaison avec un Fight Club, no comments…

    Faut pouvoir écrire pour tout le monde et ne pas forcément croire que ce que l’auteur voit et vit, tout le monde le voit, et le vit.

  4. @TOM
    ASSW
    Marwan a commencé le travail (à l’attention d’une frange de la communauté selon tes dires)… J’attends avec impatience que tu complètes Incha ALLAH..
    je pense que @Al-Kanz se fera un plaisir de la publier…

  5. Salam Tom,

    Je suis pas du tout d’accord avec ce que tu dis.
    Tu sous-entend que ce texte est incompréhensible pour la majorité des musulmans, qu’il est compréhensible uniquement par une frange ( donc minorité) de musulmans. Sur quelle données tu te bases pour affirmer cela? mise à part le pifo-mètre (Pm).
    Au contraire la lecture de ce texte peut être bénéfique pour tout le monde, musulmans ou non-musulman car il explique d’une manière très simple ce qu’est un musulman.
    Autre chose, comment définis-tu un beur-musulman d’un autre musulman?

    ps: ne prend pas mon commentaire comme une attaque, c’est très amicale comme ton. 😉

    salam

  6. Cette frange de population, c’est justement celle qui correspond à la description du comportement de certains musulman que l’auteur fait dans cet article. Ce que je dis, c’est que ce n’est pas le comportement de la plupart des musulmans. L’auteur dit dès le départ, que le musulman qui croise un autre musulman et lui demande « pourquoi tu jeunes? » (déjà, quelle question venant d’un musulman! C’est généralement le non-musulman qui pose cette question), l’autre évite de dire que c’est une prescription religieuse, et invente une raison x ou y, genre régime etc.. Bref, j’ai jamais vu ou entendu ou entendu de qqun qui a entendu de qqun, un truc pareil.
    Que certains musulmans refusent de dire que c’est une prescription religieuse, et que c’est « par tradition familiale » à des non musulmans, je peux comprendre que cette minorité existe, mais celle décrit dans cet article, je doute fort qu’elle puisse exister ailleurs que dans l’imagination de l’auteur.
    En ce qui concerne les « données » qu’on me demande, permettez-moi de donner un simple avis. Demander « sur quel bases tu t’appuies », en général, c’est à l’auteur de l’article qu’on demande ca, pas à qqun qui poste un simple avis. Entre nous, je pense qu’on a la meme base de donnée: aucune. Que des impressions.
    La demande qu’on m’a faite concernant la difference entre un beur musulman et un musulman, n’a pas de sens, vu que le premier est un sous ensemble du deuxieme. Mais si on devait ajouter un élément, ce serait peut etre que le beur musulman est en meme temps dans une reconstruction identitaire.

  7. Assalâmou ‘alaykoum,

    @tom : la rigueur scientifique nous impose de remettre en question les paramètres de notre modèle avant de nous exclamer des résultats obtenus…même rigueur qui nous est demandé indirectement à travers la tradition prophétique qui nous invite à trouver des excuses à notre frère « visiblement » pêcheur.

    Le frère Marwan confirmera le sens de ses propos dont le style perturbe parfois la compréhension, (en tout cas pour les foulo-néophytes…:-)). Sauf erreur de la part, il semblerait que le dialogue à propos du jeûne mette en scène une musulmane questionnée sur les raisons de ses actes par un/une non-musulman(e).

    Dans ce cas tout le monde s’y retrouve, non ?

    Wallâhou a’lam wa a’lâ

    En tout état de cause, les rappels du frère Marwan sont toujours très profitables mâ châ allâh et merci à Al-Kanz de nous les faire partager…

    Djazâkoumallâhou khayral djazâ

    Wassalâmou ‘alaykoum

  8. Salaam alaikum,

    @Tom: désolé que l’article ne te plaise pas. Si tu lis ce que j’écris et que tu considères que je fais du beurisme… franchement je pense que je vais avoir beaucoup de mal à te convaincre du contraire. Mais bon, j’imagine que j’arriverai à vivre avec. 🙂

    @Tous: barak Allahufikum pour vos commentaires.

    @Metek: exact, le dialogue était entre Nad’, une musulmane (un peu) complexée et une collègue non musulmane.

  9. Salam Aleikoum.

    Il me vient un hadith, qui malheureusement est avéré, ce que je veux dire c’est que je le vois très souvent ou alors ils ne connaissent pas le hadith: celui qui est en voiture doit saluer celui ou ceux qui marchent ou en velo… Ceux qui marchent doivent saluer ceux qui sont assis, ET CELA QUE VOUS LES CONNAISSIEZ OU PAS. Car: L’imam Ahmed et Al-Haakim ont rapporté d’après Abdoullah ibn Mass’ôud (qu’Allah soit satisfait de lui) que le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit :
    « Avant la fin du monde, les gens ne salueront que ceux qu’ils connaissent [ils diront « As-Salaamou alaykoum » qu’à ceux qu’ils connaissent bien]….
    Autre chose: Il est détestable de saluer avec un signe de la tête, du doigt ou de la main, à l’exception du cas de celui qui est loin et qui ne peut pas se faire entendre. A ce moment-là, il fait un signe de la tête ou de la main tout en prononçant le salam.

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