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Pour vendre heureux, vendons halal

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dinde halal - medina hallal - coricoLe halal serait-il en passe – si ce n’est déjà fait – de devenir une valeur-refuge ? Alors que nombre d’indicateurs économiques sont en berne et que la croissance actuelle n’est pas celle espérée, le marché du halal croît de 15 % chaque année depuis 1998. Et jusqu’à 20 % par an, dans des domaines particuliers comme la finance islamique. Cette réalité, nombre d’acteurs économiques l’ont bien comprise, à l’image du groupe Duc qui a limité ses pertes grâce à sa gamme de poulets (dit) halal. Ou encore de la société Corico qui coule des jours heureux malgré la crise, toujours menaçante, de la grippe aviaire.

Le halal, une poule aux oeufs d’or

En 2004, Duc lance une gamme de produits halal vendus en GMS (grandes et moyennes surfaces). En 2005, la grippe aviaire frappe de plein fouet le secteur avicole et les ventes de volaille dégringolent. Les Français ne sombrent pas dans la psychose, mais la méfiance est telle que le poulet se vend mal. Sauf le poulet halal : dès 2005, chez Duc, les ventes de poulet (dit) halal affichent une croissance constante et insolente de 5 %, alors que les ventes de produits non halal baissent de 15 %. Le halal est de fait une véritable manne pour Duc puisqu’il représentait, déjà en 2005, 8 % de ses ventes. Et en 2007, 10 % du chiffre d’affaire.

Duc et l’électronarcose

Rappelons à toute fin utile que Duc pratique l’électronarcose, procédé qui consiste à étourdir un animal au moyen d’une décharge électrique. La mort subite de l’animal ou les blessures de l’animal liées à cette pratique d’avant abattage touchent 30 à 40 % de la volaille).

Corico, le tout-halal

Corico, créée en 1966 et spécialisée dans la dinde, commercialise les produits de la marque Medina Hallal (sic). Ces produits, destinés aux musulmans, emplissent, comme les poulets Duc, les rayons des GMS.

dinde halal - medina hallal - corico
Produits Medina Hallal – Copie d’écran du site de Corico

Medina Hallal représente 30 % du chiffre d’affaire de la société Corico et compte environ 80 références différentes (charcuterie, produits découpés, produits panés, brochettes, etc.) 30 % soit trois fois plus que le grand Duc, pourrait-on penser. Le chiffre impressionne. Et surprend : il est en effet a priori étonnant qu’une petite entreprise, installée à Monsols, petit village de province de moins de 1 000 habitants (chiffres 1999), investisse autant dans le halal.

Et pourtant ! Ce n’est pas 30 % des dindes Corico qui sont dites halal, mais bien 100 %, soit l’ensemble de la production. Si l’autre marque de la société, Corico, est destinée à l’ensemble des consommateurs, elle est aussi dite halal. Autrement dit, les dindes de la société Corico (marque Medina Hallal et marque Corico), si tant est qu’elles soient effectivement abattues conformément aux principes de l’islam, sont toutes halal.

Vendre halal ou y prétendre n’est plus une stratégie commerciale pour gonfler les ventes, c’est un véritable positionnement, voire un modèle économique.

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1 COMMENTAIRE

  1. « il est en effet a priori étonnant qu’une petite entreprise, installée à Monsols, petit village de province de moins de 1 000 habitants (chiffres 1999), investisse autant dans le halal. »

    Pourquoi cela serait étonnant? je ne vous suis pas. Plusieurs entreprises dans n’importe qu’elle secteur font des choix de se positionner dans un secteur précis. C’est le choix qu’a fait cette entreprise. En quoi cela serait étonnant. S’il trouve son compte et son argent c’est ce qui l’intéresse, il ne faut pas se leurrer.
    Vendre halal ce n’est pas pour rendre service au musulmans, il faut l’enlever de notre tête et je pense que tout le monde le sait aujourd’hui.

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