Chaque samedi, Al-Kanz sélectionne et décrypte les informations économiques, réglementaires et commerciales de la semaine.
1. Produits transformés : l’origine de la viande devra être indiquée sur les emballages
Annoncée en janvier 2026, puis promulguée par le président de la République le 18 août 2026, la loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles va imposer davantage de transparence sur l’origine de la viande entrant dans la composition des produits alimentaires préemballés.
Nuggets, cordons-bleus, charcuteries, saucisses ou encore plats préparés sont notamment concernés. La loi rend obligatoire l’indication de l’origine des viandes bovine, porcine, ovine, caprine et de volaille utilisées comme ingrédients, y compris les préparations de viandes et les viandes séparées mécaniquement.
Concrètement, les fabricants devront informer les consommateurs de l’origine des viandes incorporées dans leurs produits. La loi prévoit toutefois deux exceptions : les denrées bénéficiant d’une appellation d’origine (AOP, AOC, etc.) et celles issues de l’agriculture biologique ne seront pas soumises à cette nouvelle réglementation.
L’application effective de cette loi n’est toutefois pas immédiate. Un décret doit encore en préciser les modalités, après notification à la Commission européenne. Il déterminera notamment la manière dont l’origine devra être indiquée ainsi que le calendrier de mise en œuvre.
2. Indonésie : 600 inspecteurs pour contrôler le halal aux postes frontières
Changement majeur en Indonésie. L’Agence indonésienne de certification halal (BPJPH) a confirmé que la politique de certification halal obligatoire entrera en vigueur comme prévu le 18 octobre 2026, rapporte l’agence de presse Antara.
À cette date, l’obligation de certification halal s’étendra à de nouvelles catégories de produits. Elle concernera notamment certains produits importés ainsi que les aliments et les boissons commercialisés par les micro et petites entreprises. Les produits concernés devront disposer d’une certification halal reconnue par les autorités indonésiennes. Quant aux produits non halal, ils pourront continuer à être commercialisés, mais devront être clairement signalés comme tels.
Ce changement réglementaire s’accompagnera d’un renforcement des contrôles. Le BPJPH indique disposer d’environ 600 inspecteurs répartis dans le pays, notamment chargés de contrôler les entrepôts aux postes frontières. Les entreprises qui ne respecteront pas la réglementation s’exposeront à des sanctions progressives, de l’avertissement écrit jusqu’au retrait des produits de la circulation.
L’Indonésie passe ainsi d’une obligation réglementaire de certification à un dispositif de contrôle effectivement déployé sur le terrain.
3. BinDawood : une murabaha saoudienne finance son offensive laitière en Europe
Le groupe saoudien BinDawood Holding prépare son entrée industrielle dans l’Union européenne grâce à un financement conforme aux principes de la finance islamique.
Cette murabaha de 542 millions de riyals, obtenue auprès de Banque Saudi Fransi et Gulf International Bank Saudi Arabia, servira à financer l’acquisition des actifs laitiers estoniens d’E-Piim Tootmine. Pour 135,25 millions d’euros, BinDawood doit notamment mettre la main sur les sites de Paide et Põltsamaa.
E-Piim est fortement tourné vers l’export et dispose de certifications halal et casher. Le groupe estonien commercialise déjà ses fromages sur les marchés européens, asiatiques, africains et américains.
L’acquisition mérite aussi d’être suivie depuis la France. En 2025, l’Arabie saoudite a importé 177 millions d’euros de laits et produits laitiers français. En prenant le contrôle de capacités de production dans l’Union européenne, BinDawood pourrait progressivement internaliser une partie de ses approvisionnements et alimenter directement les marchés du Golfe.
Aucun contrat d’exportation vers l’Arabie saoudite n’a encore été annoncé. Mais l’opération est significative : un distributeur saoudien utilise la finance islamique pour développer sa propre chaîne d’approvisionnement agroalimentaire en Europe.
4. Mohamed Moussa, cofondateur de Tarteel, entre dans le TIME100 AI
Son nom ne vous dit sûrement rien. Lancée en janvier 2020, Tarteel, dont Mohamed Moussa est également le directeur technique, est une application qui utilise la reconnaissance vocale pour apprendre et réciter le Coran.
Téléchargée 20 millions de fois, Tarteel a cumulé, pendant le seul ramadan 2026, plus de six millions d’heures d’utilisation dans plus de 180 pays, selon l’entreprise.
Ce succès vaut aujourd’hui à Mohamed Moussa d’intégrer le TIME100 AI, le classement du magazine TIME des cent personnalités les plus influentes de l’intelligence artificielle en 2026.
Alhamdulillah. I've been named to the 2026 #TIME100AI.
I'm grateful for the recognition, but I'm even more excited by what I hope it represents:
Muslims shouldn't only consume the technologies shaping the future. We should build them.https://t.co/t9DFTU8wnU 🧵 pic.twitter.com/ssWeGtCNs7
— Mohamed Moussa (@themmmoussa) August 27, 2026
Au-delà du classement, Tarteel illustre la capacité d’une technologie conçue spécifiquement pour les musulmans à atteindre une audience mondiale.
5. La Turquie devient le deuxième fournisseur d’œufs de l’Union européenne
+2 329,5 %. C’est, selon les dernières données de la Commission européenne, la progression sur un an des importations d’œufs et d’ovoproduits en provenance de Turquie sur les quatre premiers mois de 2026 : 24 086 tonnes, contre seulement 991 tonnes sur la même période en 2025.
La Turquie représente désormais 25,7 % des importations extra-UE d’œufs et d’ovoproduits et devient ainsi le deuxième fournisseur de l’Union européenne, derrière l’Ukraine.
Cette percée s’inscrit dans une hausse beaucoup plus large des achats européens : sur la même période, les importations extra-UE ont bondi de 85,7 %, passant de 50 545 à 93 873 tonnes équivalent œufs.





