Ramadan 2026 – 1447. Pour la vingtième année consécutive, Al-Kanz passe au crible les catalogues et prospectus de la grande distribution. Une veille de long terme qui met en lumière l’évolution des stratégies des enseignes face à un marché qu’elles ciblent sans toujours l’assumer, entre reconnaissance, contournement et double discours.
Cette année encore, trois logiques se dégagent :
— les enseignes qui affichent clairement leur intérêt pour les consommateurs musulmans ;
— celles qui persistent à les enfermer dans un imaginaire orientaliste ;
— et celles qui jouent sur les deux tableaux.
Ramadan 2026 marque une étape supplémentaire : les enseignes issues de la distribution dite « ethnique », des réseaux de proximité au cash & carry, souvent portées par des entrepreneurs musulmans, changent d’échelle. Longtemps périphériques, elles publient désormais leurs propres catalogues, structurent leur offre et s’imposent comme des concurrents directs des groupes historiques.
Catalogues ouvertement spécial ramadan
Plusieurs enseignes assument désormais explicitement leur positionnement commercial : usage direct du terme, univers visuel dédié et intégration du mois de jeûne comme un temps fort à part entière.
Carrefour
Cible prioritaire du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), Carrefour maintient une stratégie de ciblage explicite des consommateurs musulmans, rompant avec le double discours qui caractérisait sa communication les années précédentes.




Auchan
Chez Auchan, le temps du double discours semble révolu : les catalogues Ramadan s’inscrivent désormais dans le même niveau d’exigence que les autres opérations commerciales de l’enseigne.

Casino sans Casino
Fini les catalogues ramadan pour Casino, qui a supprimé début 2025 sa marque de distributeur halal, Wassila.
Malgré tout, les supermarchés Triangle, affiliés au groupe Casino, sont toujours de la partie.

METRO

Venons-en maintenant aux outsiders issus de la communauté musulmane, qui occupent désormais une place non négligeable dans le secteur de la distribution. Liste non exhaustive.
Ces acteurs illustrent la montée en puissance d’une distribution spécialisée qui structure désormais sa propre offre et sa communication à l’occasion du ramadan.
Avenue Market

Central’hal

Direct Exotique

El Bled

Sobi Cash

Islafood

Halles Market

H Market

Khadispal

Komo

MMarket

Maxi Market

O’Discount

O’Frais

Salamarket

SDA Market

L’Orient pour ne pas dire ramadan
À l’inverse, certaines enseignes persistent à éviter toute mention du ramadan, lui substituant un imaginaire orientaliste. Une stratégie qui consiste à cibler les consommateurs musulmans sans jamais les nommer.
Aldi

Costco

Maxi Bazar

B&M

Super U, Hyper U, U Express



Stokomani

E.Leclerc
Chez E.Leclerc, les catalogues varient selon les points de vente : certains assument explicitement leur intérêt pour ramadan, d’autres lui préfèrent le registre orientaliste.
Une stratégie différenciée observée depuis plus de vingt ans. En 2026 toutefois, le mot « ramadan » disparaît : les catalogues demeurent, mais sans jamais le nommer.




Intermarché et Netto
Comme l’an dernier, Netto affiche ramadan sur son catalogue. Intermarché, non. Pas plus que Bi1 supermarché et Bi1 Maximarché.





Sur l’île de la Réunion, Run market, partenaire d’Intermarché, est transparent.

La volte-face de Lidl
Jusqu’à cette année, le hard-discounter allemand évitait toute référence explicite au ramadan, lui préférant un registre orientaliste.
Peu avant le début du mois de jeûne, Lidl infléchit sa stratégie et mentionne explicitement le mois de jeûne dans sa communication.



Les (rares) catalogues de l’Aïd
Si les catalogues dédiés au ramadan se sont généralisés, très peu d’enseignes en consacrent à l’Aïd (Aïd al-Fitr et Aïd al-Adha).
Paradoxe : les enseignes investissent massivement le ramadan, mois par essence anti-consumériste, mais ignorent largement l’Aïd, pourtant véritable temps fort de consommation (gâteaux, cadeaux)







