Voilà près de trois mois que Quick a supprimé le bacon pour le remplacer par de la dinde dite « halal ». Le fait n’est pas nouveau. Nous en parlions d’ailleurs déjà une semaine après lancement de cette opération-test (voir Quick n’est pas halal). La Voix du Nord, à la source de la polémique actuelle, consacrait le 12 décembre dernier un article au Quick halal de Roubaix. Voilà qu’elle découvre qu’il n’y a plus de porc. De deux choses l’une : soit le journaliste à l’origine de l’article de décembre dernier n’a pas bien fait son travail, soit le quotidien du Nord sentait qu’il y avait un coup à faire. Ce qui n’a pas raté, puisque toute la presse, dans l’élan panurgique qui la caractérise, a emboîté le pas.

Cette énième polémique, si elle repose sur un problème que l’on peut comprendre – la frustration des clients de Quick qui ne peuvent plus consommer un produit jusque-là disponible – sert ceux qui ont fait de l’islamophobie leur fond de commerce. Cela ne signifie pas, entendons-nous, que tous ceux qui sont offusqués par cette initiative soient islamophobes. Toujours est-il que tout cela révèle non pas que la société française est victime aujourd’hui d’une islamisation rampante, comme d’aucuns aiment à le dénoncer, mais que le capitalisme est gourmand. Quick comme d’autres savent qu’ils ont trouvé une clientèle qui peut leur être totalement acquise, si tant est que certaines règles soient respectées, en l’occurrence celle du halal.

Et l’on entend déjà au loin crépiter les calculatrices des directeurs financiers de grands groupes français qui vont dans les prochains mois faire leur coming-out. Les petites misères actuelles de Quick, lesquelles seront très rapidement oubliées, sont autant d’enseignements qui leur profitent. Gagner les portefeuilles des consommateurs musulmans en essuyant le moins de plâtre possible, c’est le petit jeu auquel s’adonnent ces gourmandes sociétés.