Investir à La Mecque et Médine | La Thaïlande mise sur le halal | Paris acte l’interdiction des produits des colonies israéliennes

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Chaque samedi, Al-Kanz sélectionne et décrypte les informations économiques, réglementaires et commerciales de la semaine.

1. Wahed veut ouvrir l’immobilier de La Mecque et de Médine aux investisseurs musulmans du monde entier

Wahed, une fintech new-yorkaise spécialisée dans l’investissement conforme aux principes islamiques, et SEDCO Capital, une société saoudienne de gestion d’actifs et de conseil en investissement, annoncent le prochain lancement d’une offre d’investissement immobilier consacrée à La Mecque et Médine.

Comment investir dans les deux villes saintes de l’islam ? La question revient depuis des années parmi les clients de Wahed, affirme Mohsin Siddiqui, son directeur général. Celui-ci promet aujourd’hui de « changer la donne » en ouvrant ce marché aux épargnants musulmans du monde entier.

SEDCO Capital apportera son expertise immobilière locale, tandis que Wahed, qui revendique plus de 500 000 clients et plus de deux milliards de dollars d’actifs sous gestion et administration, assurera l’accès à l’offre auprès de sa clientèle internationale. Les futurs véhicules devraient cibler notamment l’hébergement, le commerce et le résidentiel liés aux besoins des pèlerins et visiteurs.

Cette initiative s’inscrit directement dans la stratégie saoudienne visant à accueillir 30 millions de pèlerins internationaux d’ici 2030, l’un des nombreux objectifs du plan Vision 2030.

2. Thaïlande : Bangkok veut faire du Sud musulman une plateforme industrielle halal

Développer ses cinq provinces méridionales (Songkhla, Satun, Yala, Pattani et Narathiwat) en s’appuyant notamment sur l’industrie halal, tel est l’objectif de la Thaïlande. Fin août, Warawut Silpa-archa, ministre de l’Industrie, a annoncé la volonté du gouvernement de bâtir une chaîne économique intégrée reliant matières premières locales, transformation, standardisation, marques et commercialisation, avec pour débouchés prioritaires la Malaisie, l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) et, plus largement, les marchés musulmans.

Le 1er septembre, le Conseil des ministres a approuvé 44 projets urgents pour 1,269 milliard de bahts (32,7 millions d’euros) et examiné 59 autres propositions, tout en validant le principe de mesures destinées à faciliter le financement et les échanges transfrontaliers.

Le même jour, l’administration chargée des provinces frontalières du Sud a annoncé vouloir relancer son « Halal Innovation Hub » afin d’accompagner les entreprises locales vers les standards internationaux et l’exportation, notamment vers la Malaisie et le Moyen-Orient.

3. Finance islamique : le Luxembourg précise les règles pour les fonds conformes à la charia

Dans des orientations mises à jour le 15 juillet, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) rappelle que les fonds islamiques luxembourgeois sont soumis au même cadre réglementaire que les autres fonds et qu’elle ne se prononce pas elle-même sur leur conformité aux principes islamiques.

Cette évaluation est le plus souvent confiée à un shari’a board ou à un organe similaire. La CSSF encadre néanmoins sa composition : les membres d’un comité de conformité charia « doivent jouir d’une réputation suffisamment bonne et disposer d’une expérience suffisante au regard de la politique d’investissement du fonds d’investissement agréé concerné ». Leur identité, comme celle de leurs successeurs, doit être en outre communiquée sans délai au régulateur.

La CSSF attend par ailleurs une transparence détaillée sur ce dispositif. Les fonds sont ainsi appelés à préciser dans leur prospectus la manière dont les investissements sont gérés au regard de la charia, les éventuels mécanismes de purification, mais aussi les membres, les pouvoirs, les responsabilités et la rémunération du shari’a board.

4. Palestine : Paris opte pour l’interdiction des produits des colonies mais veut renforcer son commerce avec Israël

La France a désormais « acté » l’interdiction des produits issus des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Le 9 septembre, le Quai d’Orsay a confirmé qu’une décision politique avait été prise, sans pour autant définir ses modalités juridiques et techniques ni son calendrier.

Paris revendique toutefois une distinction stricte entre ces colonies, illégales au regard du droit international, et Israël. « Cette mesure d’interdiction ne constitue absolument pas un boycott de l’Etat d’Israël », a insisté Pascal Confavreux, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Israël demeure un partenaire économique de la France » et Paris entend continuer à « renforcer les échanges économiques et commerciaux entre nos deux pays ».

« Il faut mesurer la gravité et le niveau d’hypocrisie de cette annonce alors que deux jours avant, avec 11 pays, elle annonçait vouloir interdire le commerce avec les colonies illégales en Cisjordanie occupée », a dénoncé Amnesty International sur le réseau social X.

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