Quelle surprise ! La faq de Coca-Cola vient d’être modifiée. Aujourd’hui, ou peut-être hier. Et plus précisément la réponse à la question sur la quantité d’alcool dans les boissons de la marque Coca-Cola (Fanta, Sprite, etc.). Voici la question : Certains produits de la Compagnie Coca-Cola contiennent-ils de l’alcool ?

Lorsque nous avons publié notre billet (Adieu Coca, Fanta, Sprite et autres boissons alcoolisées) consacré à une lettre du service consommateur de Coca-Cola, voici ce qui figurait sur le site.

Certains produits de la Compagnie Coca-Cola contiennent-ils de l’alcool ?
Toutes nos boissons sont non alcoolisées. Les ingrédients et les procédures industrielles utilisés dans la fabrication de nos produits font l’objet de contrôles rigoureux par le gouvernement et les autorités sanitaires dans chaque pays où nos produits sont commercialisés. Nos boissons sont reconnues comme boissons non alcoolisées par les autorités gouvernementales de chaque pays.

Aujourd’hui, voilà ce que l’on peut lire :

Certains produits de la Compagnie Coca-Cola contiennent-ils de l’alcool ?
Les boissons rafraîchissantes de la Compagnie Coca-Cola sont non alcoolisées.

Les ingrédients et les procédés de fabrication de nos produits sont strictement conformes aux réglementations des autorités sanitaires et gouvernementales dans près de 200 pays dans le monde qui reconnaissent de façon constante nos boissons comme non alcoolisées.

Il est important de savoir que l’alcool existe naturellement à l’état de traces infimes dans de nombreux produits alimentaires.

Plusieurs études scientifiques montrent que la majorité des aliments solides et liquides, qu’ils soient naturels ou industriels, peuvent contenir des traces infimes d’alcool : c’est le cas notamment des fruits, des jus de fruits, des légumes, du pain, des fromages, des poissons, de la volaille, de la viande de bœuf et même du miel.

Avouons que c’est cocasse. Plutôt que de répondre précisément à la question de savoir en quelle quantité l’alcool est présent dans les boissons Coca-Cola, le service de communication continue à botter en touche. Il nous ressert l’argument réchauffé de la reconnaissance par les réglementations en vigueur. Dont acte, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’alcool.

Oui mais combien ?

Comme nous l’avions écrit, dans notre précédent billet, une boisson contenant une quantité inférieure à 1,2 % d’alcool n’est pas considérée par loi comme étant une boisson alcoolisée. Et les fabricants n’ont pas à mentionner que le produit contient de l’alcool. Autrement dit, si on a ajouté 1,19 % d’alcool à un jus de fruit, la loi dit que ce n’est pas une boisson alcoolisée. A titre comparatif, c’est comme lorsque Paul qui a bu trois verres de vin se fait contrôler négatif à l’alcotest par les gendarmes. Selon la loi, on peut dire qu’il n’a pas bu, puisque ne sont pris en compte et sanctionnés que les cas où l’alcotest est positif. Il y a donc les textes et la réalité. Et la réalité est que Coca-Cola n’est pas clair.

Il suffirait que ce soient indiquées les quantités pour que le problème soit résolu. Et si Coca n’introduit qu’en quantité vraiment infime de l’alcool dans ses boissons, la compagnie n’a rien à craindre : elle ne perdra pas sa clientèle musulmane, puisque la majorité des savants s’accordent à dire qu’une infime quantité d’alcool dans un aliment ne rend pas l’aliment impropre à la consommation.

Pire, le service consommateur - qui semble bien informé - invoque la recherche scientifique pour mettre sur le même plan les produits naturels et les produits industriels. Sauf que l’alcool secrété naturellement n’a absolument pas le même statut que l’alcool introduit volontairement dans un produit. Et argument ultime, ils ont ouvert le placard de bobonne pour nous faire un listing des produits contenant des traces infimes d’alcool. Tout y passe, et particulièrement les produits de première nécessité : “fruits, des jus de fruits, des légumes, du pain, des fromages, des poissons, de la volaille, de la viande de bÅ“uf et même du miel”. CQFD. Musulmans, Coca-Cola vous dit que si vous décidez de ne plus boire leurs boissons parce qu’elles contiennent de l’alcool, alors il faudra dans le même temps cesser de vous nourrir, puisque pain, viande et même miel vous seront interdits.

Et si on choisissait la transparence ?

Que Coca-Cola veuille défendre son steack, c’est de bonne guerre. Mais ce n’est pas en évitant les questions que l’on satisfait ses clients. Et que le service de communication prenne la peine de considérer la question selon l’angle islamique, puisqu’ici il est clairement question de séduire les ventres musulmans. Et ce n’est certainement pas en noyant le poisson qu’ils gagneront en crédibilité. Surtout que leurs arguments semblent être tout droit sortis des nombreuses forums qui ont relayé l’information que nous diffusions. On peut comprendre que notre billet, qui en quinze jours a été lu plus de 8 600 fois et diffusé sur de nombreux sites francophones, anglophones, arabophones et même espagnol et roumain, fasse tache. On ne comprend pas pourquoi Coca-Cola ne répond pas.

Last but not least, la nouvelle réponse de la FAQ correspond mot pour mot à une réponse reçue aujourd’hui du service consommateur qui a complétement éludé nos questions. Nous leur demandions le 17 juillet 2007 de nous préciser les quantités d’alcool présentes dans chacune de leurs boissons. Ils nous répondent par une non-réponse. C’est bien dommage, car ça n’arrange rien et ça renforce le doute. Si nous ne disons pas que ces boissons alcoolisées à une faible quantité sont haram - nous ne le disons pas et nous ne l’avons jamais dit -, nous nous abstenons toutefois désormais d’acheter et de boire les boissons de la marque Coca-Cola.

Car, pour revenir à ce fameux seuil légal de 1,2 % qui permet de considérer qu’une boisson est alcoolisée ou non, 1,2 % d’une bouteille de 1,5 litre, c’est 2,25 litres d’alcool pur dans un baril de 150 litres. Soit 5,5 bouteilles de whisky contenant 40 % d’alcool dans 150 litres. Avouez que ça mérite au moins réflexion (même si d’autres ont tranché depuis longtemps : Coca, l’alcool et le halal, 20 ans déjà ) ?

En refusant de répondre aux questions que beaucoup se posent, Coca-Cola est loin d’atteindre l’objectif escompté : modifier la FAQ pour rassurer les consommateurs.

Rappel :


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