Idée reçue n°1 : la banque islamique doit prêter à taux zéro

Par Al-Kanz

Finance islamique. Bien qu’elle ait le vent en poupe ces derniers temps, la finance islamique souffre d’idées reçues qui parasitent sa bonne compréhension par les non-initiés. Nous vous proposons, en partenariat avec l’Acerfi et l’Aidimm, d’en finir avec ces idées reçues.

islamic finance ©Ammar Abd Rabbo

Finance islamique. Depuis quelques mois, il n’est pas un jour sans qu’un article dans la presse ne soit consacré à la finance islamique. De même les forums de discussion sur Internet, tout comme les blogs, regorgent de commentaires en tout genre sur la question. Avec une constante : beaucoup de bruit, de préjugés, voire de désinformation, et surtout d’idées reçues.

C’est pourquoi nous avons sollicité l’Acerfi et l’Aidimm pour une série d’articles dont l’objectif est de battre en brèche ces idées reçues et de permettre à chacun de comprendre les tenants et les aboutissants de la finance islamique. Pour ce premier article, Mouhammad Patel, membre de l’Acerfi, et Boubkeur, membre de l’Aidimm, ont décidé de tordre le cou à l’idée selon laquelle une banque islamique doit concéder gratuitement des prêts à ses clients.

Destinés au grand public, les articles à venir ne pourront toutefois pas toujours faire abstraction de termes techniques. Cela étant, il n’est pas nécessaire de comprendre précisément ce que ces termes recouvrent pour comprendre. Ceux qui veulent en savoir plus peuvent consulter le glossaire en ligne proposé par l’Aidimm : glossaire finance islamique.

Idée reçue n°1 : la banque islamique doit prêter à taux zéro.

Faux. Une banque islamique n’est pas un organisme à but non lucratif ni une organisation caritative : c’est avant tout une société commerciale qui exerce une activité lucrative qui a pour fonction de proposer à ses clients toute une série de services ou de produits financiers permettant de répondre à leurs besoins de financement et/ou d’investissement en faisant appel à des transactions qui sont autorisées dans le droit musulman.

Un établissement de finance islamique n’est donc pas un simple intermédiaire financier. Il assume réellement et pleinement, avec les avantages mais surtout les risques que cela implique le rôle de :

– commerçant dans les opérations de mourabaha ou de salam
– bailleur, dans les opérations de ijara ou de moucharaka moutanaqissa
– d’entrepreneur ou de constructeur dans les opérations de moudharaba ou de istisnâ’
– de prestataire de services à titre onéreux, par le biais des contrats de djou’aalah, de wakaalah
– d’investisseur par le biais des opérations de wakaalah, moudharaba, moucharaka
– d’emprunteur par le biais des contrats de qardh, entre autres…

La vocation d’une banque islamique n’est ainsi pas d’octroyer à ses clients de prêts à taux 0 % : elle peut néanmoins le faire dans certains cas et pour des montants très limités, sous forme de qardh hassan, mais cela n’entre pas dans le cadre de son activité de base. Comme toute entreprise commerciale, elle conduit ses opérations de sorte à pouvoir couvrir ses charges et dégager un bénéfice. Elle a un bilan comptable à tenir. Elle est par ailleurs soumise à des impératifs règlementaires spécifiques et très stricts, comme la nécessité de respecter des ratios de solvabilité par exemple.

Ses capitaux viennent avant tout de ses fonds propres. Ensuite c’est en grande partie grâce à l’argent de ses clients, sur des comptes de dépôts bloqués ou non, qu’elle peut proposer ses services et produits de placement halal ou de financement halal. Ses sources de revenus vont venir des placements qu’elle va à son tour faire sur les marchés financiers (par exemple sur les marchés de matières premières ou immobilier en faisant des opérations achat-revente qui vont lui donner des profits). La banque va agir en quelque sorte en tant qu’agent pour ses clients en faisant « fructifier » l’argent déposé sans pour autant garantir un revenu fixe à l’avance. Cependant, les spécialistes ont développé un certain nombre de mécanismes halal permettant de couvrir les pertes à la fois de la banque et de ses clients.

Dans un contexte occidental, une banque islamique ne peut en aucun cas emprunter de l’argent auprès des autres banques sur le marché interbancaire à cause du taux d’intérêt. Ce qui rend l’exercice encore plus délicat. En cas de problème de liquidité, elle ne peut pas non plus emprunter à la banque centrale toujours à cause du taux d’intérêt.

Voila donc un ensemble d’éléments qui nous permettent de comprendre qu’une banque islamique n’est pas un établissement social qui peut prêter de l’argent à tous les musulmans à taux zéro. Elle est avant tout une société privée, non étatique, qui fait des opérations de commerce respectueuses du droit musulman.



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Vos réactions (81 commentaires)

  1. Jamila    

    BarakALLAHufikum ! Excellente initiative ! Ce serait intéressant de proposer ces articles sous forme de fiche explicatives PDF afin de les conserver bien précieusement !

    1
  2. Al-Kanz    

    as-salâmu a’laykum

    Wafîk baraka-Llâh. La suite ne devrait pas vous déplaire.
    Pour le PDF, c’est une bonne idée, mais attendons d’avoir plusieurs articles in châ’a-Llâh.

    2
  3. tiza    

    salam aleykoum

    c’est vrai que c’est une idée très rependue,
    merci

    3
  4. Oum_Islème    

    Assalamou aleykoum,

    Très bonne idée.
    BarakaAllahou fikoum.

    4
  5. David    

    asSalam 3aleykoum,

    Effectivement, on s’attend forcement à ce qu’un établissement bancaire qui ne pratique pas l’usure, prête à taux Zero.

