Finance islamique. Aujourd’hui a débuté la conférence Euromoney sur la finance islamique, à laquelle participent notamment Zakaria Seddiki et Mouhammad Patel, tous deux membres du premier comité francophone de recherche en finance islamique, ACERFI. Nizam Yaquby, savant mondialement reconnu et référence en matière de finance islamique, doit par ailleurs intervenir lors de cette conférence. Sont par ailleurs présents Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

Les principales informations à retenir de cette première journée sont les suivantes :

- Banque islamique : si on l’annonce depuis des mois pour 2009, la première banque islamique en France n’a pas encore vu le jour. Beaucoup s’impatientent, certains n’y croient plus. A tort. Ce matin, le porte-parole de Christine Lagarde, ainsi que Christian Noyer, ont confirmé que les avancées étaient encourageantes et que l’arrivée effective de la finance islamique en France était imminente.

- Deux nouveaux produits islamiques : on a par ailleurs appris ce matin que l’administration fiscale française oeuvrait pour permettre la mise en place de deux produits conformes au droit islamique et inédits en France : l’ijara et l’istisna’. L’ijara est « un contrat de location pure dans lequel une institution financière achète un équipement ou une propriété et le loue à un particulier ou une entreprise qui effectuera des paiements périodiques tout au long du contrat » (source Aidimm). Quant à l’istisna’, c’est un « contrat d’entreprise en vertu duquel une partie (Moustasni’i) demande à une autre (Sani’i) de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d’avance, de manière fractionnée ou à terme » (source Aidimm).

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- Les particuliers concernés : les deux précédents points étaient plus ou moins connus depuis quelque temps. En revanche, la vraie nouveauté est venue du gouverneur de la Banque de France. Alors que jusque-là tous les regards étaient tournés vers les monarchies du Golfe et leurs pétrodollars, Christian Noyer a insisté sur le potentiel que représente la population musulmane en France et sur le rôle majeur que peut jouer une banque de détail tournée vers les musulmans. Il a tenu à rappeler que le modèle sur lequel se fonde la finance islamique a montré sa robustesse dans un marché en pleine crise. Citant le sondage commandé par l’Aidimm et la société IFAAS, il a rappelé qu’en France plus de 50 % des musulmans adhèrent fortement aux principes de la banque islamique ; et attendent impatiemment que des produits shariah-compliant leur soient proposés. Si pour les particuliers la partie n’est pas gagnée, on ne peut que se satisfaire des propos de Christian Noyer qui ouvrent la voie au développement d’une offre de produits innovante pour la clientèle musulmane dont l’attente en matière de produits financiers adaptés est très forte.

Pour finir, notons que dans son intervention, après avoir clairement défini et expliquer ce que sont les sukuk, Mouhammad Patel a rappelé l’importance de la collaboration mutuelle entre les praticiens du droit français et du droit musulman pour permettre la réussite des projets en cours.

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