Témoignage d’entrepreneure : Mélia Lehlou, photographe culinaire

Par Al-Kanz

Découvrez l’interview de Mélia Lehlou, passée de l’urbanisme à la photographie culinaire.

Melia Lehlou, photographe professionnelle

Faisons suivre l’interview accordée par Jean-Philippe Cieslak, fondateur du centre agroécologique l’Îlot des Combes par celle de la photographe professionnelle Mélia Lehlou.

Al-Kanz : Commençons par les présentations. Qui est Melia Lehlou ?
Melia Lehlou :
Je m’appelle Mélia Lehlou, j’ai 33 ans et je suis la maman de deux petites filles. Après un master en urbanisme et aménagement et un temps salariée en entreprise, j’ai décidé de sauter le pas et de faire de la photographie mon métier. Le monde de la photo est vaste : je me suis essayée à la photographie d’architecture, au portrait de famille et à d’autre domaines pour finalement me passionner pour la photographie culinaire. Aujourd’hui, spécialisée en la matière, je travaille essentiellement avec des restaurateurs et des entreprises de l’agro-alimentaire halal. Depuis 2019, mon entreprise est implantée au Maroc, pays de la gastronomie !

Al-Kanz : Comme bien d’autres, vous avez fait de la photographie votre métier après une reconversion professionnelle. Comment avez-vous vécu le passage du statut de salariée au statut d’indépendante ?
Melia Lehlou :
J’ai fait mon entrée dans le monde du travail en tant qu’urbaniste dans une entreprise. Mais j’ai vite compris que le salariat ne me convenait pas. Je me sentais privée de ma liberté. Beaucoup de questions se sont bousculées dans ma tête jusqu’à ce que je choisisse de démissionner sans hésiter, mais sans non plus vraiment savoir ce que je voulais faire à ce moment-là.
En tant qu’urbaniste, j’avais toujours un appareil photo dans les mains lors des visites de chantiers ou encore des états des lieux des logements. Je ne me limitais jamais aux photos techniques, je me surprenais parfois à capturer des moments remplis d’émotions… C’est ainsi que j’ai commencé à pratiquer la photo à proprement parler.

Melia Lehlou, photographe professionnelle

Al-Kanz : Des plats cuisiniers, des aliments, plutôt que des couples ou des bébés. Pourquoi avoir choisi la photographie culinaire ?
Melia Lehlou :
Je me suis essayé au portrait, mais je me suis vite intéressée à la photo culinaire, tout d’abord parce que j’aime cuisiner. Mon choix s’est confirmé quand Rachid de l’entreprise 3D Confiseries m’a confié la réalisation des photos de ses produits. Ça a été une révélation pour moi, je le remercie de m’avoir fait confiance. J’ai eu la chance, aussi, de faire une formation avec Thomas Dhellemmes à l’Atelier Mai 98 via le centre de formation AFMI (Associés pour la formation aux métiers de l’image) qui m’a confortée dans mon choix.

Al-Kanz : A quoi ressemble une journée de travail type d’une photographe professionnelle ?
Melia Lehlou :
Ma journée type en tant que photographe culinaire est très sportive. Voici comment on pourrait la décrire :
– je prépare les recettes à réaliser, avec crayon et papier ;
– j’achète les aliments – qui doivent tous être frais – pour réaliser la recette ;
– je mets en place les décors, les fonds, la vaisselle et les accessoires ;
– je m’occupe de l’installation des lumières, les fameux setup ;
– je réalise la recette en cuisine ; c’est là que le stylisme entre en jeu ;
– je prends les clichés ;
– je travaille les photos sur mon ordinateur (post-production, retouches)
– enfin j’envoie un aperçu au client.
Voilà à quoi ressemble en gros mes journées.

Melia Lehlou, photographe professionnelle

Al-Kanz : Prendre des photos, tout le monde pense savoir le faire. Dans quelle mesure l’explosion de la photo numérique, la sophistication des appareils photos des smartphones et bien entendu Instagram biaisent le regard porté sur votre métier, très souvent dévalorisé ?
Melia Lehlou :
C’est certain, la photographie numérique s’est très largement démocratisée et c’est tant mieux ! Malgré tout, je ne pense pas que le métier de photographe ait été en conséquence dévalorisé. Pour moi, un photographe est un artiste avec une sensibilité et une créativité qui font toute la différence.
L’appareil photo ne fait pas le photographe. On peut d’ailleurs être très bien équipé et être mauvais. Au contraire, on peut se limiter au minimum en matériel pour se consacrer à l’essentiel, c’est-à-dire à la composition, au message que l’on veut faire passer. Les photos que l’on trouve sur Instagram sont souvent vides de sens. Montrer une réalité faussée et superficielle, c’est tout le contraire de ce que réalise un photographe professionnel.

Al-Kanz : Comment dans ces conditions valorisez-vous votre travail ? Ou dit autrement comment fait-on quand on est professionnel de la photo pour convaincre Monsieur Tout le monde de payer des clichés qu’il pense pouvoir réaliser gratuitement ?
Melia Lehlou :
Aujourd’hui, on a la chance de pouvoir rendre notre travail visible sans trop de difficultés grâce aux réseaux sociaux et plus généralement à Internet. Je ne consacre pas beaucoup de temps au démarchage de clients. Le bouche-à-oreille fonctionne bien dans mon cas. Je laisse mon travail parler pour moi.
Pour ce qui est de convaincre le client, je pense que, quand celui-ci a un œil aguerri, la question de la qualité des clichés ne se pose pas. Néanmoins, il faut faire preuve de professionnalisme, être à l’écoute de sa clientèle et être force de proposition. C’est là que se trouve la valeur ajoutée du photographe. Je peux affirmer par expérience qu’un client convaincu et satisfait est d’abord un client qui a été écouté et mis en confiance.

Melia Lehlou, photographe professionnelle

Al-Kanz : Diriez-vous que les restaurateurs musulmans, qui constituent une partie de votre clientèle, ont dépassé ce stade ? Ou devez-vous encore convaincre qu’une photo réussie est un investissement gagnant ?
Melia Lehlou :
Je dirais que les professionnels de la restauration savent bien faire la différence entre un photographe amateur et un photographe professionnel. Les photographies prises avec un smartphone font l’affaire pour communiquer sur les réseaux sociaux. En revanche, dès lors qu’il s’agit d’affiches, de site Web, etc., ils n’ont d’autre choix que de faire appel à un professionnel pour réaliser des clichés de qualité et adaptés.

Al-Kanz : Pour finir que conseillerez-vous à des photographes amateurs qui rêvent de devenir professionnels, mais n’osent pas se lancer ?
Melia Lehlou :
Mettre de côté la technique dans un premier temps et aller chercher la créativité au plus profond de soi et dans d’autres disciplines comme la peinture. Et bien entendu ne pas avoir peur de l’originalité.

Site officiel : www.melialehlou.fr (en maintenance)
Instagram : @melia_lehlou



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