    Mais alors j’ai peut-être mal lu ou mal compris…

    Si la banque islamique ne prête pas à taux 0, c’est qu’on lui rembourse plus que ce qu’elle nous prête… Non ?

    Quel est donc la différence avec Riba (l’intérêt) ?

    BarakAllahou fikoum pour vos éclaircissements, inshaAllah.

    wa Salam 3aleykoum.

    5
  6. David    

    asSalam 3aleykoum,

    (J’avais oublié de cocher « suivez la discussion »).

    6
  7. Al-Kanz    

    as-salâmu ‘alaykum

    David,

    La différence, c’est que dans un cas c’est riba dans l’autre c’est du commerce. Et comme Allah a interdit rîba mais pas le commerce, le second est autorisé. Concrètement, si dans les deux cas, il y a plus-value, l’une des deux voies est illicite.
    Si on peut prendre une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut :), vendre des pommes est licite, vendre du shit ne l’est pas :).

    Ma réponse étant de piètre qualité, je vous invite à suivre cette série d’articles sur les idées reçues sur la finance islamique. Vous devriez trouver réponse à votre question in châ’a-Llâh.

    7
  8. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    Si jeux me permettre, David, il y a une énorme différence.
    En sus de ce qu’a rappelé Al-Kanz (commerce vs riba) je vois deux choses (mais il y en a sûrement plus, je ne suis pas une spécialiste) dont l’une constitue le coeur de l’article :

    – la somme qui revient à la banque classique en tant que Riba peut être aussi réinjectée dans des activités/projets illicites tierces (tiers) (alcool, pornographie, etc.), ce qui n’est évidemment pas le cas de la banque islamique avec la plus-value qu’elle touche. On peut donc être assuré de la licéité de la destination de cette plus-value. Ce qui n’est pas le cas des intérêts.

    -[coeur de l’article] forcément prêter de l’argent sans rien en gagner (pas de plus value) ne permet pas de soutenir le fonctionnement de structures bancaires telles que nous les connaissons… il est donc parfaitement logique de rémunérer la banque pour ses services rendus mais sous une forme saine (apparentée à une forme commerciale).

    Il n’y a pas que l’argent qui « sort » de notre poche qu’il faut considérer mais aussi ce que la banque classique en fait et qui est malsain.

    Et Dieu Sait mieux.

    8
  9. Mohamed    

    Salemou aleikoum,
    je ne suis pas spécialiste des finances Islamiques, mais, je commence à comprendre un peu, car j’ai un projet d’investissement pour créer de l’emploi et j’essaie de trouver une banque Islamique pour le financer ou autre organisme qui soit disant ne pratique pas l’Usure, je dit l’usure, car, quant on s’approche de ces établissements pour demander un financement quelconque, là, la grande surprise, car non seulement ils raisonnent strictement de la même façon que les banques dites « REBAOUIA » , et quant on compare ou on calcule le pourcentage ou carrément le taux de la transaction supposée ou la plus value on tombe des nues !!!! des taux dépassant l’imaginable, des recettes de calcul, il faut être financier probablement très chevronné pour les comprendre.
    Ces banques, elles n’ont de l’Islam que le nom.
    Ce que je n’arrive pas à comprendre de la part de ceux qui cautionnent ces banques et qui sont encore au 12° siècle, c’est interdire un soit disant Riba à un taux de 3 à 6% et autoriser des taux frôlant le 100%.
    Allahou Aalam.
    Votre frère Mohamed

    9
  10. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    Mohamed, je pense que non, vous n’avez pas compris le fonctionnement de ces banques.
    Pourquoi dire « soit-disant Riba », « soit-disant banques islamiques » ou « soit-disant plus-value » ?

    Je le redis : le riba n’est pas de l’argent que la banque ne fait que mettre dans ses poches subhannaLlâh… elle peut l’utiliser à des fins non-licites et pour des projets qui ne cadrent pas avec l’éthique islamique.
    CE QUI N’EST PAS LE CAS D’UNE BANQUE ISLAMIQUE : sa plus-value n’ira JAMAIS vers des destinations illicites (industrie pornograhique, industrie porcine, production de produits alcoolisés, prostitution plus ou moins maquillée, etc.).
    D’où l’intervention de Sharia-boards.

    10
  11. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    @ Mohamed :

    Pour votre projet, avez-vous tenté d’approcher un groupe de Capital-Risque « islamique » dans son fonctionnement en France ?

    11
  12. David    

    asSalam aleykoum,

    Je ne suis pas spécialiste, tout comme Mohamed (ni vous me semble t il), mais ce système ressemble malgré tout bien à du « riba camouflé »…

    Le fait que l’argent des banques islamiques ne financera pas des commerces illicites est certes une très bonne chose et un point très important. Mais la question est Riba.

    J’ai l’idée que Riba, c’est demander à celui qui emprunte, de rembourser plus qu’il n’a emprunté. Celui qui emprunte n’est pas un commerçant, il ne fait pas du commerce lorsqu’il demande qu’on lui prête de l’argent, wa Allahou a3lem.

    La Banque islamique vendrait donc une prestation (puisqu’il ne peut s’agir de commerce de bien) ? A quelqu’un qui ne veut rien acheter, qui n’est ni acheteur, ni vendeur, mais qui demande qu’on lui prête de l’argent.

    Très honnêtement, c’est « louche »…

    Alors ok, la banque doit vivre… Mais si elle est incapable de « vivre » sans Riba ou sans un Riba « camouflé »… On peut toujours se rabattre sur les Fatwa (très souvent critiquées) autorisant de payer ce Riba, dans certains cas… Au moins, on ne ment à personne, on ne fait pas semble et on s’en remet à un Fatwa (dont chacun appréciera la valeur).

