Témoignage d’entrepreneure : Wahiba Khallouki, de l’agence de comm WK Agency

Par Al-Kanz

D’étudiante discriminée, major de promo, à patronne de sa propre agence, tel est le parcours de Wahiba Khallouki.

WK Agency

Seconde femme de notre nouvelle série d’interviews consacrées à des musulmanes et des musulmans qui se sont lancés dans l’entrepreneuriat, Wahiba Khallouki est cette étudiante voilée qui, après dix rejets d’agence de communication, est arrivée major de sa promotion. Depuis, elle a créé sa propre agence.

Al-Kanz : Pourriez-vous nous dire en quelques mots qui vous êtes ?
Wahiba Khallouki :
Je m’appelle Wahiba Khallouki, maman et fondatrice de WK Agency, société que j’ai fondée en 2014. Passionnée de communication et de publicité, je rêvais d’intégrer une agence, mais je n’y suis jamais arrivée en raison de mes convictions personnelles. Parce que j’ai horreur de l’échec, j’ai fait de cette faiblesse ma plus grande force : j’ai créée la mienne, une agence qui me ressemble. Aujourd’hui, je suis infiniment reconnaissante envers les personnes qui m’ont permis d’entreprendre à l’âge de 22 ans.

Al-Kanz : En 2014, votre discours de major de promotion à l’ECS-Paris (European Communication School) n’est pas passé inaperçu. Depuis, vous êtes donc à la tête de votre propre agence. Pourquoi avoir choisi de lancer une entreprise plutôt que de vous tourner vers le salariat ?
Wahiba Khallouki :
Au début par dépit, car malgré mes nombreuses tentatives d’intégrer des agences de communication ou des entreprises que je pensais inspirantes, je n’ai rencontré que des refus. Deux options s’offraient donc à moi : ne pas poursuivre dans la voie que j’avais choisie et me réorienter vers un métier en rapport avec l’image ou entreprendre et penser une entité qui me permette de vivre ma passion et d’imposer une nouvelle vision de la communication. A l’ère de la start-up nation, j’ai entrepris sans savoir réellement où je mettais les pieds. A peine sortie de l’école, j’ai du très vite prendre le pli. J’ai tâtonné, j’ai appris, j’ai trébuché et finalement je me suis rendue compte à quel point j’était chanceuse d’avoir pu vivre cela.

Lire – Wahiba Khallouki : voilée, dans la comm, « je faisais honte à la profession »

Al-Kanz : La cheffe d’entreprise que vous êtes connaît-elle les mêmes difficultés liés au hijab que l’étudiante que vous avez été ?
Wahiba Khallouki :
Non, car aujourd’hui mes années d’expérience me permettent d’être écoutée et respectée au-delà de mon hijab. La question de la crédibilité est de moins en moins un problème. Nous avons la chance d’être proches de nos clients et nous fonctionnons exclusivement sur recommandation.

Al-Kanz : Quels services propose WK agency, votre agence de communication ?
Wahiba Khallouki :
Notre accompagnement est transverse. Nous sommes présents auprès des marques aussi bien dans leur stratégie créative au travers notamment du branding (création d’une identité complète et cohérente) que dans les phases plus stratégiques telles que le planning stratégique ou le social média. L’idée est de faire une proposition complète et sur-mesure.

« Faire confiance à une entrepreneure musulmane ou non n’induit pas une prestation de moindre qualité. »

Al-Kanz : Même question que pour Ratiba Zahdali de Tiny-Menu : est-ce compliqué d’être une femme, musulmane, quand on dirige une agence de communication ?
Wahiba Khallouki :
Oui, cela peut s’avérer compliqué en raison du fait que certains ont tendance à penser que notre légitimité n’est pas complète. Je remarque malheureusement qu’aux yeux de certaines personnes le travail porté par une femme a forcément moins de valeur que celui porté par un homme. Il vaut donc moins cher et parfois même, pour certains, il ne vaut rien. Mes propos sont très forts, mais ils font écho à une réalité profonde : on pense qu’une femme qui porte le hijab travaille par dépit et donc qu’elle doit se contenter de ce qu’on veut bien lui donner. Faire confiance à une entrepreneure musulmane ou non n’induit pas une prestation de moindre qualité.

Al-Kanz : Pourquoi selon vous une entreprise, même sans grands moyens, doit absolument développer une stratégie de communication pour développer son chiffre d’affaires ?
Wahiba Khallouki :
On peut avoir le meilleur produit au monde, mais comment le faire savoir si ce n’est en prenant la parole ? L’une des clés de la communication est le storytelling, la façon de raconter une histoire autour d’une marque, d’un produit. Chez WK Agency, la question du sens est primordiale. Une communication efficace, c’est une communication cohérente et riche. Communiquer sur ses produits, sur l’état d’esprit de la marque, sur ses aspirations, ses valeurs, c’est le meilleur moyen de favoriser la proximité avec son public. Coca-Cola ou encore Nutella sont des marques internationalement connues et pourtant, elles ne cessent de communiquer. Pourquoi ? Tout simplement pour entretenir le lien.

Al-Kanz : Quels conseils donneriez-vous à toutes ces petites e-boutiques qui aimeraient se faire connaître sur les réseaux sociaux ?
Wahiba Khallouki :
Je conseillerais de faire preuve de curiosité, de redoubler de créativité, d’être constamment alerte. Les usages évoluent tellement vite que la mise à jour doit être quotidienne. Faire de la curation, lire, écouter et faire évoluer son projet constamment.

J’ajoute qu’il est important également de ne pas se laisser tenter par l’appel de la copie, le plagiat. Il faut oser prendre des risques. Penser surtout à fédérer votre communauté autour de votre marque et à entretenir un lien sincère avec vos clients et/ou prospects.

Visitez le site de WK Agency : www.wk-agency.fr/



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