Cryptomonnaies : « selon le droit musulman, il n’y a pas encore de fondement solide pour les autoriser »

Par Al-Kanz

Selon Muhammad Taqi Usmani, pour l’heure, les cryptomonnaies ne sont pas licites.

Kaaba Mecca Covid-19
Shutterstock.com

Du cours du Bitcoin qui fluctue à chaque tweet d’Elon Musk sur le sujet aux petits porteurs escroqués en passant par l’intérêt – l’adoption, comme au Salvador, ou la réglementation – porté par des Etats, pas un jour sans que les cryptomonnaies ne fassent l’actualité.

Les musulmans ne sont pas en reste. Les requêtes « Bitcoin, halal ou haram » et, pour le Web anglophone, «Bitcoin, halal or haram» renvoient à un nombre incalculable d’articles, de vidéos et de sites Web.

Interrogé à l’occasion d’une conférence en Hollande, en janvier 2020, sur le statut de la cryptomonnaie selon l’islam, cheikh Muhammad Taqi Usmani, sommité internationale en finance islamique, s’est contenté d’une réponse courte : « Ce n’est pas une cryptomonnaie ». Et de préciser que c’est une sorte de gambling (jeux de hasard et d’argent). Conclusion : le Bitcoin comme l’ensemble des cryptomonnaies ne sont pas halal. Elles sont haram, illicites.

La position de cheikh Muhammad Taqi Usmani rejoint celles de nombreux savants à travers le monde. Pour autant, elle n’est pas figée.

En mai dernier, une nouvelle fois interrogé sur le caractère licite ou non du trading de cryptomonnaies, le savant pakistanais précisa que, « selon le droit musulman, il n’y a pas encore de fondement solide pour accorder leur autorisation ». Ce qui l’amène à «ne pas [les] encourager».

« [La cryptomonnaie] est principalement utilisée à des fins spéculatives. Personnellement, je ne la recommanderais pas », ajouta-t-il. « Cependant, il pourrait arriver qu’à l’avenir son utilisation puisse s’étendre pour le commerce réel. Nous devrons alors peut-être revoir notre position actuelle. »

Bref, pour cheikh Muhammad Taqi Usmani, les musulmans devraient se tenir éloignés du Bitcoin, de l’Ether, du Dogecoin et autres cryptomonnaies. Il convient de laisser le temps aux érudits musulmans d’étudier plus avant la question et de suivre l’évolution de ce marché très récent. « Tout le monde réfléchit encore », résume à Al-Kanz cheikh Chakil Omarjee, spécialiste en finance islamique et membre du shariah board ACERFI.

Précisons à toutes fins utiles que la question de la licéité des cryptomonnaies et leur conformité avec les principes de l’islam font débat parmi les savants musulmans eux-mêmes. D’aucuns ne partagent pas en effet l’avis de cheikh Taqi Usmani. Selon eux, les cryptomonnaies sont halal.



Soutenez Al-Kanz, téléchargez l'application sur votre smartphone.

Téléchargez l'application Al-Kanz dans l'Apple store Téléchargez l'application Al-Kanz pour Android

Écrivez votre commentaire

Indiquez une adresse de messagerie existante. Elle ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères sur les 1 000 autorisés

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.