    L’idée de Banques Islamiques dépourvues de Riba est vraiment bien, mashaAllah, mais la réalisation me parait encore un peu douteuse.

    wa Allahou a3lem.

    12
  13. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    Donc une banque islamique devrait être sociale et prêter gratuitement à des millions de gens sans rien en attendre en retour.
    C’est ce qui serait islamiquement acceptable pour vous ?
    ET c’est « louche » dites-vous ?

    Questions accessoires : comment tourne-t-elle ? Comment paie-t-elle ses employés, sa recherche, son développement ?
    Comment peut-elle être à la pointe de la finance si elle doit marcher comme cela, gratuitement ?

    (on est en plein dans le thème de l’article et de l’idée reçue)

    13
  14. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    @ Mohamed et David :

    J’ai encore une question si vous le permettez : en dehors de cette fameuse fatwa (qu’apparemment tout le monde a consulté) qu’avez-vous lu, écouté ou suivi sur la finance islamique ? Une formation ? Une conférence ?
    Quelles sont les éléments qui vous permettent de dire que « la banque islamique c’est louche », « du riba camouflé », etc. et de donner l’avis qui est le vôtre.

    14
  15. Al-Kanz    

    as-salâmu ‘alaykum

    David

    Quand on n’est pas spécialiste et qu’on le sait, on a le réflexe de demander plutôt que d’affirmer tout en ignorant. Surtout lorsqu’il s’agit de jeter le discrédit, voire de calomnier ses frères. Préserver sa langue est certes un exercice difficile, mais ô combien salutaire.

    15
  16. David    

    asSalam aleykoum,

    Vous demandez : Questions accessoires : comment tourne-t-elle ? Comment paie-t-elle ses employés, sa recherche, son développement ?
    Comment peut-elle être à la pointe de la finance si elle doit marcher comme cela, gratuitement ?

    => Si elle ne peut pas fonctionner gratuitement et ne trouve comme seul solution un « riba camouflé », et bien qu’elle ne fasse donc rien.

    Quant à mon « avis » :

    La question, le sujet c’est bien les idées reçues justement. Et oui, je suis en plein dedans. Et non, je n’ai participé à aucune formation ou conférence… C’est bien pour cela que je suis ici.

    Je ne fais donner mon impression (sur mes « idées reçues) et poser des questions.

    Si mon intervention vous dérange, censurez moi, effacez mes messages, inshaAllah.

    wa Salam 3aleykoum.

    16
  17. David    

    asSalam 3aleykoum

    Vous dites : Quand on n’est pas spécialiste et qu’on le sait, on a le réflexe de demander plutôt que d’affirmer tout en ignorant. Surtout lorsqu’il s’agit de jeter le discrédit, voire de calomnier ses frères. Préserver sa langue est certes un exercice difficile, mais ô combien salutaire.

    => Certains éléments me paraissent louches. C’est tout. Je n’ai insulté, calomnié, jugé personne.

    J’aimerais juste comprendre.

    Mais je pense ne pas m’adresser aux bonnes personnes ici, wa Allahou a3lem.

    On m’accuse de « jeter le discrédit » « sans connaissance ». D’autres semblent défendre cette « finance Islamique », sans vraiment en avoir vraiment plus (de connaissance).

    En tout cas, BarakAllahou fikoum pour votre article qui permettra inshaAllah, à défaut de donner des explications précises, de mettre un terme à ces « idées reçues » inshaAllah.

    wa Salam aleykoum.

    17
  18. Al-Kanz    

    as-salâmu ‘alaykum

    David,

    Prenons juste ceci : « Au moins, on ne ment à personne ». Je ne suis pas certain que vous êtes là que dans le questionnement et la recherche de réponse, ni même dans le doute. Mais bien dans la suspicion et aux portes de la calomnie. Votre intervention ne dérange pas parce qu’elle pose des questions, mais parce qu’elle relève du soupçon.
    Vous avez tout à fait le droit de trouver que la FI n’est pas ce qu’elle doit être, mais dans ce cas argumentez de façon solide, pas en jetant la suspicion à partir de simples « impressions ».

    18
  19. Mohamed    

    Salamou aleikoum,
    moi je n’ai jamais imaginé une institution avec tous les frais et les salariés qu’elle emploie donne de l’argent gratuitement mes frères, ça n’existe pas même à la Mecque et ne pourra jamais exister à mon avis.
    Simplement ce que je veux dire qu’il faut de l’argent pour que les musulmans de ce payer ou ailleurs puissent investir, créer de l’emploi, acquérir des toits pour leurs progénitures………………….
    Pour peser dans le monde actuel , il faut peser intellectuellement, moralement, physiquement, economiquement etc ,etc ……

    Combien pèse la communauté musulmane économiquement en Europe????? et ce là selon certains spécialistes a cause du manque de la Fatwa « moderne » , « courageuse » « contemporaine »…..

    Il existe un consensus entre les savants que le mot intérêt n’est pas le Riba, et le Riba est l’Usure et c’estt l’Usure qui est interdit par le KORAAN ET LA SUNNA.
    Salem

    19
  20. David    

    asSalam aleykoum,

    « Au moins, on ne ment à personne » : Ca ne veut pas forcement dire que la FI ment à quiconque, mais que la Fatwa autorisant le Riba (pour l’achat d’un logement me semble t il, et dans certaines conditions…), est claire. Elle autorise ce qu’Allah a interdit : Chacun fait son choix après ça.

    Maintenant, si cette phrase ou d’autres phrases de mes interventions vous gênent, effacez les, comme vous avez pu effacé les messages de « soeurs ».

    Et si j’ai calomnié, si j’ai menti au sujet de Frères, je leur présente mes excuses afin qu’ils me pardonnent et qu’Allah me pardonne, et qu’IL leur pardonne comme il m’auront pardonné.

    wa Salam aleykoum.

    20
  21. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    David, nous sommes dans une discussion entre non-spécialistes wal hamduliLlâh.
    Cependant, nous ne nous permettrions pas de donner notre avis sur un sujet de médecine car nous ne sommes pas médecins sauf si des recherches personnelles ont accompagné notre avis de non-spécialiste, toujours.

    Maintenant, moi je vous dis que j’ai assisté à une formation, à deux conférences et que j’ai lu 3 livres à ce sujet et au moins une cinquantaine d’articles.
    Donc, non, je ne suis pas une spécialiste et je ne défends pas les banques islamiques telles qu’elles sont aujourd’hui non plus.
    Simplement, vous mettez en doute certaines choses sur des impressions. Oseriez-vous le faire pour tout autre sujet sans vous être un minimum documenté ? (droit, problème administratif, médecine, construction ou que sais-je)

    Cet article émane d’un savant reconnu, Cheikh Patel et d’un financier musulman.
    Je me dois d’avoir un avis étayé avant de dire des phrases comme « riba camouflé », « mensonge », etc. Vous ne pensez pas ?

    J’en reviens maintenant au sujet en reprenant l’article :

    « [La banque islamique] assume réellement et pleinement, avec les avantages mais surtout les risques que cela implique le rôle de :

    – commerçant dans les opérations de mourabaha ou de salam
    – bailleur, dans les opérations de ijara ou de moucharaka moutanaqissa
    – d’entrepreneur ou de constructeur dans les opérations de moudharaba ou de istisnâ’
    – de prestataire de services à titre onéreux, par le biais des contrats de djou’aalah, de wakaalah…
    – d’investisseur par le biais des opérations de wakaalah, moudharaba, moucharaka…
    – d’emprunteur par le biais des contrats de qardh, entre autres… »

    Ce que je comprends :

    SAUF pour des cas de Qardh Hassan, pour le reste, la banque perçoit une plus-value pour ses engagements et ses fonctions de bailleur, d’investisseur ou même de « constructeur »… et POUR CES SERVICES elle doit être rémunérée comme vous payeriez tout autre entrepreneur ou bailleur, non ?

    Ou alors, vous considérez leurs services comme caritatifs et là on entre dans une tout autre discussion.

    21
  22. Dazahid    

    Assalâmu ‘alaykum

    Par ailleurs, Cheikh Patel ou Boubkeur Ajdir pourraient-ils dans un commentaire ou dans un article suivant, expliquer clairement la différence de nature et de destination d’un intérêt et d’une plus-value ?

    BârakaLlâhu fîkum.

    22
  23. amine    

    salam alaikoum

    merci pour vos commentaires mes chères frères.
    Je viens ici pour essayer de comprendre un peu dans les finances islamiques et je pose quelques questions si quelqu’un peut me répondre.
    je suis passé par une mauvaise expérience en déposant mes economies dans une banque islamique connue,mais malhereusment elle a fait faillite et j’ai tout perdu kadara allah ma chaa faal,donc quand j’entend finance islamique je suis un peu sur mes gardes et ça se comprend.
    On dit que la banque a des employés et des frais comme toutes les banques mais est ce plus qu’une banque traditionnelle? pourquoi une banque traditionnelle donne avec des taus raisonable et pas la banque islamique?
    Est ce le faite que l’argent va dans des investissement licites justifie des prêts a des taux elevés mais peut etre pas le mot(je suis ignorant dans le domaine des FI) mais au total on rembourse entre 3 et 4 fois plus qu’un prêt classique.
    Quand je me suis rapproché de banques islamique ,on m’a proposé des produits certe dont l’appélation est licite ou islamique mais le contenu est le même que les banques classique mais a un taux beaucoup plus elevé etes vous d’accord avec moi si non expliquer moi!!!
    Enfin j’ai un projet plus humanitaire que commercial comment dois je faire pour le financer sans me ruiner ni deposer le bilan au bout de quelques mois
    DOIS JE M’ABSTENIR OU ACCEPTER DES TAUX INSUPPORTABLE OU ALLER VERS LE RIBA
    DONNER MOI VOS IMPRESSIONS
    Y A T IL DES PERSONNES COMPETENTES POUR M’ECLAIRCIR

    merci a vous

    salam alaikoum

    23
  24. David    

    asSalam aleykoum,

    Je connais (un peu) Chikh Muhammad PATEL, et j’ai un profond respect pour lui et ce qu’il fait à la Réunion et pour la communauté en général : Qu’Allah le récompense de la meilleur des rétributions.

    Mais je suis un peu idiot…

    J’avais l’idée (reçue?) que, par exemple, Riba avait été prohibé afin d’éviter que certains fassent commerce du prêt d’argent (ou de biens), voire du besoin ou de l’indigence des gens.

    C’est pourquoi je ne peux comprendre qu’on puisse en faire commerce !

    Et, effectivement, ces banques doivent pouvoir fonctionner. Mais vous conviendrez que la fin ne fait pas toujours les moyens, n’est ce pas ?! la nécessité, pour ces établissements, de « fonctionner » ne pourrait entrainer l’utilisation du Riba, sous quelque forme que ce soit. N’est ce pas ?

    Malgré votre bonne volonté et vos arguments, j’ai bien du mal à voir une différence entre prêt à intérêt et prêt avec prestation de service onéreuse, si ce n’est le nom.

    Chikh Muhammad PATEL pourrait effectivement intervenir, si le temps le lui permet, inshaAllah… Mais de toute façon, ceci n’est pas une affaire de « consommateurs », mais de 3ulama.

    Attendons que la question soit étudier par tous, et s’il y a ijma3, de doute, il ne pourra rester, inshaAllah.

    Encore une fois, BarakAllahou fikoum.

    wa Salam aleykoum.

    24
  25. David    

    asSalam aleykoum,

    Rectification dans mon message précédent, inshaAllah :
    (la partie en majuscule)

    « J’avais l’idée (reçue?) que, par exemple, Riba avait été prohibé afin d’éviter que certains TIRENT PROFIT du prêt d’argent (ou de biens), voire du besoin ou de l’indigence des gens.

    C’est pourquoi je ne peux comprendre qu’on puisse en faire commerce ! »

    25
  26. sa3da    

    Assalamou alaykoum,

    J’étais moi aussi persuadée qu’il était illicite de demander un taux d’intérêt. Pour moi, il est naturel que celui qui a aide celui qui n’a pas en lui faisant un prêt, pour lequel je ne vois pas pourquoi il obtiendrait une rémunération. Plus, après avoir vu « Let’s make money », j’ai vu dans quelle mesure l’intérêt pouvait être un instrument de pouvoir et d’asservissement. Que les banquiers soient rémunérés pour leur travail, naturellement. Mais pourquoi ne serait-ce pas par exemple par des frais au prêteur, contre la sécurité de son bien (et pour sa conscience) ? Si les banques « islamiques » font du prêt contre intérêt, mon argent est tout aussi bien dans les banques traditionnelles. Ceci dit, je m’en doutais un peu, que ces banques ne seraient jamais telles que je souhaiterais (déjà parce que ce sont des banques). Tout comme j’ai de gros doutes sur la licéité du halal dans l’alimentaire (et encore plus depuis l’affaire du foie gras). Lorsque j’aurai le temps, j’essaierai inchaAllah d’étudier mieux le sujet halal-haram, pour le moment je dois malheureusement me contenter de ce que me dicte ma conscience, wa Allahou a3lem.

    J’aurais aimé fonder une association à but non lucratif pour faire le lien entre prêteurs et emprunteurs, malheureusement j’ai perdu toute confiance en l’humain et le risque est trop gros. C’est très dommage. L’idée de l’association, justement partant du problème de l’argent physique etc. Car un établissement qui contient de l’argent doit être protégé = coûts, organisation, etc. et à un moment il faut collaborer avec l’Economie et c’est exactement ce que je voudrais contourner. Mais ce dont j’aurais rêvé ne peut fonctionner qu’avec une bonne dose d’honnêteté et de bonne volonté. Ou moyennant un système d’assurance, c’est aussi jouable. Un jour incha3Allah ça pourra peut-être dépasser le rêve.

    S’il vous plaît, essayer de vous procurer le film « Let’s make money », il est extrêmement important pour comprendre les rouages de l’économie.

    Et juste un mot. Je pense qu’il sera impossible de déterminer dans la totalité ce qui est halal ou haram dans l’économie actuelle, tout simplement parce qu’elle n’a plus rien à voir avec celle qui existait au temps de notre prophète *saws*. Alors à un moment donné, il faut se poser la question de l’utilité. Retourner aux sources, aussi aux sources de… l’argent. Autrefois moyen d’échange génial, aujourd’hui outil d’asservissement. A cause de la thésaurisation (haram, je pense que nous sommes tous d’accord sur ce point) et des taux d’intérêt (voir la situation dans certains pays d’Afrique => Let’s make money).

    @ amine : pourriez-vous m’en dire plus sur votre projet ? barakAllahou fik.

    wa salam

    26
  27. Chakil    

    As-salâmou-‘alayakoum
    Post 19 : »Il existe un consensus entre les savants que le mot intérêt n’est pas le Riba, et le Riba est l’Usure et c’estt l’Usure qui est interdit par le KORAAN ET LA SUNNA ».

    Je ne peux pas vou laisser dire de telles bétises.
    Le Ribâ, c’est l’intérêt (et l »usure)… Il est parfois très dangereux de jouer aux spécialistes, mon frère.
    J’aimerais bien savoir la source sur laquelle vous vous basez pour parler de consensus des ‘olamahs ???

    27
  28. M_P    

    Assalâmoualaïkoum

    Pour information, Cheikh Qaradâwi et Cheikh Al Qouradâghi, qui font tous deux partie de la Commission Européenne de l’Ifta (et qui compte aussi parmi les signataires de la fatwa contestée sur la permission du recours au crédit immobilier en Europe sous certaines conditions), considèrent tous deux que les pratiques courantes de la finance islamique contemporaines (mourabaha, idjara,…) sont tout à fait licites et ne sont en aucune façon comparable aux opérations ribawis.

    Tous deux font ainsi partie du Sharia Board de plusieurs banques islamiques, comme QNB AL ISLAMI par exemple (voir : http://www.qnb.com.qa/alislami/innerIndex/DocIndex.jsp?currentPage=IslamiShariaBoardMembers&LangPref=en )

    Cheikh Al Qouradâghi fait même partie du Sharia Board de l’AAOIFI (l’organisme qui énonce les normes et standards appliqués dans la quasi-totalité des établissements de finance islamique actuellement) : http://www.aaoifi.com/sharia-board.html

    Wassalâmoualaïkoum

    28
  29. sa3da    

    @ Chakil

    Alaykoum salam, barakAllahou fik, effectivement on ne peut pas parler de consensus ! Le consensus = tout le monde d’accord et c’est assez loin d’être le cas apparemment. Sur fatwa.org le statut de l’intérêt est clair : interdit. Donc pas de consensus. Du fait de la divergence, c’est chacun pour sa conscience. Mon avis est fait, malheureusement pas encore traduit par les actes.

    29
  30. bisounours    

    @ Al-Kanz: Très bonne initiative, cela permettra sûrement de lever beaucoup de zones d’hombre.

    @ Amine:
    Merci pour ton témoignage, rien que ça devrait définitivement faire qu’on trouve un autre qualificatif autre que « Islamique » à ce genre de banque. Mais si on ne veut pas salir l’Islam il ne faut pas le galvauder et s’en servir d’enrobage commercial.

    Pour ce qui est de trouver des fonds, on est pas au pays des bisounours, il faut vendre ton projet à qui y aura intérêt. (sponsor, établissement public etc …)

    Se je peux me permettre, l’usure désigne l’intérêt concédé lors d’un prêt.

    Dans les opérations d’investissement , on peut imaginer plusieurs situations.
    Une entreprise veut se développer, elle à besoin de fonds :
    – a – Elle emprunte à taux > 0 de l’argent à une banque –> Usure, le risque n’est pas partagé par la banque
    – b – La banque investit avec la société, et partage les risques —> partage des pertes et/ou bénéfices

    Le cas -a- est le plus courant pour les PME et artisans, mais le cas -b- arrive lorsque le projet peut rapporter gros,et c’est là qu’interviennent les fonds d’investissement.
    Si l’établissement d’investissement a une charte qui suit l’éthique islamique, il veillera à ce que les activités du projet soit en accord avec ses principes.

    à ce stade, il n’y a pas besoin de structure spéciale, car les fonds d’investissement existe partout et proposent des financements sans pratique de l’usure.

    Par contre, s’il s’agit d’un particulier qui accéder à un bien, je ne préfère pas me prononcer. Je dois sûrement avoir une idée reçu selon laquelle aucune banque dite « islamique » ne propose de financer un particulier pour un bien.

    @ AIDIMM, Al-kanz, tous
    Serait-il possible de donner un qualificatif autre que « Islamique’ à ce type de banque,

    30
  31. Mohamed    

    Salemou aleikoum,
    Baraka Allahou fiq Chakil, c’est normale et c’est tout a fait ligitime ta question.
    Notre discussion je l’espere est entre des gens lucides et ce que je te dit ou ce que disent les autres n’est pas du CORAN,
    mon frère je pense que les musulmans qui ont fait les 10 siecles de gloire et de lumière de la nation musulmane ne disaient pas AMEN à tout…..

    Je suis specialiste d’autre chose, mais tu sais je ne l’ai pas inventé de ma tete cette reflexion, car je suis interessé par la question depuis des années avec des hauts et des bas ,mais, simplement depuis quelques mois je suis plus interessé, car comme je l’ai dit dans mes commentaires précédents, j’ai l’experience d’avoir demander le financement par une banque dite « islamique » et je pèse mes mots et ce n’est pas de la calomnie s’il te plait.

    Je m’explique et peut etre j’ai fait une faute involontaire, que Allah me pardonne.
    —–il existe un consensus entre les savants que: usure = riba = haram
    —–il n’existe pas de consensus entre les savants que: interet = usure

    Concernant cette question de  » consensus » je l’ai d’un frère qui a fait des etudes de la Charia en Algérie puis un Master en finance islamique en Syrie avec un mémoire de 600 pages sur la question « finance islamique » et un stage pratique dans les banques Saoudienne, je pense qu’on peut lui accorder le titre de « spécialiste » , et Allahou Aalam.
    Salem

    31
  32. M_P    

    Assalâmoualaïkoum

    Le Qour’aane ne parle ni d’usure, ni d’intérêt. Il parle simplement de ribâ. Et pour savoir ce qu’est le ribâ, il faut revenir aux écrits des savants compétents. Et tous les savants compétents s’accordent pour considérer que l’intérêt, même à taux infime, constitue du ribâ.

    Wa Allâhou A’lam !

    Wassalâmoualaïkoum

    32
  33. David    

    asSalam aleykoum,

    Je vais encore passer pour un imbécile, mais j’avoue que je ne connaissais pas la différence entre « usure » et « intérêt ».

    J’ai trouvé ceci : L’usure est un terme financier qui désigne les prêts abusifs assortis de taux d’intérêt trop élevés.
    (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Usure)

    Donc Riba = Intérêt (et donc usure, le cas échéant) = Haram.

    Tout intérêt est Riba, mais tout intérêt n’est donc pas (forcement) usure. Mais quoi qu’il en soit, Intérêt et Usure (Riba) sont donc Haram.

    Ai je bien compris ?!

    33
  34. Al-Kanz    

    as-salâmu ‘alaykum

    David,

    Oui, c’est kif kif. En islam, la distinction entre intérêt et usure n’existe pas.

    Petit rappel à tous : merci d’éviter de donner des avis non seulement personnels mais surtout qui ne reposent sur rien. Ca ne rime à rien, ça crée du bruit, ça embrouille et au final, les commentaires risquent de ne pas passer.

    34
  35. faizakia    

    Juste une question. Qu’en est il de l’inflation. On te prète en 1900 l’équivalent en euros de 100 euros, et tu les rends en 2009 (ok certes tu as tardé pour rendre les sous mais bon c’est pour l’exemple).

    100 euros en 1900 tu pouvais acheter 1000 baguettes, aujourd’hui tu peux en acheter que 100.
    On fait quoi là ? on rend 100 tout de meme ?

    Désolée c’est pas un forum pour des cours de Finance islamique mais bon, si vous aviez des éléments de réponse (liens, explications brèves)

    Barak Allah ou fikoum

    35
  36. sa3da    

    @ David

    Wa alaykoum salam,

    Non, tu ne passes pas pour un imbécile, on ne peut pas tout savoir ;)

    L’usure est ici un terme juridique, en Suisse la limite est fixée à 19% sauf erreur, ailleurs je ne sais pas, j’avais entendu qu’en Amérique il n’y avait pas ce genre de limite ou plus élevée, je ne sais plus. ça reste quelque chose de très relatif, donc.

    Personnellement, il y a une chose que je peine à comprendre : d’un côté l’article dit que les prêts ne sont pas à taux zéro, de l’autre que la banque ne peut pas, je cite « emprunter de l’argent auprès des autres banques sur le marché interbancaire à cause du taux d’intérêt ». Pour moi il y a comme qui dirait une contradiction. Quelqu’un peut-il m’expliquer ? BarakAllahou fikoum.

    Le vol est haram. De mon point de vue, c’est le voleur qui est en faute, le volé n’a rien fait de mal. Dans le cas du prêt, le lésé est celui à qui on réclame un taux d’intérêt, et la faute revient à celui qui le prélève, et non l’inverse… Sinon, ce serait partir du principe que si le vol est haram, celui qui a été volé a commis quelque chose d’illicite, et que le voleur peut voler puisqu’il a besoin de ce qu’il vole… :-S

    36
  37. faizakia    

    Cette question car dans l’intéret on intègre une part d’inflation

    37
  38. David    

    asSalam aleykoum,

    Vous dites :
    « Le vol est haram. De mon point de vue, c’est le voleur qui est en faute, le volé n’a rien fait de mal. Dans le cas du prêt, le lésé est celui à qui on réclame un taux d’intérêt, et la faute revient à celui qui le prélève, et non l’inverse… Sinon, ce serait partir du principe que si le vol est haram, celui qui a été volé a commis quelque chose d’illicite, et que le voleur peut voler puisqu’il a besoin de ce qu’il vole… :-S »

    Vous comparez, si j’ai bien compris, l’intérêt au vol, dans le sens où le seul coupable est celui qui vole et non celui qui est volé ?!

    Certains, ainsi, disent que l’intérêt, on a pas le droit (en Islam) de le prendre, mais bon peu le donner… Mais il me semble que l’intérêt est HARAM dans tous les sens et sous toutes ses formes, wa Allahou a3lem.

    38
  39. sa3da    

    @ faizakia

    Assalamou alaykoum,

    L’inflation n’est pas une fatalité, mais un des maux provoqués par l’économie telle qu’elle est actuellement. Et les fluctuations du taux d’intérêt y participent, puisque lorsque les taux d’intérêt sont plus hauts, le propriétaire peut augmenter les loyers. Donc le taux d’intérêt contribue à l’inflation, comme toutes les autres augmentations. Nous sommes très loin d’un système juste, mais ce n’est pas l’intérêt qui va arranger les choses, bien au contraire. En bref, la question est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, et ça va bien plus loin que des considérations halal-haram.

    En cas de déflation, puis-je te rendre le pro-rata ?

    L’intérêt fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande ou parfois comme outil de régulation, mais il n’est pas conçu pour compenser l’inflation. Ce n’est qu’une excuse pour se donner bonne conscience.

    39
  40. faizakia    

    @ sa3da
    MachAllah
    Barak Allah oufik

    40
  41. sa3da    

    @ David

    wa a3laykoum salam

    wa Allahou a3lem… oui je compare l’intérêt au vol, dans le sens où je ne prête que le superflu, dont autrui a besoin, et je n’ai fourni aucun service, aucun travail donc ça ne mérite pas rémunération, en demander une, c’est profiter de la détresse d’autrui.

    dans l’autre sens, je n’ai pas d’avantage à emprunter contre intérêt, je ne vais le faire que si j’y suis contrainte, n’est-ce pas ? tout comme je ne vais pas me faire détrousser de mon plein gré, mais si cela m’arrive, que faire ? après, il est vrai aussi que l’on ne doit pas se nuire à soi-même, dans cet ordre d’idée on peut effectivement partir du principe que l’intérêt est haram, point barre. seulement, il n’est pas toujours possible de tout acheter cash, je pense à celui qui veut acheter son logement, en particulier. ou, s’il a pu épargner la totalité, ou même une partie, c’est une grosse somme, qu’en a-t-il fait ? et c’est de nouveau un problème, qui ne se résoudra pas en autorisant ce qui est interdit, mais en faisant preuve de créativité inchaAllah.

    pour ce qui est du compte salaire, compte épargne, etc. là c’est plus compliqué, parce qu’à un moment donné il n’y a pas tant de choix. mais ce n’est pas du tout une question d’intérêt ou non, car mon interlocuteur est la banque, personne d’autre. donc là je suis en désaccord avec beaucoup de personnes je pense, et ce que j’expose n’est que mon avis personnel (puisque ce genre de questions n’a pas pu être traité avant que le système économique actuel n’existe !). pour moi, sachant ce que font les banques, le problème n’est pas seulement l’intérêt, mais bien plus l’argent qui va servir à de mauvais desseins. qu’il rapporte un intérêt ou pas au détenteur du compte !

    j’aurais aimé trouver en la finance islamique une bonne alternative, mais j’ai un peu l’impression que ce n’est pas le cas. ou alors je n’ai pas tout compris de la finance islamique. à mes yeux le taux est proscrit, en revanche on peut imaginer une participation aux bénéfices tout comme il y a un risque en cas de faillite. l’intermédiaire, en l’occurence la banque, pourrait se financer et couvrir les risques au moyen des bénéfices procurés par les investissements. le détenteur du compte, lui, n’aurait pas d’intérêt puisqu’il ne porterait pas le risque, porté par l’établissement. on peut imaginer par contre des frais (comme dans tous les comptes du reste) pour la gestion et la sécurité. c’est un service rendu ! ce serait évidemment bien moins rentable, tout comme dans le textile il est bien plus intéressant de faire travailler des enfants ou des gens sous-payés qui n’ont d’autre alternative que la misère. mais à un moment, il faut choisir ce que l’on veut… le foie gras halal, bof…

    41
  42. sa3da    

    @ faizakia

    wa fiki barakAllah :)

    qu’Allah swt nous guide, amine

    42
  43. Mohamed    

    Salemou aleikoum,
    @faizakia
    Très bonne question, je pense que cette question n’est pas anodine, car, dans l’ecole HANAFITE il existe une règle dans le FIKH HANAFITE qui régit la façon de rendre un emprunt entre particuliers selon sa valeur et non pas selon le chiffre emprunté.
    OUA ALLAHOU AALAM

    43
  44. Al-Kanz    

    as-salâmu ‘alaykum

    Mohamed,

    Merci d’éviter d’écrire en majuscules.

    44
  45. M_P    

    Assalamoualaïkoum

    Pour la très grande majorité des juristes musulmans (dont des experts contemporains du fiqh hanafite), le remboursement d’une dette en monnaie fiduciaire doit se faire selon le MONTANT EMPRUNTE et non selon la VALEUR. Pour plus de détails sur le sujet : http://www.finance-muslim.com/2009/04/remboursement-dette-devaluation

    Wassalâmoualaïkoum

    45
  46. M_P    

    Assalâmoualaïkoum

    Al Kanz,

    Désolé pour les majuscules dans mon précédent message.

    Wassalâmoualaïkoum

    46
  47. amine    

    @ mon frère sa3da
    je vous laisse mon e.mail a fin de vous dire plus sur mes projets
    aman40@maktoob.com
    salam

    47
  48. drouiche    

    Ibn Teymia dit qu’on peut utiliser le riba carrément hors du monde musulman .en plus, les hanafites disent qu’on peut rendre le prêt avec sa valeur récente et n’est avec la valeur au jour du prêt .c’est à dire le taux d’inflation est considéré toujours dans le remboursement des crédits .cette dernière question était discuté depuis des siècles chez les musulmans. Le premier qui a dit qu’on peut rendre le prêt en comptant le taux d’inflation était ELMAQRIZI rahimaho Allah.j’ai discuté personnellement avec ISSAM EL BACHIR .il m’a confirmé qu’on doit prendre une décision pareil mais ils nous manque du courage !Al qaradawi a dit clairement qu’un taux d’intérêt de 1% ne représente pas un riba.il ya plusieurs savant comme Tantawy ,Mohamed Habache et des autres qui ne considèrent pas l’intérêt comme riba !
    Je pense qu’il ya plusieurs sorties pour les musulmans occidentaux à conditions qu’on réalise une certaine harmonie nécessaires entre des économistes qui connaissent pas les fons de la Charia et des religieux qui comprennent rien dans l’ économie et la finance .
    hocine drouiche
    spêcialiste finance islamique

    48
  49. M_P    

    Assalâmoualaïkoum

    Mr Hocine Drouiche,

    Pouvez-vous m’indiquer les références précises pour vos affirmations concernant :

    – l’avis que vous attribuez à Ibnou Taymiyah ?
    – l’avis que vous attribuez aux hanafites ?
    – l’avis que vous attribuez à Al Maqrîzi ?
    – l’avis que vous attribuez à Al Qaradâwi ?

    Merci d’avance

    Pour ce qui est de Tantawi, comme vous le savez probablement vu que vous êtes spécialisé sur les questions de finance islamique, l’argumentaire qu’il a développé au sujet des intérêts a été, depuis bien longtemps, déconstruit de façon méthodique par les savants musulmans compétents qui comprennent parfaitement l’économie et la finance…

    Wassalâmoualaïkoum

    49
  50. faizakia    

    Pour ma petite expérience.

    On cherchait avec mon mari une maison pendant plusieurs mois. Un jour il m’a annocé « on arrète tout l’intéret est haram ».
    Catastrophe pour moi (je voulais mon chez moi, je me voyais deja faire des barbecue avec les amis)
    Et puis, crise des subprimes, essor (ou avancée) de la FI, prise de conscience. Un frère me disait et je trouvais cela bète tellement c’était logique « etre musulman c’est croire au Coran ». Et dans le Coran il est en effet stipulé que l’usure est interdite. Donc tu es musulmane ou pas ?

    Après moi (chaytan) j’essayais de négocier avec mon mari invquant des « ouai mais »… Et Franchement je vois les dégats des crédits. Et je me dis « Dieu sait ce que nous ne savons pas ». Oui Dieu me prive pour le moment du barbecue mais Il sait pourquoi

    Le problème du crédit c’est pas tant le fait que l’autre gagne de l’argent sur ton dos mais c’est que c’est une spirale infernale. Aujourd’hui si tu achètes une maison. Et que tu as des soucis pour rembourser ton crédit. C’est directement la saisie du bien. Et la revente du bien ne suffira pas à rembourser la dette que tu as auprès de ta banque tant les intérets sont importants.

    Si j’ai bien compris si demain tu rembourses pas ton « emprunt » à la banque islamique, eh bien elle reprend possession du bien et c’est tout.
    Non ?

    Du coup j’attends la FI et j’espère inchAllah qu’elle apportera uen solution pour que je fasse mon barbecue. En attendant je fais à la poele.
    (et puis surtout que j’arrète de payer 1200e par mois inutilement pour un F3 ! ! ! )

    50
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